👉 [Chronique] – Blue Öyster Cult – Cultösaurus Erectus (1980) by Denis Labbé.



1. Black Blade
2. Monsters
3. Divine Wind
4. Deadline
5. The Marshall Plan
6. Hungry Boys
7. Fallen Angel
8. Lips in the Hills
9. Unknown Tongue

Label : Colombia

Premier album enregistré sous la direction de Martin Birch, Cultösaurus Erectus marque le retour du groupe vers un son plus lourd, qui tranche avec les expérimentations de Mirrors sorti l’année précédente.

L’ambiance est plus sombre, les riffs plus heavy et les chansons plus directes, même si elles flirtent toujours avec le progressif et proposent quelques incursions dans l’électronique, le jazz ou le rock.

Si tous les musiciens ont participé à la composition de cet album, à des degrés plus ou moins importants, Eric Bloom chante sur six d’entre elles, alors que Donald Roeser, Albert et Joe Bouchard s’occupent chacun d’une des trois autres. C’est assez étonnant pour le souligner, car d’habitude le chant principal est assez équitablement partagé.

L’album débute par une collaboration avec l’écrivain anglais Michael Moorcock qui écrit les paroles de « Black Blade », évoquant Stormbringer, l’épée d’Elric de Melniboné, son personnage le plus connu. Le propos est noir, les lignes vocales angoissantes et les riffs à l’avenant.

Tout au long des 6 minutes 34, Blue Öyster Cult met en place une narration savamment dosée qui conduit à un refrain complexe, teinté de sons futuristes.

Ce morceau donne le ton à cet excellent album qui voit un retour aux sources des Américains, comme le montre également le lent « Divine Wind » sur lequel on retrouve les riffs lancinants chers à Buck Dharma, mais également ses mélodies subtiles de guitare.

Le groupe montre également son attachement à des motifs hard rock avec quelques titres enlevés comme le magnifique « The Marshall Plan » coloré par de multiples nappes de claviers, ou le rapide et puissant « Lips in the Hills » co-écrit par le critique rock Richard Meltzer et qui s’appuie sur un riff virevoltant et puissant.

Quant au chant, il flirte avec le punk rock, surtout sur le refrain. Sans doute l’un des meilleurs titres de cet album, même s’il est assez peu connu.

Comme à son habitude, Blue Öyster Cult explore de nombreux genres, incluant des touches jazz rock sur le funky « Monsters » dont le riff entêtant est une petite merveille, marchant sur les plates-bandes des Who, voire de Genesis époque Peter Gabriel, avec le rock « Fallen Angel » aux connotations progressives et au piano omniprésent.

Ces deux petites perles permettent de rectifier le tir de l’album précédent et de montrer que le groupe est toujours au sommet et désire entrer de plain-pied dans les années 1980.

Le son de Martin Birch l’aide d’ailleurs à le faire sur « Hungry Boys » et « Unknown Tongue », deux morceaux d’une rare pertinence, à l’écriture fine et à l’exécution savante.

Les guitares s’y font subtiles, tandis que les claviers retrouvent des sonorités plus traditionnelles, permettant à l’ensemble de se propulser vers les sommets. Les arrangements sont également finement travaillés, notamment les guitares sur « Hungry Boys ».

Enfin, « Deadline » est une petite pièce pleine de mélancolie, qui nous ramène aux premiers albums du groupe, avec son mélange de mélodies vocales éthérées et d’interventions de guitares toujours pertinentes.

Cultösaurus Erectus est l’un des albums indispensables de la discographie de Blue Öyster Cult, et il n’est pas le seul.

@Denis Labbé





Denis Labbé
Chroniqueur
A propos :  Ecrivain et chroniqueur, Denis a plongé dans le metal dès l’adolescence. Il a vite compris qu’il faisait moins de bruit en écrivant qu’en chantant.

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