⭐ 01 Octobre – Danger Danger sortait « Screw it!  » ⭐

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Le 1er octobre 1991, Danger Danger sort son deuxième album, Screw It!. Deux ans après un premier disque particulièrement remarqué, les New-Yorkais reviennent avec un album encore plus généreux, plus mélodique et surtout totalement décomplexé. En pleine explosion grunge, Danger Danger choisit de faire exactement l’inverse : monter le volume, sortir les gros refrains et continuer la fête.

Enregistré en partie aux Pays-Bas et produit par Erwin Musper, Screw It! repose sur une formation particulièrement efficace : Ted Poley au chant, Andy Timmons à la guitare, Bruno Ravel à la basse et Steve West à la batterie. Et avec le recul, impossible de parler de cet album sans souligner le travail d’Andy Timmons. Le guitariste possède déjà une technique impressionnante, mais surtout ce sens de la mélodie qui lui permettra ensuite de construire une remarquable carrière solo.

L’ouverture avec « Monkey Business » résume parfaitement le disque. Un riff accrocheur, un refrain énorme et une énergie communicative. Danger Danger ne cherche pas la subtilité : il veut immédiatement nous embarquer.

« Slipped Her The Big One » poursuit dans le même esprit avec des paroles qui ne gagneront certainement aucun prix de poésie, mais qui représentent parfaitement le Hard US de cette époque. Screw It! est rempli de sexe, de fêtes et d’humour potache. Il faut évidemment replacer le disque dans son contexte pour apprécier pleinement ce côté volontairement excessif.

Mais réduire l’album à cette dimension serait une erreur.

Avec « Beat The Bullet », Danger Danger tient l’un de ses meilleurs morceaux. Les guitares d’Andy Timmons brillent, Ted Poley trouve immédiatement le ton juste et le refrain possède cette efficacité mélodique qui faisait alors la force du groupe.

Et puis arrive « I Still Think About You ».

Voilà probablement l’un des sommets de Screw It!. Une power ballad parfaitement construite, sans sombrer dans le sirop, portée par un Ted Poley particulièrement convaincant. Dans le même registre plus mélodique, « Don’t Blame It On Love » démontre également que Danger Danger savait écrire de véritables chansons derrière l’image festive.

« Get Your Shit Together » remet ensuite les guitares au centre, tandis que « Crazy Nites » possède tout ce qu’il faut pour devenir un hymne de concert. « Everybody Wants Some » pousse encore plus loin le côté festif avant que « Don’t Walk Away » n’apporte une nouvelle respiration.

Et comment ne pas évoquer « Horny S.O.B. » ou le délirant « Yeah, You Want It! » ? On est ici en plein dans cette période où le Hard Rock américain n’avait peur ni du mauvais goût ni de l’excès. Cela peut sembler terriblement daté aujourd’hui… mais c’est également ce qui donne à l’album une partie de son charme.

Avec Screw It!, Danger Danger réalise probablement l’un des albums les plus représentatifs du Hard Rock mélodique américain du début des années 90.

Tout n’a pas aussi bien vieilli. Les textes sont parfois franchement adolescents et l’album aurait sans doute gagné à être légèrement resserré. Mais lorsque les chansons sont bonnes, elles sont vraiment bonnes.

Monkey Business, Beat The Bullet, I Still Think About You, Crazy Nites ou Don’t Walk Away possèdent toujours cette capacité à ramener instantanément l’auditeur au début des années 90.

Et puis il y a Andy Timmons. À lui seul, son travail de guitare justifie aujourd’hui encore de remettre ce disque sur la platine.

Quelques mois plus tard, Nevermind de Nirvana allait bouleverser l’industrie et rendre presque du jour au lendemain ce type de Hard Rock complètement ringard aux yeux des maisons de disques. Screw It! apparaît donc aujourd’hui comme l’une des dernières grandes fêtes avant que les lumières du Sunset Strip ne commencent à s’éteindre.

Chez Vinyles Times, on ne va surtout pas bouder notre plaisir : parfois, on n’a besoin ni de noirceur ni de révolution musicale.

Un gros riff, Andy Timmons qui fait parler la six-cordes, Ted Poley au micro et un refrain que l’on chante beaucoup trop fort suffisent largement.

Et pour ça, Screw It! reste un sacré bon souvenir. 

 

Stay Tuned

Doc Olivier


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