👉 [Chronique] – Moses – Changes (1971) by Denis Labbé.

5
(11)

01. Changes
02. I’m Coming Home
03. Everything Is Changed
04. Beginning
05. Skæv
06. Warning

LABEL: Spectator Records

Alors qu’en Angleterre, Black Sabbath, Deep Purple et Led Zeppelin posent les bases du metal et du hard rock, le reste du monde se lance également dans la danse. Au Danemark, Moses publie cet unique album intitulé Changes, qui s’inscrit dans la lignée de Black Sabbath et Grand Funk Railroad, avec des touches de Cream. Sa musique mêlant blues rock et psychédélisme est portée par de grosses distorsions et des rythmes variés.

En 35 minutes, le power trio nous livre une musique épaisse qui n’a rien à envier aux productions anglo-saxonnes de l’époque. Le son est lourd, mais suffisamment dynamique pour saisir les trois instruments et la voix sur ces six morceaux qui dépassent le plus souvent les 5 minutes.

L’album débute par « Changes », un titre étonnant dont l’ambiance et le son évoquent Black Sabbath, tandis que les motifs se rapprochent du hard rock et les développements du psychédélisme.

Les passages instrumentaux sont nombreux, permettant à Søren Højbjerg de nous livrer plusieurs soli, tandis que la basse de Jørgen Villadsen le soutient. Les influences blues rock sont évidentes, notamment sur le groovy « Everything Is Changed » qui donne envie de taper du pied, avec la ligne vocale qui suit le riff et cette batterie pleine de nuances. Il est à noter que le chant et la batterie sont assurés par Henrik Laurvig, une configuration assez rare.

La variété des rythmes permet de passer un excellent moment, notamment lorsque le trio accélère le tempo sur l’instrumental « Beginning » ou sur l’excellent « Warning » qui clôt cet opus de la meilleure des manières, avec son swing communicatif et ses longs soli de guitare.

On sent que le groupe possède un excellent bagage musical et qu’il est capable de varier les atmosphères, passant du subtils « I’m Coming Home » aux nombreux changements de rythmes et d’intensité hérités du blues et de la musiques psychédélique.

La guitare nous transperce grâce à ses interventions distordues, et même si l’on note quelques pains çà et là, la fraîcheur de ce titre est communicative.

Plus étonnant, le titre « Skæv », très proche de Cream ou de Mountain, est chanté en danois, ce qui donne une touche exotique, sans pour autant gâcher le rythme lancinant qui nous cueille pour ne plus jamais nous lâcher.

Il est donc aisé de se laisser transporter par cet album qui propose de belles plages musicales et nous montre que la scène de l’époque était bien plus riche que ce que les médias laissaient entendre.

Sa réédition en CD ou vinyle par plusieurs labels indépendants rendent à présent cet album trouvable.

@Denis Labbé




Denis Labbé
Chroniqueur
A propos :  Ecrivain et chroniqueur, Denis a plongé dans le metal dès l’adolescence. Il a vite compris qu’il faisait moins de bruit en écrivant qu’en chantant.

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