👉 [Chronique] – Scorpions – Animal Magnetism (1980) by Denis Labbé.



1. Make It Real
2. Don’t Make No Promises (your Body Can’t Keep)
3. Hold Me Tight
4. Twentieth Century Man
5. Lady Starlight
6. Falling In Love
7. Only A Man
8. Tthe Zoo
9. Animal Magnetism

Label: Harvest/Mercury

Septième album de Scorpions, Animal Magnetism sert de lien entre les années 1970 et 1980, préfigurant Blackout, sans pour autant couper les ponts avec Lovedrive.

Le son, dû à Dieter Dierks, s’ancre déjà dans la décennie suivante, tandis que les morceaux hésitent encore entre les touches psychédéliques qu’avait apportées Uli Jon Roth et le débridage total de ses riffs.

Ce constat est évident lorsqu’on écoute « Twentieth Century Man », un peu halluciné, et le bouillant « Make It Real » qui ouvre la face A pour le plus grand bonheur des fans. Il faut dire que la vague anglaise déferle sur le monde du rock et du hard rock, reléguant de nombreux groupes au second plan.

Mais Scorpions surfe intelligemment sur celle-ci en développant sa puissance pour mieux mettre en valeur ses mélodies, comme le montre la pépite « The Zoo » et son riff énorme relayé à deux guitares.

Taillé pour la scène et pour secouer les foules, ce titre est de loin le préféré des fans sur cet album et les enchante toujours en concert. Dans une veine aussi moderne, « Don’t Make No Promises (Your Body Can’t Keep) » emporte tout sur son passage, en annonçant d’ailleurs l’album suivant, sans pour autant devenir un classique.

Si ces titres sont résolument ancrés dans leur époque, d’autres rappellent aux fans de la première période quel groupe brillant a toujours été Scorpions, comme sur le dansant « Only A Man » dont le riff puissant est équilibré par un refrain chantant ou la ballade psychédélique et aérienne « Lady Starlight » aux arrangements pleins de douceur.

La voix de Klaus n’a jamais été aussi puissante, comme le montre son interprétation du lourd et halluciné « Hold Me Tight » ou du torturé « Animal Magnetism » qui ressemble davantage à un exercice de style coincé entre deux époques qu’à une chanson phare.

Totalement heavy, parfois proche de Black Sabbath, elle détonne sur cet album, surtout si on la compare au hard rock « Falling In Love », avec son riff typiquement années 1970.

Comme beaucoup d’albums du groupe, la pochette fait polémique (souvenons-nous de Virgin Killer et Lovedrive, et plus tard de Love At First Sting). Les Allemands veulent choquer et parviennent à le faire aux Etats-Unis, un marché qu’ils visent pourtant après leur tournée de 1979.

Cela n’empêche pas l’album de bien se vendre et le groupe de partir pour une tournée triomphale durant laquelle Klaus Meine va perdre sa voix.

A noter qu’en 2015, une version remasterisée sort avec des inédits, notamment « Hey You » une ballade chantée par Rudolf Schenker et enregistrée durant les sessions de Lovedrive, qui sortira en single pour l’Allemagne en 1980 avec « The Zoo » en face B. On trouve également « Animal Magnetism » en version démo, ainsi que « Get Your Love » qui préfigure « Heroes Don’t Cry » sur Live Bites, « Restless Man » qui est une version aux paroles différentes de « Twentieth Century Man » et l’inédit « All Night Long », assez groovy et plutôt sympathique.

Animal Magnetism est un très bon album de Scorpions qui reflète son époque, avec ses tâtonnements et ses fulgurances.

@Denis Labbé



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