
1. Death Tone
2. Metal Daze
3. Fast Taker
4. Shell Shock
5. Manowar
6. Dark Avenger
7. William’s Tale
8. Battle Hymn
Lorsque déboule Battle Hymns, le premier opus de Manowar, le groupe semble sorti de nulle part.
Pourtant, il est le fruit dâun travail acharnĂ© des deux fondateurs : le bassiste Joey DeMaio, qui fut technicien pour Black Sabbath, et le guitariste Ross-the-Boss, ancien membre des proto-punks The Dictators et des Français de Shakinâ Street qui ouvraient pour Black Sabbath sur une tournĂ©e amĂ©ricaine.
Epaulés par le chanteur Eric Adams, ancien camarade de classe de Joey et Donnie Hamzik à la batterie, ils enregistrent les huit titres composant cet album aux Criteria Studios de Miami.
Si le son est un peu cru et manque dâĂ©paisseur, notamment pour la batterie, il installe un groupe dĂ©jĂ sĂ»r de son fait comme en atteste lâouverture « Death Tone » qui dĂ©marre par des vrombissements de motos.
Ce mid-tempo au riff tournoyant sâappuie une basse alerte, dont lâutilisation originale annonce le son Manowar. A cela sâajoute la voix puissante dâEric Adams qui sait aussi bien monter dans les aigus quâassĂ©ner des couplets ravageurs.
Pourtant, câest avec la dĂ©flagration « Metal Daze » que le groupe nous montre tout son potentiel. Epais, racĂ©, construit sur un groove imparable et des ponts Ă©tonnants, ce titre pose les bases de la carriĂšre du groupe. Le duo basse/guitare est dâune rare efficacitĂ©, tandis que les chĆurs enfantins et agressifs sur le refrain Ă©voquent un Alice Cooper dopĂ© aux hormones.
On peut faire un constat similaire avec lâhymne « Manowar » qui prouve que les AmĂ©ricains sont capables de construire de vĂ©ritables chansons. Mais avec eux, câest une dĂ©ferlante quâon prend en pleine figure : basse vrombissante, riffs assassins, chant furieux et chĆurs Ă©voquant une armĂ©e fondant sur lâennemi.
Avec « Fast Taker », on perçoit lâinfluence de Ross-The-Boss qui se fend dâun rock survitaminĂ© qui nâest pas sans rappeler ce quâil faisait dĂ©jĂ avec The Dictators.
Assez direct et dâune construction simple, ce morceau permet au guitariste de nous prouver tout son talent lors dâun solo Ă la fois technique et plein de feeling.
Cette petite pĂ©pite rend plus fade encore « Shell Shock » qui est, sans conteste, le point faible de cet album. Lent, presque engluĂ© dans un riff qui hĂ©site entre tout Ă©craser sur son passage et jouer avec des ambiances angoissantes, ce titre manque sa cible, en raison dâune production sans doute trop lĂ©gĂšre.
Mais tout cela est rattrapĂ© par les deux piĂšces maĂźtresses que sont « Dark Avenger », magnifiĂ© par la voix inimitable dâOrson Welles et « Battle Hymn » qui clĂŽt les dĂ©bats.
BasĂ©es sur des atmosphĂšres guerriĂšres, ces chansons dĂ©veloppent lâunivers Ă©pique de Manowar avec un rĂ©el talent.
Il suffit de se passer la premiĂšre pour Ă©prouver des frissons tant le cĂŽtĂ© cinĂ©matographique est perceptible, surtout lorsque le tempo sâaccĂ©lĂšre, permettant Ă Eric Singer de se lĂącher de maniĂšre quasi hystĂ©rique.
Aussi Ă©pique, « Battle Hymn » fait souffler un vent guerrier sur prĂšs de 7 minutes, en faisant dĂ©couvrir les multiples facettes dâun groupe en pleine construction. Cerise sur le gĂąteau, Joey DeMaio nous prouve sa technique en reprenant « Williamâs Tale » de Rossini Ă la basse, offrant Ă cet instrument, souvent le parent pauvre du rock, une visibilitĂ© mĂ©ritĂ©e.
Il sâensuivra une courte tournĂ©e europĂ©enne qui verra Donnie Hamzik jeter lâĂ©ponge pour ĂȘtre remplacĂ© par Scott Columbus.
Une nouvelle version de lâalbum sera enregistrĂ©e en 2010 avec les mĂȘmes musiciens, mais Christopher Lee Ă la narration de « Dark Avenger ».
@Denis Labbé

