🟠 [Chronique] Venom – Into Oblivion (2026) par le Doc. 🟠  

4.7
(71)

Il y a des groupes qui entrent dans l’histoire… et d’autres qui la griffent à coups de riffs sales et de blasphèmes sonores. Depuis le début des années 80, Venom appartient clairement à la seconde catégorie.

Et en 2026, avec Into Oblivion, le trio britannique prouve qu’il n’est toujours pas prêt à rendre les armes.


Huit ans après Storm The Gates, le retour des Anglais n’avait rien d’anodin. Attendus au tournant, souvent copiés mais rarement égalés, ils reviennent avec un seizième album studio qui ne cherche ni à séduire une nouvelle génération ni à lisser son propos.

Ici, pas de compromis : Venom reste Venom.
Dès les premières secondes, Into Oblivion affiche ses intentions. Le son est plus massif, mieux produit, mais conserve cette rugosité qui a forgé la légende du groupe.

L’équilibre est subtil : moderniser sans trahir. Et le pari est réussi. Là où certains vétérans s’égarent dans une quête de pertinence, Venom choisit la fidélité à son ADN, tout en resserrant son écriture.


Le line-up mené par Cronos semble animé d’une énergie renouvelée. Les compositions gagnent en cohérence sans perdre leur agressivité.

Les morceaux sont plus structurés, plus percutants, presque chirurgicaux dans leur efficacité. On est loin du chaos parfois approximatif des débuts, mais l’esprit reste intact.


Le single “Lay Down Your Soul” incarne parfaitement cette dualité. Hymne immédiat, porté par un refrain fédérateur, il évoque les grandes heures du groupe tout en bénéficiant d’une production contemporaine.

À ses côtés, des titres comme “Kicked Outta Hell” ou “Metal Bloody Metal” rappellent que Venom n’a rien perdu de son goût pour la provocation et la brutalité directe.
Mais l’album ne se limite pas à une simple relecture nostalgique.

Des morceaux comme “Man & Beast” ou “As Above So Below” apportent une dimension plus lourde, presque oppressante. L’ambiance s’y fait plus sombre, plus travaillée, comme si le groupe explorait ses propres ténèbres avec davantage de recul.
Cette évolution ne dilue jamais l’identité du groupe.

Au contraire, elle la renforce. Into Oblivion donne l’impression d’un Venom qui maîtrise enfin pleinement son langage, capable de canaliser sa rage pour la rendre encore plus impactante.
Côté thématiques, pas de révolution non plus : occultisme, chaos, guerre et culte du metal irriguent toujours les textes. Mais là encore, une certaine maturité transparaît.

Moins provocateurs pour le simple plaisir de choquer, les Anglais semblent aujourd’hui plus intéressés par l’atmosphère et la cohérence de leur univers.


Alors, Venom réinvente-t-il le genre qu’il a contribué à créer ? Non. Et ce n’est pas le but. Into Oblivion est avant tout un disque de confirmation.

Celui d’un groupe qui, plus de quarante ans après ses débuts, continue d’avancer sans renier ses origines.


Puissant, sombre et habité, cet album s’impose comme une nouvelle pierre solide dans une discographie déjà culte. Une chose est sûre : Venom n’a pas fini de hanter le metal extrême.


01 – Into Oblivion
02 – Lay Down Your Soul
03 – Nevermore
04 – Man & Beast
05 – Death the Leveller
06 – As Above So Below
07 – Kicked Outta Hell
08 – Legend
09 – Live Loud
10 – Metal Bloody Metal
11 – Dogs of War
12 – Deathwitch
13 – Unholy Mother

Note 17/20

Stay Tuned

Doc Olivier


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