👉 [Chronique] – Skid Row – Slave To The Grind (1991) by Denis Labbé.

5
(15)


1. Monkey Business
2. Slave to the Grind
3. The Threat
4. Quicksand Jesus
5. Psycho Love
6. Get the Fuck Out
7. Livin’ on a Chain Gang
8. Creepshow
9. In a Darkened Room
10. Riot Act
11. Mudkicker
12. Wasted Time

Label : Atlantic


Après la réussite du premier album qui s’est vendu à six millions d’exemplaires, Skid Row entre en studio avec Michael Wagener. Au lieu de nous proposer une copie conforme des singles qui ont trusté les classements et envahi MTV, le groupe épaissit sa musique, nous offrant un heavy metal lourd et agressif qui cueille immédiatement l’auditeur.

Afin de mieux le surprendre, « Monkey Business » démarre à la guitare acoustique avant que le hurlement de Sebastian Bach et les guitares de Dave Sabo et Scotti Hill ne collent l’auditeur contre le mur. Le son est épais, les riffs sont saturés et la section rythmique est d’une lourdeur que peuvent envier bon nombre de formations de metal extrême.

Le groupe a l’intelligence d’équilibrer tout cela avec des lignes mélodiques aisément identifiables et des passages plus calmes.

On sent le quintet énervé, bien décidé à en découdre. Il nous le prouve en insufflant une énergie punk dans le contestataire « Riot Act » dont l’urgence nous prend à la gorge et qui semble faire écho à l’énergique et peu politiquement correct « Get the Fuck Out ». Sebastian Bach hurle sa rage à la face du monde, pendant que les guitaristes nous assènent des riffs assassins.

Plus proche du heavy metal que du hard rock proposé sur le premier album, le morceau titre écrase tout sur son passage grâce à des guitares distordues qui s’appuient sur une section rythmique lourde et efficace.

Tout aussi efficace est le refrain qui répète « Slave to the Grind » sur différents tons afin de nous faire chanter en chœur.

Si les titres sont violents, ils conservent néanmoins un réel groove qui a fait la réussite du groupe. Ainsi, « Creepshow » évoque un Aerosmith ou un Guns ‘n Roses survitaminé, avec ce riff qui donne envie de taper du pied et ces apports funks.

Même constat pour le sautillant « The Threat » au riff virevoltant et au refrain entêtant qui confirme tout le talent de ces musiciens qui n’hésitent pas à explorer différents motifs pour mieux nous surprendre.

Le mélange de heavy et de groove sur l’excellent « Livin’ on a Chain Gang » nous cueille avec un bonheur jouissif, tant son rythme nous entraîne dans une danse enthousiasmante.

Il en va de même pour l’insidieux « Psycho Love » dont le riff et les lignes vocales surprennent pour ne plus nous lâcher. Le break au milieu du morceau achève de créer une profonde addiction. Un peu moins réussi, et assez proche de ce que propose Poison en plus épais, « Mudkicker » est un titre sombre, sur lequel les guitares se font lourdes et le chant déclamé.

Ne voulant pas totalement déboussoler ses fans, Skid Row propose quelques jolies ballades, notamment la superbe « Wasted Time » qui clôt cet album, mais également « Quicksand Jesus », un morceau complexe qui puise dans les années 1970 avant de lâcher un refrain évoquant le précédent album.

Plus éthérée et plus immédiate, « In a Darkened Room » est assez attendue, sans pour autant décevoir, grâce à un art certain de la mélodie et de la composition.

Une version japonaise remasteriésée sort en 2009 en proposant, comme souvent, des bonus. Pourtant avec cet album, c’est carrément l’extase. « Beggar’s Day » remplace « Get the Fuck Out » qui est ajouté en version live. Ce titre, endiablé, est un heavy glam propulsé par un riff tourbillonnant et méritait d’être sorti.

A ces deux morceaux s’ajoutent deux reprises. Tout d’abord « Holidays in the Sun » des Sex Pistols qui répond à « Riot Act », ains que « Delivering the Goods » de Judas Priest dans une version accélérée et enregistrée en concert en 1992.

Slave to the Grind se vend moins que son prédécesseur, avec un peu plus de deux millions d’exemplaires écoulés, mais il reste néanmoins un indispensable de toute discothèque qui se respecte.

@Denis Labbé





Denis Labbé
Chroniqueur
A propos :  Ecrivain et chroniqueur, Denis a plongé dans le metal dès l’adolescence. Il a vite compris qu’il faisait moins de bruit en écrivant qu’en chantant.

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