
1. Hit the Lights
2. The Four Horsemen
3. Motorbreath
4. Jump in the Fire
5. (Anesthesia)âPulling Teeth
6. Whiplash
7. Phantom Lord
8. No Remorse
9. Seek & Destroy       Â
10. Metal Militia
Label: Megaforce / Music For Nation
RepĂ©rĂ© par le label Megaforce grĂące Ă sa dĂ©mo « No Life ’til Leather », Metallica entre en studio Ă Rochester avec le producteur Paul Curco pour enregistrer ce premier album.
InfluencĂ© par la New Wave Of British Heavy Metal quâadmire le batteur Lars Ulrich et par les diffĂ©rents groupes dont proviennent les musiciens qui forment alors Metallica, ce premier opus provoque une vraie dĂ©flagration dans le monde du metal.
Cet album propose une musique rapide que lâon appelle encore speed metal, le terme thrash nâapparaĂźtra quâen fĂ©vrier 1984 sous la plume de Malcolm Dome, un journaliste du magazine Kerrang, en rĂ©fĂ©rence au premier album dâAnthrax.
« Hit the Lights », le premier morceau, dĂ©jĂ apparu sur la compilation Metal Massacre, mais avec un line-up bien diffĂ©rent, allie riffs ultra rapides, voix dĂ©chirĂ©e et batterie Ă©pileptique, pour une revisite dĂ©jantĂ©e de ce que Tygers of Pan Tang jouait Ă lâĂ©poque, avec une Ă©nergie punk que lâon retrouve Ă©galement dans le furieux « Motorbreath », pas exempt dâimperfections, mais tellement frais et enjouĂ©, avec sa batterie Ă contre-temps et ses riffs tourbillonnants, que tout cela ne se remarque quâĂ peine.
Plus consistant, mais toujours aussi rapide, « Whiplash » joue sur une rĂ©pĂ©tition du mĂȘme motif que lâon retrouve dĂ©jĂ dans des titres Motörhead, nous montrant toutes les influences de la paire Ulrich et Hetfield.
(Il est Ă noter que le groupe britannique fera une reprise de ce titre en 2005 pour lâanthologie Metallic Attack: The Ultimate Tribute).
LâAngleterre est omniprĂ©sente sur ce premier album, notamment grĂące aux penchants du groupe pour le punk, comme câest Ă©vident sur « No Remorse », un cri que lâon retrouve dâailleurs chez pas mal de formations du genre.
Le riff simple, le changement de rythme avant le refrain et ce chant hurlĂ© sont caractĂ©ristiques du genre jusquâĂ lâemballement final. « Metal Militia », le final de cet opus, est aussi fortement ancrĂ© dans le punk avec ce chant Ă la limite de la justesse, cet Ă©cho un peu maladroit et ce refrain simpliste qui claque comme des coups de fouet.
La basse, que lâon entend assez peu sur le mixage dâorigine, est nĂ©anmoins au premier plan sur ce morceau propulsĂ© par un riff tourbillonnant. Elle trouve toute sa place sur lâinstrumental « (Anesthesia)âPulling Teeth » entiĂšrement jouĂ© par Cliff Burton.
A y regarder de prĂšs, une Ă©vidence sâimpose. Les titres les plus complexes et les mieux construits, sont tous co-signĂ©s par Dave Mustaine, remplacĂ© avant cet album par un Kirk Hammett qui allie les soli ultra rapides et parfois un peu rĂ©pĂ©titifs dâun morceau Ă lâautre.
Mais sa fougue et sa justesse technique gomment tout cela. La patte Mustaine est ainsi prĂ©sente sur lâabouti « The Four Horsemen », ralenti par rapport Ă la version « The Mechanix » que proposera son groupe Megadeth par la suite.
Lâinfluence du heavy metal amĂ©ricain est prĂ©sente, notamment dans son caractĂšre Ă©pique et un sens du groove des riffs.
Dans le mĂȘme style, « Jump in the Fire » est basĂ© sur un tempo mĂ©dium qui Ă©voque Iron Maiden, mais avec un riff groovy trĂšs amĂ©ricain.
DĂ©jĂ prĂ©sent sur leur dĂ©mo de 1982, câest lâun des plus vieux morceaux composĂ©s par le groupe. Il paraĂźtra sur un EP trois titres avec « Seek & Destroy » et « Phantom Lord ».
Ce dernier, co-écrit aussi par Mustaine, emprunte sa folie à un groupe tel que Raven, tout en étant structuré comme une composition de Diamond Head, nous montrant bien que le groupe se cherche encore.
Cela est criant sur « Seek & Destroy », un des morceaux emblĂ©matiques de ce premier album qui doit autant Ă Saxon quâĂ Diamond Head, avec ce chant hurlĂ© et ces riff qui donnent envie de secouer la tĂȘte en cadence.
A la surprise de beaucoup, lâalbum entre dans les classements de nombreux pays et dĂ©passe les trois millions de ventes rien quâaux Etats-Unis.
Plusieurs versions remasterisĂ©es sortent par la suite. En 1988, les reprises de Diamond Head « Am I Evil ? » et Blitzkrieg « Blitzkrieg » complĂštent lâalbum.
En 2016 paraĂźt une Delux edition de six CD, ajoutant Ă la version de 1988, lâEP « Jump in the Fire », un live Ă lâEspace Balard en 1984, un CD de rough mix et deux autres concerts. Un coffret Ă possĂ©der absolument.
@Denis Labbé

