👉 [Chronique] – Ted Nugent – Scream Dream (1980) by Denis Labbé.


1. Wango Tango
2. Scream Dream
3. Hard as Nails
4. I Gotta Move
5. Violent Love
6. Flesh and Blood
7. Spit It Out
8. Come and Get It
9. Terminus El Dorado
10. Don’t Cry (I’ll Be Back Before You Know It Baby)

Label : Epic

Comment évoquer Scream Dream, le sixième album studio de Ted Nugent, sans parler de l’émission Wango Tango, de Francis Zégut et de la génération Enfer Mag ?

Cet opus n’est peut-être pas le meilleur du guitariste, même s’il demeure indéniablement dans son top 5, mais il est indissociable de toute une période, de tout un état d’esprit et de toute une jeunesse qui avait enfin droit à une forme de reconnaissance sur les ondes d’une radio périphérique : RTL.

Il suffit de placer « Wango Tango » sur la platine pour s’offrir une madeleine de Proust et revivre cette époque. Ce morceau, enjoué, délirant, hyperbolique et puissant, ainsi que Ted Nugent aimait les écrire à l’époque, nous prend immédiatement aux tripes avec son riff épais, son refrain aisément reconnaissable et la gouaille de Ted.

Le reste de l’album n’est qu’une ode au classic rock, avec ses compositions enjouées, son groove, ses exagérations indissociables de ce musicien et ses soli inégalés.

Ted revisite ses influences en nous livrant un rock alimenté aux amphétamines sur « Come and Get It », pour mieux nous décoiffer avec un boogie stratosphérique sur l’irrésistible « Don’t Cry (I’ll Be Back Before You Know It Baby) » qu’il est le seul à pouvoir chanter.

Ted revisite des motifs hard rock en les alimentant à la nitroglycérine pour mieux saisir l’auditeur aux tripes. Ainsi, sur « I Gotta Move », il booste un blues rock avec ses riffs saturés en insufflant une bonne dose de folie dans son groove. La voix de Charlie Huhn passée à la rape des effets achève de nous assommer.

Mais Ted Nugent ne joue pas que du hard rock, il explore aussi le metal en composant des riffs tranchants comme des lames de rasoir. « Scream Dream » déboule avec une rage et une démence digne des plus grands groupes du genre, tandis que le déjanté « Flesh and Blood » joue la carte de la rapidité et du groove pour saisir l’auditeur à la gorge et ne plus le lâcher jusqu’à l’ultime note.

Les hurlements de Ted supportés par ce riff sautillant sont uniques en leur genre. Plus lent, mais tout aussi irrésistible, « Hard as Nails » se construit autour d’un riff hyper saturé qui épouse les lignes de chant. Ted Nugent invente un style qu’il sera le seul à maîtriser, quittant peu à peu les années 1970 pour entrer dans la décennie suivante.

Pour cela, il flirte avec un rock gorgé de soul et de funk sur « Terminus El Dorado », une amusante bluette qui détonne avec le reste de l’album et notamment avec la fureur de « Violent Love », l’un des titres les plus heavy jamais écrits par le guitariste, sur lequel il livre des soli aussi courts qu’efficaces.

Enfin, il fait un clin d’œil aux Rolling Stones sur « Spit it Out », grâce à un tempo médium aux lignes de guitares subtiles.

Etendard d’une génération française qui se trouvait enfin une émission fédératrice, Scream Dream est un album varié, gorgé de riffs explosifs et de morceaux endiablés. Si c’est trop fort, c’est que tu es trop vieux !

@Denis Labbé





Denis Labbé
Chroniqueur
A propos :  Ecrivain et chroniqueur, Denis a plongé dans le metal dès l’adolescence. Il a vite compris qu’il faisait moins de bruit en écrivant qu’en chantant.

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