🟠 [Chronique] Ruthless – Curse of the Beast (2026) par le Doc. 🟠  

4.7
(76)

Dans un monde où le heavy metal traditionnel est régulièrement réinventé ou modernisé, certains groupes continuent de défendre les valeurs originelles du genre avec une conviction inébranlable. Ruthless fait partie de cette catégorie.

Fondé au début des années 80 à Los Angeles autour du chanteur Sammy DeJohn, le groupe est devenu culte grâce à son EP Metal Without Mercy (1984) et son premier album Discipline Of Steel (1986).

Après un retour remarqué avec Evil Within puis The Fallen, les Californiens reviennent aujourd’hui avec Curse Of The Beast, un album qui ne cherche jamais à suivre les tendances mais célèbre avec passion l’âge d’or du metal traditionnel.

L’introduction instrumentale « The Blood Moon » installe immédiatement une atmosphère sombre et inquiétante. En un peu plus d’une minute, le décor est planté avant que le morceau-titre ne fasse exploser les enceintes.

« Curse Of The Beast » est une véritable déclaration d’intention. Porté par un riff incisif et une batterie martiale, le morceau évoque immédiatement les grandes heures de Judas Priest ou Accept. 

Sammy DeJohn impose toujours cette voix rugueuse qui fait la personnalité du groupe depuis plus de quarante ans. Les premiers retours de la presse saluent d’ailleurs ce titre comme l’un des meilleurs de l’album.

L’énergie monte encore d’un cran avec « Raging Violence », sans doute le morceau le plus rapide du disque. Les riffs sont acérés tandis que la section rythmique propulse le morceau avec une efficacité redoutable. Les influences speed metal y sont particulièrement marquées.

Autre moment fort, « Berserker » développe une ambiance guerrière irrésistible. Son refrain puissant et ses harmonies de guitares rappellent la NWOBHM tout en conservant une identité très américaine. C’est le genre de titre que l’on imagine déjà fédérateur en concert.

Plus lourd, « Suffocating Fear » ralentit légèrement le tempo pour installer une tension presque oppressante. Les riffs se font plus massifs et la voix de Sammy DeJohn gagne encore en intensité.

Avec « Blood Coalition », Ruthless retrouve un heavy metal plus épique. Les changements de rythme et les solos démontrent que le groupe maîtrise parfaitement les codes du genre sans tomber dans la démonstration technique.

Impossible de ne pas remarquer les accents très Iron Maiden de « Sign Of The Cross ». Les guitares harmonisées et les développements mélodiques rappellent clairement la grande époque de la NWOBHM, tout en restant parfaitement intégrés à l’univers de Ruthless.

La seconde partie de l’album maintient le niveau avec « Prophecy Of Chaos », « Killed By Fate » et « On Sands Of Hell », trois compositions solides où alternent accélérations speed metal et passages plus lourds inspirés du heavy américain des années 80.

L’avant-dernier morceau, « Hallowed Ground », apporte une dimension plus sombre et mélodique avant que le groupe ne conclue l’album par une reprise de « Metal Gods » de Judas Priest.

Un choix loin d’être anodin tant cette formation britannique a toujours constitué l’une des principales influences de Ruthless. Plutôt que de copier l’original, les Californiens rendent un hommage sincère à leurs maîtres avec une interprétation puissante et respectueuse.

L’ensemble respire l’authenticité et rappelle pourquoi le heavy metal traditionnel conserve encore aujourd’hui un public fidèle.

Bien sûr, Curse Of The Beast ne révolutionnera pas le genre. Ce n’est d’ailleurs pas son ambition. Ruthless préfère jouer un heavy metal sincère, puissant et efficace, fidèle à ses racines.

Si certains regretteront un manque de prise de risque, les amateurs de Judas Priest, Metal Church, Omen, Liege Lord ou Accept y trouveront largement leur compte.

Avec Curse Of The Beast, Ruthless signe un album solide, généreux et profondément respectueux de l’héritage du heavy metal des années 80.

Sans chercher à réinventer la roue, le groupe livre douze titres portés par des riffs efficaces, une interprétation convaincante et une passion intacte. Une excellente cuvée pour tous les défenseurs du metal traditionnel.

Les Titres:

1. The Blood Moon (1:13)
2. Curse Of The Beast (5:27)
3. Raging Violence (3:59)
4. Berserker (3:53)
5. Suffocating Fear (5:15)
6. Blood Coalition (5:54)
7. Sign of the Cross (2026 version) (5:40)
8. Prophecy of Chaos (3:57)
9. Killed by Fate (3:23)
10. On Sands of Hell (4:08)
11. Hallowed Ground (4:26)
12. Metal Gods (reprise Judas Priest) (3:59)


Note 17/20

Stay Tuned

Doc Olivier


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