🟠 [Chronique] Zan/Cody – Beautiful ‘N Damned (2026) par le Doc. 🟠  

4.7
(77)
  • Artiste : Zan/Cody
  • Album :Beautiful ‘N Damned
  • Date de sortie : 24 juillet 2026
  • Label : Frontiers Music
  • Genre : Sleaze Rock • Hard Rock • Glam Metal

Certaines retrouvailles relèvent du fantasme. Pendant plus de trente-cinq ans, les fans de Shotgun Messiah ont espéré revoir Zinny Zan et Harry Cody composer ensemble.

Après les changements de line-up, les rumeurs de reformation et les projets avortés, peu imaginaient que les deux architectes du premier âge d’or du groupe suédois finiraient par reprendre la route côte à côte.

Pourtant, c’est bien ce qui se produit avec Beautiful ‘N Damned, premier album de ZAN/CODY, un projet qui ne cherche pas à ressusciter Shotgun Messiah mais à prolonger naturellement son héritage.

Loin d’un simple exercice nostalgique, l’album montre deux musiciens qui ont grandi, évolué et retrouvé une complicité évidente.

Le résultat est un hard rock sombre, mélodique et moderne, où le sleaze des années 80 côtoie des sonorités plus industrielles et gothiques.

Une évolution logique plutôt qu’un retour en arrière. Dès « Sever », l’ambiance est donnée. Une introduction pesante, presque cinématographique, ouvre la voie à un riff massif signé Harry Cody. Le morceau surprend par son atmosphère sombre, évoquant parfois les dernières années de Shotgun Messiah ou même certaines ambiances proches de The Sisters Of Mercy. La voix de Zinny Zan, toujours aussi identifiable, n’a rien perdu de son charisme et apporte immédiatement cette touche de street attitude qui faisait déjà sa force à la fin des années 80.

Le ton change complètement avec « I Am The Shit », probablement le morceau le plus fun du disque. Derrière un titre volontairement provocateur se cache un hymne sleaze irrésistible, porté par un groove communicatif, des chœurs efficaces et un refrain qui s’imprime instantanément dans la mémoire. C’est l’un des morceaux qui rappelle le plus les racines glam des deux musiciens.

Impossible ensuite de résister à « Ride Or Die », véritable bombe de hard rock mélodique. Les riffs sont redoutables, le refrain est calibré pour être repris en chœur et Harry Cody démontre une nouvelle fois pourquoi il demeure l’un des guitaristes les plus sous-estimés de la scène suédoise. Son jeu alterne puissance, mélodie et sens du feeling avec une facilité déconcertante. Plusieurs chroniqueurs n’hésitent d’ailleurs pas à considérer ce titre parmi les meilleurs de l’album.

Avec « Suffer City », le groupe ralentit légèrement le tempo pour proposer une composition plus mélancolique. Les arrangements deviennent plus atmosphériques et mettent davantage en valeur les qualités d’interprétation de Zinny Zan. La chanson apporte une respiration bienvenue avant une seconde moitié d’album plus musclée.

L’un des morceaux les plus originaux reste « She Walks With Violence ». Mélange de blues, de hard rock et d’ambiances gothiques, il surprend par son approche plus moderne et son refus des clichés du sleaze traditionnel. Une prise de risque particulièrement réussie.

Déjà dévoilé en amont de la sortie de l’album, « Damn » résume parfaitement l’identité de ZAN/CODY. Son riff ravageur, son refrain accrocheur et son message invitant à garder un esprit critique face aux apparences en font l’un des titres les plus marquants du disque.

Mixé par Chris Laney, il bénéficie également d’une production puissante qui conserve malgré tout une vraie chaleur analogique.

Plus lumineux, « Let’s Be Heroes » apporte une touche plus mélodique sans perdre cette énergie caractéristique. Les influences glam et hard rock classique y sont particulièrement assumées et démontrent que le duo sait également écrire des morceaux plus fédérateurs.

Le morceau-titre « Beautiful ‘N Damned » constitue sans doute le point d’équilibre de l’album. Mélodique, sombre et puissant à la fois, il résume parfaitement la direction artistique choisie : conserver l’ADN de Shotgun Messiah tout en lui offrant une production et une sensibilité résolument actuelles.

L’album s’achève avec « Bad Bad Man », au groove très rock’n’roll, puis « Tear It All Down », une conclusion énergique qui renoue avec l’esprit le plus sleaze du disque et laisse une excellente impression.

L’autre grande réussite de Beautiful ‘N Damned réside dans son équilibre. Harry Cody signe des riffs inspirés et des solos toujours au service des chansons, tandis que Zinny Zan retrouve une interprétation pleine de personnalité.

L’ensemble bénéficie du mixage de Chris Laney, qui réussit à conserver la rugosité du sleaze tout en lui offrant une puissance sonore très actuelle.

Au final, Beautiful ‘N Damned n’est pas une tentative de faire revivre Shotgun Messiah. C’est un nouveau chapitre écrit par deux musiciens qui n’ont plus rien à prouver mais qui retrouvent visiblement le plaisir de composer ensemble.

Le résultat est un album inspiré, moderne, rempli de refrains mémorables et de guitares flamboyantes.

Avec Beautiful ‘N Damned, Zinny Zan et Harry Cody réussissent un retour que peu de monde osait encore espérer. Plus sombre, plus mature mais toujours aussi accrocheur, l’album prouve que le sleaze rock peut encore sonner pertinent en 2026.

Les amateurs de Shotgun Messiah retrouveront naturellement des repères, mais découvriront surtout un disque capable d’exister par lui-même.L’une des plus belles surprises hard rock de l’année.

Un disque qui regarde son passé avec respect tout en avançant résolument vers l’avenir.


Les Titres:

  • 1. Sever
  • 2. I Am The Shit
  • 3. Ride Or Die
  • 4. Suffer City
  • 5. She Walks With Violence
  • 6. Damn
  • 7. Let’s Be Heroes
  • 8. Beautiful ‘N Damned
  • 9. Bad Bad Man
  • 10. Tear It All Down

Note 18/20

Stay Tuned

Doc Olivier


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