Il y a des groupes qui avancent tranquillement, loin des projecteurs, sans chercher à suivre les modes ni à réinventer le Hard Rock à chaque nouvel album. Hot Hell RooM fait partie de ceux-là. Et depuis sa création en région parisienne en 2003, la formation a su construire son univers, quelque part entre la puissance du Heavy Metal traditionnel et les mélodies du Hard Rock des années 80.
Les Français reviennent avec Blood Red Sand, leur cinquième album studio, sorti le 2 octobre 2026. Onze compositions qui confirment leur attachement à un Hard Rock solide, mélodique, parfois sombre, mais toujours porté par de vraies guitares.
Mais derrière ces références, il y a surtout un groupe français qui possède désormais suffisamment d’expérience pour savoir où il veut aller.
Dès « Soylent Green », les guitares donnent le ton. Le morceau avance sur une rythmique Heavy Rock bien affirmée, avec un refrain qui accroche et une voix qui trouve naturellement sa place dans ce mélange de puissance et de mélodie. Une entrée en matière convaincante qui annonce un album où les riffs vont occuper une place importante.
Le morceau-titre « Blood Red Sand » ralentit légèrement le tempo pour installer une atmosphère plus pesante. Les guitares se font épaisses, les ambiances plus sombres, et l’ensemble rappelle que Hot Hell RooM ne se limite pas à un Hard Rock immédiatement accessible. Le groupe sait également jouer sur les tensions et les contrastes.
Avec « Soldiers Of The Dunes », la formation retrouve davantage de nervosité. Les changements de rythme permettent d’éviter la monotonie et mettent en valeur un travail de composition qui ne se contente pas d’enchaîner les riffs.
Mais l’une des belles surprises de cet album reste « Eighties ». Et avec un titre pareil, difficile de cacher ses intentions ! On retrouve ici cette sensibilité Hard Rock mélodique des années 80, avec des guitares accrocheuses, des claviers discrets et un refrain plus lumineux. Les amateurs de Dokken et du Hard US devraient particulièrement apprécier.
« Secretly Falling » permet ensuite de découvrir une facette plus sensible du groupe. Le tempo devient plus posé, la basse prend davantage d’importance et la guitare privilégie l’émotion. Une respiration bienvenue qui démontre que Hot Hell RooM sait aussi convaincre sans systématiquement pousser les amplis.
Avec « Obedient » et « Addiction », le groupe remet les choses au clair. Les riffs retrouvent du mordant, la batterie impose une belle dynamique et l’ensemble renoue avec un Heavy Rock direct et énergique. Ces morceaux illustrent parfaitement l’équilibre recherché entre puissance et efficacité.
« Losing Your Crown » s’inscrit dans une approche plus lourde, tandis que « The World Legacy » et « Age Of Anxiety » prolongent cette alternance entre guitares massives et mélodies travaillées. Ce dernier titre possède notamment une belle énergie, avec des arrangements qui laissent suffisamment de place aux instruments pour respirer.
La production constitue également un véritable atout. Réalisée par Andrew Guillotin, puis masterisée à Los Angeles par Maor Appelbaum, elle donne aux guitares une belle présence sans écraser la voix ni les autres instruments. On retrouve cette sensation de groupe qui joue ensemble, avec un son suffisamment moderne pour être percutant, mais sans perdre l’esprit du Hard Rock traditionnel.
Ce qui plaît ici, c’est cette manière de naviguer entre plusieurs univers sans jamais perdre le fil. Le Heavy Metal apporte la puissance, le Hard Rock des années 80 fournit les mélodies et les passages plus atmosphériques donnent suffisamment de relief aux compositions.
Tout n’est pas forcément indispensable. Quelques morceaux auraient gagné à posséder des refrains encore plus marquants et certaines influences restent assez perceptibles. Mais l’ensemble possède une vraie cohérence, soutenue par une production solide et des musiciens qui connaissent parfaitement leur sujet.
Mention particulière à Loïc Malassagne, dont le chant contribue largement à l’identité du groupe, sans oublier le travail des guitares et une section rythmique particulièrement efficace.
Chez Vinyles Times, on retiendra surtout Soylent Green, Blood Red Sand, Eighties, Secretly Falling et Age Of Anxiety, qui illustrent parfaitement les différentes facettes de cet album.
On parle souvent de la richesse des scènes Hard Rock suédoise, allemande ou britannique. Pourtant, avec des groupes comme Hot Hell RooM, la France démontre qu’elle possède elle aussi de sérieux arguments.
Blood Red Sand ne révolutionnera peut-être pas le genre, mais il rappelle une chose essentielle : un bon riff, une vraie mélodie et des musiciens qui jouent avec conviction, cela reste une excellente recette.
Et celle-là, Hot Hell RooM la maîtrise plutôt bien ! 🤘
Découvrir l’album:
01. Soylent Green (4:24)
02. Blood Red Sand (3:58)
03. Soldiers Of The Dunes (4:00)
04. Eighties (4:09)
05. Secretly Falling (3:10)
06. Obedient (5:20)
07. Addiction (3:54)
08. Losing Your Crown (4:03)
09. The World Legacy (3:07)
10. Age Of Anxiety (3:27)
11. Epitaph (Outro) (2:18)
À écouter en priorité : Soylent Green • Blood Red Sand • Eighties • Secretly Falling • Age Of Anxiety
Label: M&O Music
Note 17/20
Stay Tuned
Doc Olivier



