Aujourd’hui, Metal Church entame un nouveau chapitre avec le guitariste fondateur Kurdt Vanderhoof, le guitariste historique Rick Van Zandt, la légende de la basse David Ellefson, le batteur d’élite Ken Mary, et le chanteur dynamique Brian Allen.
Avec une énergie renouvelée, plus de quatre décennies de carrière et une fanbase mondiale en pleine expansion, Metal Church reste une force incontournable du Heavy Metal moderne : toujours en avant, toujours en évolution, et toujours inimitablement Metal Church.
On fait le point avec Kurdt Vanderhoof. Entretien téléphonique réalisé le 25 Mars 2026.
Q : “Dead To Rights” marque une nouvelle étape pour Metal Church. Dans quel état d’esprit étais-tu en composant cet album ?
Kurdt Vanderhoof :
On avait besoin de repartir à zéro. Après tout ce que le groupe a traversé, il fallait retrouver une énergie brute, presque instinctive. Cet album, c’est vraiment un nouveau départ, mais avec l’ADN Metal Church intact. Mais aussi une surprise pour moi car je pensais que Metal Church était terminé.
Q : Le titre “Brainwash” ressort particulièrement. Il est plus agressif, presque provocateur dans son approche. Quelle était l’idée derrière ce morceau ?
Kurdt :
“Brainwash”, c’est clairement un morceau qui vient d’une réaction. On vit dans une époque où tout le monde est bombardé d’informations, d’opinions, de discours… et où il devient difficile de prendre du recul. Ce titre, c’est une façon d’exprimer ce malaise. Musicalement, je voulais quelque chose de direct, presque oppressant, avec un riff qui ne te laisse pas respirer.
Q : Ce disque est aussi le premier avec ce nouveau line-up. Est-ce que ça a influencé l’écriture ?
Kurdt :
Complètement. Quand tu changes autant de membres, tu changes forcément la dynamique. Chacun a apporté quelque chose de frais. Ça m’a poussé à écrire différemment, à sortir de ma zone de confort.
Q : Musicalement, où situes-tu “Dead To Rights” dans la discographie du groupe ?
Kurdt :
Je dirais que c’est un mélange entre nos racines et une approche plus moderne. Il y a ce côté agressif qu’on avait au début, mais avec une production et une maturité qu’on n’avait pas à l’époque.
Q : Tu es aussi producteur de l’album. Est-ce important pour toi de garder ce contrôle ?
Kurdt :
Oui, parce que je sais exactement ce que je veux entendre. Produire l’album me permet de rester fidèle à la vision du groupe.
Q : Parlons justement du groupe aujourd’hui. Comment s’est construite cette nouvelle formation ?
Kurdt :
Il y a eu un moment où j’ai senti qu’il fallait tout reconstruire. J’ai contacté des musiciens que je respectais énormément. Et très vite, tout s’est mis en place naturellement. Mais je dois aussi t’avouer que je n’étais pas certain que Metal Church soit encore là aujourd’hui. Il y a quelques temps je t’aurais dit c’est cuit mais la vie fait que ………….
Q : Le choix de Brian Allen au chant est aussi marquant. Pourquoi lui ?
Kurdt :
Brian a une puissance et une personnalité qui collent parfaitement à Metal Church. Il ne copie personne, il apporte sa propre identité.
Q : Que t’apporte l’arrivée de David Ellefson à la basse ?
Kurdt :
David, c’est une légende. Il apporte une solidité incroyable et une vraie musicalité. Son expérience parle d’elle-même, et ça élève tout le groupe. Et tu sais c’est notre label Rat Pak qui m’a proposé le nom de David.
Q : Et la section rythmique avec Ken Mary ?
Kurdt :
Ken est un monstre derrière les fûts. Il donne une assise incroyable aux morceaux. Avec David, ça forme une base très solide. Jeff Plate aurait dû être avec nous sur le disque, il avait commencé l’enregistrement mais avec le retour de Savatage ce n’était plus possible. Mais Ken est un excellent recrutement non ?
Q : Tu parles d’un nouveau départ, mais certains diront que Metal Church redémarre encore une fois… Combien de renaissances un groupe peut-il encaisser avant de perdre son identité ?
Kurdt :
C’est une question légitime. Mais pour moi, Metal Church n’est pas un line-up, c’est une vision. Tant que cette vision est là, le groupe reste lui-même.
Q : Le nouvel album sonne plus direct, presque plus dur. C’est une réaction à quelque chose ? Une pression ?
Kurdt :
Oui, clairement. Il y a eu des moments difficiles. Cet album, c’est une réponse. Pas calculée, mais viscérale.
Q : Certains fans parlent d’un son plus moderne, d’autres d’un retour aux racines. Tu cherches à plaire ou à imposer ?
Kurdt :
Je n’ai jamais écrit pour plaire. Si les gens aiment, tant mieux. Sinon, tant pis.
Q : Parlons franchement : remplacer une voix emblématique, c’est toujours risqué. Pourquoi Brian Allen ?
Kurdt :
Parce qu’il ne cherche pas à être quelqu’un d’autre. Il a sa propre identité. C’était essentiel.
Q : Mais tu ne peux pas ignorer que les fans vont comparer… Tu l’assumes ?
Kurdt :
Bien sûr. Et ils ont le droit. Mais s’ils attendent une copie, ils seront déçus. Ce n’est pas le but.
Q : On ne peut pas parler de Metal Church sans évoquer Mike Howe. Sa disparition a marqué les fans. Comment tu vis encore ça aujourd’hui ?
Kurdt :
C’est toujours là. Ça ne disparaît pas. Mike était unique, humainement et artistiquement.
Q : “Dead To Rights” donne l’impression d’un album écrit sans pression. C’est le cas ?
Kurdt:
Oui, clairement. Ce n’est pas un album qui a été construit dans le confort. Il y avait beaucoup de choses en mouvement autour du groupe, des changements, des remises en question. Du coup, je n’ai pas cherché à lisser quoi que ce soit. J’ai laissé les morceaux venir avec leur charge émotionnelle, même si elle était parfois brutale. Je pense que ça s’entend : il y a une forme de tension permanente dans cet album, quelque chose de plus direct, presque instinctif.
Q : Est-ce que tu vois ce disque comme une renaissance ou comme une réaction ?
Kurdt :
Un peu des deux. C’est une renaissance parce qu’on repart avec une nouvelle équipe, une nouvelle dynamique. Mais c’est aussi une réaction à tout ce qu’on a traversé. Il y a une forme de réponse dans ces morceaux, comme si on devait prouver à nous-mêmes surtout qu’on avait encore quelque chose à dire.
Je ne voulais pas faire un album “confortable”. Je voulais qu’il ait du mordant.
Q : Parlons des titres. Il y a une vraie cohérence, mais aussi des ambiances différentes. Comment tu as construit l’album ?
Kurdt :
J’ai essayé de penser l’album comme un voyage plutôt que comme une collection de morceaux.
Par exemple, “Dead To Rights” (le titre éponyme) pose immédiatement le ton : c’est frontal, sans détour, presque une déclaration. Ensuite, tu as des morceaux plus lourds, plus sombres, qui explorent des ambiances différentes avec des riffs plus pesants et des structures moins prévisibles.
Et puis il y a des titres plus mélodiques, mais toujours avec cette tension en arrière-plan. Je n’aime pas quand un album est monotone. L’idée, c’était que chaque morceau ait sa propre identité tout en restant cohérent avec l’ensemble.
Q : Le choix de Brian Allen est forcément scruté. Tu savais que tu allais être attendu au tournant ?
Kurdt :
Bien sûr. Quand tu touches à la voix d’un groupe, tu touches à ce que les gens reconnaissent immédiatement. Mais justement, je ne voulais pas quelqu’un qui essaie de reproduire le passé. Brian a une voix puissante, mais surtout une vraie personnalité.
Il a compris très vite qu’il ne devait pas “remplacer”, mais “apporter”. Et ça change tout. Sur l’album, tu peux entendre qu’il s’approprie les morceaux, qu’il vit les textes. Ce n’est pas un exercice, c’est une performance sincère.
Q : Est-ce que tu penses que Metal Church aurait eu une trajectoire différente avec une stabilité vocale totale ?
Kurdt :
Probablement, oui. Mais est-ce que ça aurait été mieux ? Je ne sais pas. Parfois, les changements, même difficiles, te poussent à évoluer, à ne pas te reposer sur tes acquis. Et dans notre cas, ça a aussi permis de ne jamais devenir prévisible. Ce n’est pas toujours confortable, mais ça fait partie de notre histoire.
Q : Ton écriture oscille souvent entre puissance et mélodie. C’est quelque chose que tu travailles consciemment ?
Kurdt :
Oui, parce que pour moi, la musique heavy ne doit pas être juste agressive. Si tu enlèves la mélodie, tu perds une grande partie de l’impact émotionnel. J’aime quand un riff peut être à la fois lourd et mémorable. Quand un morceau peut te frapper immédiatement, mais aussi rester avec toi après plusieurs écoutes. C’est cet équilibre que je recherche en permanence. Et ce n’est jamais simple, c’est même ce qui rend le processus intéressant.
Q : Tu as aussi travaillé sur les albums solo de Todd Michael Hall. Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce projet ?
Kurdt :
Todd est un chanteur incroyable, mais surtout un artiste avec une vraie vision. Quand il m’a proposé de travailler avec lui, j’ai tout de suite été intéressé parce que c’était différent de Metal Church. Ça me permettait d’explorer d’autres approches, d’autres ambiances, tout en restant dans un univers heavy. Et puis il y avait une vraie liberté dans ce projet, quelque chose de très naturel.
Q : Est-ce que tu ressens une liberté différente quand tu travailles en dehors de Metal Church ?
Kurdt :
Oui, parce qu’il n’y a pas le poids de l’histoire. Avec Metal Church, tu sais que tu fais partie d’une lignée, qu’il y a des attentes. Sur un projet extérieur, tu peux être plus spontané, prendre des directions inattendues. Mais au final, ça reste toujours moi. Que ce soit Metal Church ou autre chose, je ne peux pas me détacher complètement de ma façon de voir la musique.
Q : Soyons directs : Metal Church aujourd’hui, c’est encore un groupe ou presque un nouveau projet avec un nom historique ?
Kurdt :
Je comprends la question. Mais pour moi, Metal Church a toujours évolué. Ce n’est pas figé. Ce qui compte, c’est l’intention derrière la musique. Et aujourd’hui, cette intention est toujours là peut-être même plus forte, parce qu’on a quelque chose à prouver.
Q : Qu’est-ce que tu veux que les gens retiennent en écoutant “Dead To Rights” ?
Kurdt :
Que c’est un album honnête. Pas nostalgique, pas calculé, pas fait pour suivre une tendance. C’est juste le reflet d’un groupe qui a traversé beaucoup de choses… et qui est toujours debout.
Le Doc
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