The Manticora Tapes nâest pas un nouvel album de Motörhead, câest le tĂ©moignage restaurĂ© et correctement produit des dĂ©buts du trio aux fameux Manticore studios de Fulhma, les studios dâEmerson, Lake & Palmer.
Autant dire que câest une piĂšce de musĂ©e, un monument indispensable aux fans de Motörhead qui leur est offert.
On y retrouve des morceaux présents sur les albums On parole et Motörhead, mais dans des variantes inconnues, souvent moins épaisses, plus brutes, plus rock.
Certaines de ces versions alternatives avaient déjà été publiées de maniÚre erratique en bonus sur des CD, mais pas avec ce nouveau son.
Les connaisseurs des Britanniques ne seront pas dĂ©paysĂ©s. Ils seront mĂȘme amusĂ©s dâentendre Lemmy parlĂ© Ă la fin du psychĂ©dĂ©lique « Help Keep Us on the Road » ou au dĂ©but de lâinstrumental « Intro » (dans une version diffĂ©rente de celle remasterisĂ©e en 2001).
Ils apprécieront aussi la version instrumentale de « Iron Horse / Born to Lose » pleine de feeling, les longues digressions de « The Watcher », une reprise de Hawkwind, présente dans deux interprétations différentes, la version hallucinée de « Motörhead » qui semble avoir été prise live tant le chant de Lemmy est direct et le solo de « Fast » Eddie Clarke un peu englué lors des premiÚres notes.
Le son, restaurĂ©, est superbe et ne donne absolument pas lâimpression dâĂ©couter une cassette de lâĂ©poque. Cela changera des enregistrements que nous nous Ă©changions sous le manteauâŠ
La production est dynamique, claire, précise, ce qui donne une coloration nouvelle à ce groupe mythique.
La technologie contemporaine permet dâoffrir une vision plus blues des Britanniques, sans laisser de cĂŽtĂ© leur Ă©nergie punk ancrĂ©e dans un titre comme « Vibrator ».âš
Pour les curieux qui ne connaissent pas bien le groupe, cette compilation va leur ouvrir les yeux sur les différentes influences du groupe, à commencer par le blues grùce à cette furieuse version de « Witch Doctor » de John Mayall & the Blues Breakers sans le chant de Lemmy.
Ce nâest Ă©videmment pas la mĂȘme version que celle sortie en 2001 sur lâalbum Motörhead remasterisĂ© qui, elle, Ă©tait chantĂ©e. Le solo aussi est diffĂ©rent. Toutes ces versions sont aussi divergentes de ce que lâon peut entendre sur le coffret 40th Anniversary sorti sur Chiswick/Ace Records en 2017.
Le travail a donc Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© Ă partir des bandes de lâĂ©poque. Du moins, peut-on lâespĂ©rer.âšEn réécoutant les diffĂ©rents versions, on saisit mieux le travail Ă©norme rĂ©alisĂ© pour cette nouvelle sortie.
On peut dâailleurs se demander si cela ne modifie pas la mythologie de Motörhead tant les morceaux ont Ă©tĂ© lissĂ©s, Ă©purĂ©s, dĂ©graissĂ©s.âš
VĂ©ritable remontĂ©e dans le temps, The Manticore Tapes sort en plusieurs versions, dont un coffret agrĂ©mentĂ© dâun concert : Blitzkrieg On Birmingham ’77, dĂ©jĂ paru en 1989, mais dont le son a aussi Ă©tĂ© rafraichi.
PiĂšce indispensable ou trahison du son de lâĂ©poque, les amateurs trancheront. Mais il faut sâattendre Ă ce que dâautres groupes voient leur histoire chamboulĂ©e par la technologie.
@ Denis Labbé
1. Intro (Instrumental)
2. Leavinâ Here
3. Vibrator
4. Help Keep Us on the Road
5. The Watcher
6. Motörhead
7. Witch Doctor (Instrumental)
8. Iron Horse / Born to Lose (Instrumental)
9. Leavinâ Here (Alternate Take)
10. Vibrator (Alternate Take)
11. The Watcher (Alternate Take)

