Q1 – Stefan, Babylon marque un nouveau chapitre pour Dirkschneider & The Old Gang. Comment est née l’idée de cet album ?
Stefan Kaufmann :
À la base, on avait juste prévu d’enregistrer quelques titres pour le plaisir, sans pression. Le trio Udo – Peter – moi fonctionne depuis tellement d’années que ça s’est imposé naturellement. Les premiers singles ont eu un accueil incroyable, ce qui nous a poussés à aller plus loin. Babylon est devenu une sorte de synthèse de tout ce qu’on aime : l’énergie d’Accept, la mélodie d’U.D.O. et cette camaraderie qui nous lie depuis plus de quarante ans.
Q2 – Musicalement, l’album sonne très classique heavy metal, mais avec une production moderne. Quelle a été ta ligne directrice en tant que producteur ?
Stefan Kaufmann :
Je voulais que ça reste organique. Pas de mur de compression, pas de batterie trop plastique. On a utilisé beaucoup de techniques « old school » : vrais amplis, prises live quand c’était possible, et des arrangements qui servent la chanson plutôt que la démonstration. La modernité vient surtout du mixage : clarté, espace, mais toujours ce côté rugueux que les fans attendent.
Q3 – Comment s’est passée l’écriture ? Qui apporte quoi dans un groupe où chacun a une forte personnalité ?
Stefan Kaufmann :
Udo a l’instinct mélodique, il sait immédiatement quand une ligne de chant fonctionne. Peter a cette capacité à trouver un riff mémorable en deux minutes. Moi, je suis un peu le liant : je structure, j’arrange, je propose des directions.
La vérité, c’est qu’on travaille très vite ensemble parce qu’on a la même culture, les mêmes repères. Quand on dit “ça doit sonner Balls to the Wall mais avec un refrain plus ouvert”, tout le monde comprend immédiatement.
Q4 – Le titre Babylon parle d’un monde en déclin. Le groupe a rarement été aussi frontal dans le propos. Pourquoi ce choix ?
Stefan Kaufmann :
On vit une époque saturée d’informations, de contradictions, d’illusions. On a tous le sentiment que le système se fissure. On ne prétend pas faire la morale, mais on raconte ce qu’on observe.
Le heavy metal a toujours été un bon vecteur pour exprimer colère, frustration, mais aussi espoir. Babylon, c’est un avertissement, mais aussi un rappel : la musique peut rassembler même quand tout part en vrille.
Q5 – On ressent aussi beaucoup de nostalgie dans certains morceaux. Est-ce volontaire ou simplement naturel vu votre histoire ?
Stefan Kaufmann :
Un peu des deux. Quand tu joues avec des amis de toujours, la nostalgie traverse tout, même si tu ne cherches pas à l’évoquer. Il y a des harmonies, des grooves, des attitudes qui renvoient forcément aux débuts d’Accept.
Mais on ne veut pas être un groupe “revival”. L’objectif est de faire ce qui sonne juste aujourd’hui, pas de copier nos vingt ans.
Q6 – Beaucoup de fans espéraient ton retour derrière la batterie. As-tu envisagé de rejouer un peu sur l’album ?
Stefan Kaufmann :
Non. Ma santé m’empêche de reprendre la batterie de manière sérieuse, et je l’accepte. Mais être à la guitare et à la production me donne une liberté énorme.
Et honnêtement, le batteur sur cet album fait un travail monstrueux. Il n’y a plus de frustration : je contribue différemment, mais tout autant.
Q7 – Comment vois-tu la suite pour Dirkschneider & The Old Gang ? Simple projet parallèle ou quelque chose de durable ?
Stefan Kaufmann :
On ne se met aucune pression. Tant que l’alchimie existe et que les fans répondent présent, on continue. Babylon nous a redonné une dynamique incroyable. Après, chacun a ses autres engagements, mais l’envie est là.
C’est peut-être ça, le secret : ne pas en faire une obligation. Juste du plaisir pur.
Q8 – Peux tu nous parler de Manuela et Mathis ?
Mathias est un compagnon historique, notamment via son travail sur plusieurs albums majeurs d’U.D.O. dans les années 80. Son jeu très mélodique, son sens du solo chantant et sa précision technique font de lui l’un des guitaristes les plus identifiables de la scène heavy allemande.
Dans Dirkschneider & The Old Gang, il est l’un des piliers du son : lignes fortes, solos mémorables, feeling authentique.
Manuela est la touche moderne et rafraîchissante du projet. Connue pour sa voix puissante et émotionnelle, elle apporte une couleur totalement nouvelle à l’univers habituellement rugueux d’Udo et de ses compagnons.
Sur Babylon, sa présence donne de l’espace, de la sensibilité, et parfois même une dimension cinématographique aux refrains. Elle représente ce pont entre tradition metal et souffle contemporain.
Q9 – Stefan, tu as été un acteur majeur de l’histoire d’Accept. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur la carrière du groupe, son évolution et ce qu’il représente dans le metal ?
Je ne suis pas nostalgique au point de vouloir refaire le passé. Mais je reconnais l’impact d’Accept. On a influencé des générations de musiciens, et ça, c’est un héritage qui ne s’effacera jamais.
Pour moi, Accept représente une certaine vérité du metal : simple, honnête, sans compromis. Et c’est peut-être pour ça que les fans sont toujours là.
Q10 – Un mot pour les fans qui suivent votre aventure depuis Accept ?
Je suis fier de ce qu’on a accompli. Fier de Balls to the Wall, de Metal Heart, de tous ces albums qui ont construit un son reconnaissable entre mille. Et je suis aussi content que le groupe ait su continuer sa route après notre séparation.
Wolf, par exemple, a porté le flambeau avec une détermination incroyable. Même si Accept aujourd’hui est très différent de celui que j’ai connu, il reste fidèle à l’esprit d’origine : des riffs puissants, des hymnes, une attitude directe.
Merci pour votre fidélité et votre passion.
Vous êtes la raison pour laquelle on crée encore, même après toutes ces années. Si Babylon vous parle, alors le pari est gagné.
Le Doc
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Stefan Kaufmann :
Accept a une histoire unique. Quand j’y repense, ce qui me frappe, c’est l’intensité avec laquelle on a tout vécu : les débuts difficiles, la percée internationale, les tournées interminables, les tensions, les ruptures… C’était un tourbillon, mais un tourbillon qui a marqué le metal.




