👉 [Chronique] – Deep Purple – In Rock (1970) by Denis Labbé.


1. Speed King
2. Bloodsucker
3. Child in Time
4. Flight of the Rat
5. Into the Fire
6. Living Wreck
7. Hard Lovin’ Man

LABEL: Harevst/Warner Bros

Après trois albums en compagnie de Rod Evans (chant) et Nick Simper (basse), Jon Lord, Ian Paice et Ritchie Blackmore décident, sans les prévenir, de les remplacer par Ian Gillan et Roger Glover.

Ainsi, tandis que les trois musiciens d’origine préparent un nouvel album, ils peuvent partir en tournée avec la première formation, tout en mettant en place de nouvelles compositions et un nouveau son.

Au retour de cette tournée, Evans et Simper sont donc remerciés et le nouveau Deep Purple produit In Rock, avec Martin Birch comme ingénieur du son, dans trois studios londoniens.

Dès « Speed King », Deep Purple pose les bases de ce qui va devenir le hard rock. Le son est compact, épais, puissant et dynamique, ce qui permet de mettre en avant la guitare incisive de Blackmore dès la longue introduction, avant de lâcher les chevaux pour un morceau échevelé sur lequel Ian Gillan s’impose grâce à une voix tour à tour agressive et enjôleuse.

La section rythmique n’a jamais été aussi énorme et Jon Lord semble trouver un soutien à ses envolées. Ce morceau devient immédiatement un classique, comme le superbe « Child in Time », porté par un orgue inspiré qui maîtrise les différentes intensités de ce long morceau de plus de 10 minutes.

Le mélange de passages planants et sautillants donne à cette pièce incontournable du rock une saveur unique. Blackmore et Lord se livrent à des duels mémorables, étayés par une batterie et une basse étourdissantes.

Si les autres morceaux sont un peu éclipsés par ces deux chefs-d’œuvre, ils n’en demeurent pas moins excellents. A commencer par le groovy « Bloodsucker » au riff entêtant, sur lequel Ian Gillan livre une prestation remarquable.

Son chant puissant fait de Deep Purple un groupe novateur qui va ouvrir les portes à de nombreuses autres formations. Tout aussi hard rock, le lourd « Into the Fire » est construit sur un riff de guitare et d’orgue écrasant basé sur une gamme chromatique, qui permet à Ian Gillan de nous offrir une performance vocale sobre, mais ô combien percutante.

Le chanteur l’est davantage sur le superbe « Hard Lovin’ Man » dont on peut retenir les longs passages d’orgue, à la fois mélodiques et puissants, que soutient cette section rythmique unique au monde à cette époque (Led Zeppelin, mis à part).

Basée sur un riff de basse de Glover, ce titre n’est qu’un prétexte à une longue jam et clôt cet album de la plus belle des manières alors qu’il semble avoir été enregistré en premier.

Les deux derniers morceaux sont sans doute les moins reconnus. « Flight of the Rat » est un rock au riff lancinant, coincé entre le hard rock et le protopunk, qui sonne un peu daté aujourd’hui et ne s’intègre pas vraiment au son général de cet album.

En revanche, il s’inscrit dans son époque. Quant à « Living Wreck », d’abord écarté par le groupe, c’est un mid-tempo aux influences blues et au riff épais qui donne envie de taper du pied.

Chef-d’œuvre qui marque l’entrée dans la période « Mark II » de Deep Purple, In Rock marque l’histoire du rock et demeure, aujourd’hui encore, une pièce incontournable à inclure dans sa discothèque.

@Denis Labbé





Denis Labbé
Chroniqueur
A propos :  Ecrivain et chroniqueur, Denis a plongé dans le metal dès l’adolescence. Il a vite compris qu’il faisait moins de bruit en écrivant qu’en chantant.

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