🟠 [Chronique] Lalu – A Mythmaker’s Demise (2026) par le Doc. 🟠  

4.7
(77)
  • Artiste : Lalu
  • Album :A Mythmaker’s Demise
  • Date de sortie : 31 juillet 2026
  • Label : Frontiers Music
  • Genre : Progressive Rock • Progressive Metal

Depuis Oniric Metal en 2005, Vivien Lalu s’est imposé comme l’un des compositeurs les plus inspirés du rock progressif moderne. À chaque album, le claviériste français s’entoure de musiciens d’exception et construit un univers où la virtuosité reste toujours au service de l’émotion.

Pour célébrer les vingt ans du projet, A Mythmaker’s Demise ne se contente pas d’être un nouvel album : c’est une réflexion sur la créativité humaine à l’heure où l’intelligence artificielle remet en question la place de l’imagination.

Un thème fort qui irrigue l’ensemble du disque et que sublime une pochette signée Mattias Norén, représentant un écrivain dont les personnages tentent de survivre à leur créateur.

Pour cette œuvre anniversaire, Vivien Lalu retrouve le chanteur Martin LeMar, déjà présent sur les débuts du projet, ainsi que le légendaire Simon Phillips à la batterie. Le guitariste Joop Wolters complète un quatuor d’une cohésion remarquable, tandis que Jens Johansson (Stratovarius) vient illuminer plusieurs morceaux de ses interventions au clavier.

L’album s’ouvre avec « Tears Of The Muse », une entrée en matière majestueuse où les claviers de Vivien Lalu installent immédiatement une ambiance cinématographique. Les changements de rythme, les harmonies vocales et le jeu tout en finesse de Simon Phillips donnent le ton : ici, chaque note raconte une histoire.

Plus nerveux, « EKO » apporte une énergie nouvelle. Le morceau alterne passages puissants et respirations mélodiques avec une fluidité impressionnante. Les échanges entre les claviers et la guitare de Joop Wolters rappellent les grandes heures du rock progressif des années 90, tout en conservant une identité très actuelle.

Premier single dévoilé avant la sortie de l’album, « I Am The One » impressionne par son équilibre entre technicité et efficacité mélodique. Martin LeMar y livre une prestation vocale remarquable, portée par un refrain mémorable et une instrumentation particulièrement inspirée.

Ce titre résume parfaitement la philosophie de Lalu : faire du progressif accessible sans sacrifier la richesse musicale.

L’instrumental « Mayacama » agit comme une parenthèse contemplative. Les textures de claviers, soutenues par un travail de batterie d’une précision remarquable, démontrent toute la sensibilité de Vivien Lalu en tant que compositeur.

Impossible de passer à côté de « Prince With The Swift Warning », probablement le morceau emblématique du disque. Inspiré du roman Watership Down, il évoque l’exil, la survie et l’espoir à travers une construction progressive parfaitement maîtrisée.

Les riffs de Joop Wolters et les nappes de claviers créent une tension permanente, tandis que Martin LeMar livre l’une de ses plus belles interprétations.

Avec « Learning To Fly », le groupe retrouve une approche plus lumineuse. Les mélodies aériennes contrastent avec le thème plus sombre de l’album, offrant un moment de respiration particulièrement réussi.

Le second instrumental, « A Drop Of Water », met une nouvelle fois en valeur le talent d’arrangeur de Vivien Lalu. Court mais intense, il prépare parfaitement la dernière partie du disque.

« Fhloston Paradise » surprend par son approche plus moderne et ses rythmiques complexes. Les influences jazz fusion et progressives s’entremêlent avec naturel, sans jamais donner l’impression d’une démonstration technique gratuite.

L’avant-dernier morceau, « Cordal Weaves », constitue l’un des sommets musicaux de l’album.  Enfin, « Midnight Ink » conclut l’œuvre avec élégance. Mélancolique et profondément émouvant, ce morceau referme le voyage sur une note d’espoir, rappelant que la créativité humaine demeure irremplaçable malgré les évolutions technologiques.

L’un des grands atouts de A Mythmaker’s Demise réside dans sa production. Vivien Lalu a volontairement privilégié un son organique, avec de véritables prises de batterie et un mixage très ouvert.

Le résultat respire, chaque instrument conserve sa personnalité et l’on ressent constamment l’impression d’assister à la performance d’un véritable groupe plutôt qu’à une succession de pistes assemblées en studio.

Cette authenticité constitue l’une des plus grandes forces de l’album.Au-delà de sa virtuosité, A Mythmaker’s Demise touche par son humanité. Derrière les signatures rythmiques complexes et les envolées instrumentales se cache une réflexion profonde sur l’art, la mémoire et la transmission.

Vivien Lalu démontre une nouvelle fois que le rock progressif peut être à la fois spectaculaire, accessible et porteur de sens.

Avec A Mythmaker’s Demise, Lalu signe probablement son œuvre la plus ambitieuse et la plus aboutie. Magnifiquement interprété, superbement produit et porté par une écriture inspirée, cet album s’impose comme l’une des grandes réussites du rock progressif de l’année.

Un disque d’une rare intelligence qui privilégie l’émotion à la démonstration. Les amateurs de Dream Theater, Arena, Threshold,  Symphony X ou Transatlantic y découvriront une œuvre riche, exigeante et profondément humaine.


Les Titres:

  • 1. Tears Of The Muse
  • 2. EKO
  • 3. I Am The One
  • 4. Mayacama
  • 5. Prince With The Swift Warning
  • 6. Learning To Fly
  • 7. A Drop Of Water
  • 8. Fhloston Paradise
  • 9. Cordal Weaves
  • 10. Midnight Ink

Note 18/20

Stay Tuned

Doc Olivier


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