Il y a des albums qui ne cherchent pas à plaire. Il y a des disques qui ne demandent aucune analyse savante, aucune justification historique. Heavy Metal Maniac fait partie de ceux-là.
Dès 1983, Exciter ne propose pas un album : il lâche une meute. Ici, pas de compromis, pas de vernis, pas de pose artistique. Heavy Metal Maniac est un disque joué comme on se bat : à fond, sans retenue, avec la rage comme seul carburant. À une époque où le heavy metal commence à se structurer, Exciter préfère tout accélérer, tout durcir, tout brûler.

– Dan Beehler (batterie, chant)
– John Ricci (guitare)
– Allan Johnson (basse)
1. Holocaust
2. Stand Up And Fight
3. Heavy Metal Maniac
4. Iron Dogs
5. Mistress Of Evil
6. Under Attack
7. Rising Of The Dead
8. Black Witch
9. Cry Of The Banshee
10. World War Iii
1. The Holocaust Tout est déjà là. La vitesse, la sauvagerie, cette voix hurlée comme si Dan Beehler chantait au bord de l’implosion. Aucun échauffement, aucune introduction inutile : Exciter attaque frontalement. C’est violent, cru, presque incontrôlé. Et c’est exactement ce qu’il fallait.
2. Stand Up and Fight Un cri de ralliement. Ce morceau sent la sueur, la scène, le cuir usé. Le riff est martial, le refrain fédérateur, pensé pour être beuglé poing levé. Exciter ne parle pas de fantaisie : il parle de combat, de survie métallique.
3. Heavy Metal Maniac Le titre manifeste. Une déclaration d’amour obsessionnelle au metal, vécue comme une maladie incurable. Le riff est simple mais assassin, la rythmique cavale sans relâche. Ce morceau, c’est l’âme du disque : excessive, fiévreuse, incontrôlable.
4. Iron Dogs Ici, le metal devient animal. Le morceau est plus lourd, plus oppressant, presque écrasant. On sent le groupe chercher à mordre plutôt qu’à courir. Un titre qui prouve qu’Exciter sait aussi frapper fort, pas seulement vite.
5. Mistress of Evil Un des sommets de l’album. Ambiance sombre, riff inquiétant, thème occulte assumé. Exciter ralentit juste ce qu’il faut pour installer une tension malsaine. C’est sale, dangereux, et profondément metal.
6. Under Attack Une rafale. Le morceau ne respire pas, n’explique rien, n’attend personne. Batterie mitraillette, riffs tranchants, chant hystérique : Exciter fonce tête baissée. Impossible de rester passif à l’écoute.
7. Rising of the Dead Le goût du macabre, version speed metal. Le riff est mémorable, l’atmosphère lourde, presque étouffante. Exciter prouve ici qu’il peut créer une ambiance sans perdre son agressivité. Le metal extrême est déjà en train de naître.
8. Black Witch Probablement le titre le plus sombre du disque. Massif, pesant, presque doom dans l’esprit, mais toujours porté par cette urgence caractéristique. Le riff colle à la peau, et l’atmosphère est profondément malsaine. Un morceau qui suinte l’underground.
9. Cry of the Banshee Une fin parfaite. Rapide, théâtrale, excessive, cette conclusion résume tout Heavy Metal Maniac. On termine l’album essoufflé, lessivé, convaincu d’avoir vécu quelque chose de brut et d’authentique.
10. World War III annonce la suite ……………………
Heavy Metal Maniac n’est pas un album poli. Il est mal produit, excessif, parfois borderline… et c’est précisément pour cela qu’il est essentiel. Exciter capture ici un moment unique : celui où le metal accélère sans savoir jusqu’où il va aller.
Ce disque sent la liberté, la prise de risque, l’instinct pur. Il annonce le thrash, influence le speed metal européen, et inspire toute une génération qui refusera de ralentir.
Plus de quarante ans plus tard, Heavy Metal Maniac reste une claque. Un disque pour ceux qui aiment le metal sauvage, honnête, et dangereux.
Stay Tuned
Doc Olivier
