Avec Number 3 Monkey, Neal Black revient accompagné de ses fidèles The Healers pour un disque profondément ancré dans la tradition du blues rock.
Un album qui ne cherche pas la révolution, mais qui rappelle avec force pourquoi ce genre musical reste aussi vivant quand il est joué avec sincérité.
Originaire du Texas mais installé depuis longtemps en Europe, Neal Black possède cette capacité rare à mêler l’énergie du blues américain avec une approche rock moderne.
Sur Number 3 Monkey, cette alchimie fonctionne pleinement : riffs électriques, slide expressif, groove solide et cette voix rauque qui semble raconter mille kilomètres de route.
Enregistré entre deux dates de tournée dans plusieurs studios européens, l’album conserve une spontanéité très palpable. Les morceaux respirent, vivent, et donnent parfois l’impression d’avoir été captés presque en direct.
Le titre d’ouverture Number 3 Monkey donne immédiatement le ton. Un blues rock nerveux, porté par une guitare mordante et un groove qui s’installe naturellement. C’est un morceau qui pourrait facilement ouvrir un concert.
Avec Devil Got My Woman, Neal Black rend hommage au blues originel en reprenant le classique de Skip James. La version reste fidèle à l’esprit du morceau tout en y ajoutant une tension électrique très actuelle.
Des titres comme Choose Your Poison ou That Money ramènent l’album vers un blues rock plus direct. Ici, les riffs sont simples mais efficaces, et la section rythmique installe un groove profond qui donne envie de taper du pied.
Au milieu du disque, Mellow Moon Melody apporte une respiration plus douce. Les guitares y sont plus atmosphériques, presque planantes, montrant une facette plus contemplative du musicien.
Lights Of Fifolet plonge quant à lui dans une ambiance plus mystérieuse, presque swamp blues, où l’on sent l’influence des paysages du sud des États-Unis.
La seconde moitié du disque retrouve une énergie plus brute avec Dead By Now et Truckstop Be Bop, deux titres qui sentent la poussière des routes et les clubs enfumés. On y retrouve ce mélange de boogie et de blues électrique qui constitue l’ADN du groupe.
Avec Say Goodbye et Let It All Hang Out, Neal Black montre également son talent de storyteller, racontant des histoires simples mais profondément humaines.
L’album se termine avec His Last Song, morceau plus introspectif qui referme le disque avec émotion.
Avec Number 3 Monkey, Neal Black signe un album de blues rock authentique, sincère et habité. Rien de spectaculaire ou d’artificiel ici : juste un musicien qui connaît ses racines et qui joue avec passion.
C’est un disque qui sent la scène, la route et les longues nuits de musique. Et dans le blues, c’est souvent tout ce qu’il faut pour que la magie opère.
Les Titres:
- “Number 3 Monkey” (3’54)
- “Devil’s Got My Woman” (3’10)
- “Choose Your Poison” (4’52)
- “That Money” (4’15)
- “Mellow Moon Melody” (5’27)
- “Lights Of Fifolet” (5’25)
- “No Way To Get Along” (4’10)
- “Dead By Now” (3’48)
- “Truckstop Be Bop” (3’21)
- “Say Goodbye” (5’03)
- “Let It All Hang Out” (3’57)
- “His Last Song” (4’17)
Note 15/20
Stay Tuned
Doc Olivier
