
1. Tom Sawyer
2. Red Barchetta
3. YYZ
4. Limelight
5. The Camera Eye
6. Witch Hunt
7. Vital Signs
HuitiĂšme album studio du trio canadien, Moving Picture est un chef dâĆuvre du rock qui, quarante ans aprĂšs, nâa pas pris une ride. A sa sortie, il fait dâailleurs lâunanimitĂ© chez les critiques spĂ©cialisĂ©s et permet au groupe de toucher un public plus large, Ă la fois sur le continent amĂ©ricain et en Angleterre.
ComposĂ© des pauses dans la tournĂ©e Permanent Waves et peu de temps aprĂšs, les sept morceaux proposent un savant mĂ©lange entre des digressions progressives, des envolĂ©es lyriques et des refrains plus accessibles quâĂ lâaccoutumĂ©e, ce qui paraĂźt Ă©vident sur le superbe « Red Barchetta » dont le riff entĂȘtant sâinscrit immĂ©diatement dans lâesprit de lâauditeur ou le plus immĂ©diat « Tom Sawyer » qui sert de pont entre la musique progressive et un rock plus radiophonique. Ces deux morceaux sont rapidement adoptĂ©s par les fans en concert.
Rush a Ă©voluĂ©, comme en tĂ©moigne « Limelight », un titre rock aux paroles autobiographiques qui Ă©voquent lâalbum live All the Worldâs Stage. BasĂ© sur un rythme entraĂźnant alliĂ© Ă un refrain ciselĂ©, ce morceau fait entrer le groupe dans la musique des annĂ©es 1980, comme le mĂ©sestimĂ© « Vital Signs » qui insuffle des touches reggaes et new wave Ă une base purement progressive.
Le groupe ne coupe par pour autant les ponts avec son passĂ©. Plus classique, lâinstrumental « YYZ » est une vĂ©ritable perle, comme seul Rush est capable dâen Ă©crire. A la fois joyeux, technique, intelligent et sensible, il sâinscrit comme lâun des meilleurs morceaux instrumentaux jamais Ă©crits. Le public ne sây trompe pas, puisquâune fois proposĂ© aux fans, il ne quittera plus les set-lists du groupe.
La partie la plus progressive de lâalbum se retrouve sur la face B, avec la longue piĂšce de plus de dix minutes intitulĂ©e « The Camera Eye » et dĂ©coupĂ©e en deux parties. Elle nous rappelle lâancrage de Rush et la maniĂšre quâavait le trio de proposer ces morceaux de bravoure sur lesquels les nombreux changements de rythmes permettaient aux auditeurs de partir vers de lointaines contrĂ©es.
Plus sombre, « Witch Hunt », qui fait partie de la sĂ©rie « Fear », est peut-ĂȘtre la chanson la plus faible de cet album, sans ĂȘtre pour autant mauvaise. Lourde et directe, elle est construite sur une montĂ©e progressive de lâintensitĂ©, dâabord grĂące Ă un riff de guitare suivi dâun autre de clavier. Ces Ă©lĂ©ments rĂ©pĂ©titifs nous entraĂźnent dans un monde angoissant Ă lâopposĂ© du reste de lâalbum.
Plusieurs remastĂ©risations ont Ă©tĂ© proposĂ©es aux fans depuis lâapparition du CD, mais une nouvelle version devrait voir le jour en avril afin de fĂȘter ses quarante ans.
@Denis Labbé

