FormĂ© en 1979 sous le patronyme de Guillotine, Venom enregistre plusieurs dĂ©mos avant dâĂȘtre signĂ© par Neat Records qui publie un 45 tours : « In League with Satan / Live Like an Angel » qui permet au groupe de se faire connaĂźtre.
Ce premier album, marqué au sceau du diable, est enregistré aux studios Impulse de Newcastle et sort en janvier 1981. Il marque les esprits par un son trÚs rude, des distorsions prononcées, une technique instrumentale médiocre et une énergie débordante qui plonge ses racines dans la vague punk.
Les paroles, toutes dĂ©diĂ©es Ă Satan, aux sorciĂšres et au mal, frappent par leur violence. Câest Ă©galement le cas de la musique. Les morceaux sont, pour beaucoup, rapides, soutenus par une section rythmique qui joue le plus vite possible : « Sons of Satan ». Et mĂȘme si tout cela est assez maladroit, il sâen dĂ©gage une fureur portĂ©e par une imagerie sataniste qui parodie mĂȘme les standards du rock : « Live Like an Angel (Die Like a Devil) ».

2. Welcome to Hell
3. Schizoid
4. Mayhem With Mercy
5. Poison
6. Live Like an Angel (Die Like a Devil)
7. Witching Hour
8. One Thousand Days in Sodom
9. Angel Dust
10. In League With Satan
11. Red Light Fever
Bonus 2002
12. Angel Dust (Lead Weight Version)Â Â Â
13. In League With Satan (7″ Version)Â Â Â
14. Live Like An Angel (7″ Version)Â Â Â Â Â Â Â Â
15. Bloodlust (7″ Single)Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â
16. In Nomine Satanas (7″ Single)Â Â Â Â Â Â Â Â Â
17. Angel Dust (Demo)Â
18. Raise The Dead (Demo)Â Â Â Â Â Â
19. Red Light Fever (Demo)Â Â Â Â Â Â
20. Welcome To Hell (Demo)Â Â Â Â
21. Bitch Witch (Outtake)Â Â Â Â Â Â Â Â Â
22. Snots Shit (Outtake)
A lâĂ©coute de ce premier album qui pose les bases du black metal, mĂȘme si le groupe sâen dĂ©fend, on ne peut que se laisser emporter par le cĂŽtĂ© novateur de ce metal portĂ© Ă Ă©bullition. Venom ne sait pas jouer, mais il donne tout ce quâil a, employant des motifs bibliques : « One Thousand Days in Sodom » ou encore « Angel Dust » quâil sâamuse Ă critiquer ou Ă parodier.
Lâensemble est malsain : « Witching Hour », et le trio envoie mĂȘme des clins dâĆil Ă ses ainĂ©s de Black Sabbath : « Schizoid » Ă©voque Ă©videmment « Paranoid ». La voix de Cronos est approximative, comme le sont ses lignes vocales, ce qui est Ă©vident sur « Red Light Fever » qui clĂŽt cet opus dans un maelstrom indescriptible.
La production est trĂšs mauvaise et donne lâimpression que les chansons ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es dans un garage. Mais on sâen moque, car cela apporte un peu de charme Ă cet album et participe Ă sa lĂ©gende.
Malgré tout cela, le groupe sait écrire des hymnes capables de soulever les foules : « Welcome to Hell » ou le terrible et épais « In League With Satan », avec son rythme martial et son refrain à marteler en levant le poing.
MĂȘlant influences metal et punk, Venom construit son propre style en se servant de riffs plaquĂ©s, jouĂ©s Ă fond et qui amĂšnent des solos rapides, mais peu maitrisĂ©s : « Poison ».
Ćuvre culte, sans ĂȘtre un chef-dâĆuvre, Welcome to Hell marque son Ă©poque et reste un disque majeur de la New Wave Of British Heavy Metal.
A noter que lâalbum est ressorti plusieurs fois en CD, remasterisĂ©, et affublĂ© de nombreux bonus : dĂ©mos, inĂ©dits, versions diffĂ©rentes, face B. En 2002, ce ne sont pas moins de onze entrĂ©es supplĂ©mentaires qui sont proposĂ©es.
Outre quatre titres raccourcis issus de 45 tours, le fan a le droit aux trois morceaux enregistrĂ©s sur la premiĂšre dĂ©mo de 1980 : « Angel Dust », tout aussi approximatif que lâoriginal, « Raise The Dead » un morceau qui se retrouvera sur Black Metal et « Red Light Fever ».
A cela sâajoute, bordĂ©lique de « Welcome to Hell ».
On retrouve Ă©galement deux inĂ©dits « Bitch Witch », trĂšs simpliste et lâamusant trip punk « Snots Shit » qui ne rime Ă rien.
Rien dâindispensable, mais un joli regard portĂ© sur les dĂ©buts du groupe pour nous faire comprendre dâoĂč il vient.
@ Denis Labbé

