
1. Cowboys from Hell
2. Primal Concrete Sledge
3. Psycho Holiday
4. Heresy
5. Cemetery Gates
6. Domination
7. Shattered
8. Clash with Reality
9. Medicine Man
10. Message in Blood
11. The Sleep
12. The Art of Shredding
AprĂšs trois albums de glam, puis lâarrivĂ©e de Phil Anselmo au chant Ă la place de Terry Glaze, Pantera fait une incursion dans le metal avec Power Metal, un opus assez moyen.
Sâil laisse vaguement entrevoir un changement de style, il Ă©tait impossible dâenvisager ce quâallait ĂȘtre Cowboys from Hell.
MĂȘlant thrash et heavy, en y incorporant une dose de groove qui va devenir sa marque de fabrique, Pantera signe une Ćuvre qui fait date en influençant une bonne partie de la scĂšne metal des annĂ©es 1990.
Autant dire quâil y a un avant et un aprĂšs Cowboys from Hell et que sans cet album, le metal moderne ne serait pas ce quâil est.
DĂ©marrant par lâĂ©ponyme « Cowboys from Hell », fortement influencĂ© par Metallica pour le chant et Annihilator pour les riffs, cet album vibre dâune Ă©nergie communicatrice, qui repose Ă la fois sur le charisme de Phil Anselmo et la puissance du guitariste Diamond Darrell.
Lâensemble est Ă©pais, inventif, basĂ© sur dâincessants changements de rythmes que lâon retrouve tout au long de cet opus, notamment sur lâĂ©tonnant « Domination » qui Ă©voque Testament voire Megadeth, mais avec un indĂ©niable sens du groove.
Soutenues par une section rythmique qui sait sâadapter Ă tous les styles, les compositions explorent des sentes inattendues, comme câest le cas pour « Cemetery Gates », une fausse ballade aux ambiances horrifiques ou la pesante « The Sleep » aux mĂ©lodies entĂȘtantes qui donne envie de taper du pied.
Si le groupe sait jouer avec les intensitĂ©s, il nâest jamais aussi excellent que sur les titres rapides comme lâexcellent « Primal Concrete Sledge » au chant hallucinĂ©, le superbe « Shattered » qui parvient Ă croiser Judas Priest et Annihilator, pour le plus grand bonheur des oreilles ou le thrash « Clash with Reality » qui pose les bases du groove metal, grĂące Ă des lignes de chant jusquâauboutistes et une indĂ©niable science du riff.
Sous la houlette de Terry Date qui apporte enfin au groupe le son dont il avait besoin, Pantera pousse ses expérimentations aux limites du thrash grùce à un guitariste en état de grùce.
Et mĂȘme si les influences de Pantera sont encore perceptibles, Metallica sur « The Art of Shredding » et « Heresy », Annihilator sur « Psycho Holiday », les apports du groupe sont indĂ©niables et propulsent cet album vers des sphĂšres nouvelles que les critiques vont appeler groove metal.
Ainsi, des titres comme « Medicine Man » qui lorgne du cĂŽtĂ© du jazz fusion et voisine avec Faith No More ou le lourd « Message in Blood » tracent les frontiĂšres de ce nouveau courant du metal, en mĂȘlant mĂ©lodies vocales, riffs agressifs et structures complexes.
La critique ne sây trompe pas et encense cet album, tandis que les fans de metal se jettent dessus, avides de nouveautĂ©. Cowboys from Hell entre dans le Bilboard et dĂ©passe le million de ventes.
@Denis Labbé

