👉 [Chronique] – Motörhead – Another Perfect Day (1983) by Denis Labbé.

5
(13)


1.  Back at the Funny Farm
2. Shine
3. Dancing on Your Grave
4. Rock It
5. One Track Mind
6. Another Perfect Day
7. Marching Off to War
8. I Got Mine
9. Tales of Glory
10. Die You Bastard

Label:Bronze Records
 

Après le départ, en pleine tournée Iron Fist, de Fast « Eddie » Clarke le 14 mai 1982, Lemmy décide d’engager Brian Robertson (ex Thin Lizzy) et se lance dans la composition d’un nouvel album. Mais avec ce nouveau guitariste, le son et le style du groupe changent considérablement, Brian désirant proposer une musique plus mélodique, moins directe.

On retrouve même du piano sur deux titres, ce qui est pour le moins surprenant pour Motörhead. Le contraste entre la guitare fluide et aérienne de Brian et la basse vrombissante de Lemmy surprend les fans du groupe et une partie de la critique qui rejettent ce nouvel opus. Avec le recul, les jugements sont plus nuancés.

Dès l’entame de « Back at the Funny Farm », la sophistication des compositions cueille l’auditeur qui découvre un groupe différent, propulsé par des riffs subtils.

Brian Robertson s’y montre éblouissant de technique et de feeling sur ce heavy rock endiablé qu’il éclabousse de toute sa classe. Cela se confirme sur l’excellent « Shine » qui sort en single. Lemmy n’a jamais aussi bien chanté sur ce riff entêtant qui emporte l’auditeur dans sa gigue.

Si on peut comprendre la surprise des fans, il est néanmoins incontestable que l’on retrouve un groupe au sommet de sa forme, qui ose concurrencer AC/DC sur ses plate-bande, avec le groovy « Rock It » qui bénéficie du support d’un piano.

Le solo de Robertson y est lumineux. Un peu plus puissant, « I Got Mine » s’appuie également sur un riff hard rock qui donne envie de taper du pied. On se rend compte que Brian Robertson est un compositeur hors pair qui propulse le groupe vers des sommets. Dans la même lignée, l’énervé « Tales of Glory » est un pur brûlot heavy rock au riff énorme et à l’enthousiasme communicatif.

Malheureusement, certains « greasers » de l’époque ne perçoivent pas la finesse de morceaux comme l’excellent « Dancing on Your Grave » qui parvient à mêler puissance et finesse dans un titre qui mérite une meilleure reconnaissance.

Même constat pour « Marching Off to War » qui parvient à faire évoluer le son du groupe sans en changer la nature profonde. La basse de Lemmy est toujours aussi énorme, mais c’est la guitare qui tisse des riffs et des soli magiques pour nous mener au bout de la nuit.

Certes, on peut reprocher au groupe quelques titres un peu plus faibles, comme « Another Perfect Day » qui aurait certainement mieux fonctionner avec Thin Lizzy en raison d’une narration qui sort totalement du cadre Motörhead, ou « One Track Mind » qui est davantage ancré dans un metal lancinant, mais qu’il est nécessaire d’écouter plusieurs fois pour mieux l’appréhender.

L’album se clôt sur le puissant et sautillant « Die You Bastard », dont l’énergie punk nous saute à la gorge tandis que le riff groovy nous oblige à taper du pied ou à secouer la tête.

A noter que la réédition de 1996 inclut « Turn You Round Again », un heavy metal carré qui apparaissait en face B du single « I Got Mine », ainsi que la reprise live du morceau « (I’m Your) Hoochie Coochie Man » de Willie Dixon et « (Don’t Need) Religion » live, tous deux sortis en face B de deux versions du single « Shine ».

La version deluxe de 2006 inclut un concert enregistré au Manchester Apollo le 10 juin 1983 et qui permet de découvrir une setlist étonnante, amputée de la plupart des classiques du groupe que Brian Robertson ne voulait pas jouer… Ce qui va lui coûter son poste…

Another Perfect Day est un excellent album, sans doute trop subtil pour son époque et les fans de Motörhead, et qui ne trouva pas son public, ce qui est bien dommage, parce qu’il est est supérieur à la majorité des albums du groupe, excepté la trilogie : Overkill, Bomber, Ace Of Spades.

@Denis Labbé





Denis Labbé
Chroniqueur
A propos :  Ecrivain et chroniqueur, Denis a plongé dans le metal dès l’adolescence. Il a vite compris qu’il faisait moins de bruit en écrivant qu’en chantant.

How useful was this post?

Click on a star to rate it!

Average rating 5 / 5. Vote count: 13

No votes so far! Be the first to rate this post.

Related Posts

Get The Vinylestimes APP !