
- Artiste : Deep Purple
- Album :Splat!
- Label :earMUSIC
- Genre : Hard Rock
Il est fascinant de constater que, près de soixante ans après leur naissance, Deep Purple continue non seulement d’exister, mais surtout de créer avec une envie que beaucoup de groupes bien plus jeunes pourraient leur envier.
Alors que nombre de leurs contemporains vivent essentiellement sur leur prestigieux catalogue, Ian Gillan, Ian Paice, Roger Glover, Don Airey et Simon McBride regardent résolument vers l’avenir.
Après l’excellent =1 en 2024, qui marquait l’arrivée discographique du guitariste Simon McBride, SPLAT! confirme que cette nouvelle incarnation de Deep Purple n’est pas une simple prolongation de l’histoire du groupe, mais une véritable renaissance artistique.
Une fois encore produit par Bob Ezrin, ce vingt-quatrième album studio affiche une ambition claire : retrouver l’esprit libre, spontané et rugueux qui animait les grandes années de Deep Purple, sans tomber dans l’exercice nostalgique.
Dès « Arrogant Boy », le groupe frappe fort. Porté par un riff mordant et une énergie communicative, le morceau rappelle que Deep Purple sait encore écrire des titres directs et efficaces. Simon McBride y apporte une fraîcheur remarquable, sans jamais chercher à imiter Ritchie Blackmore ou Steve Morse. Son jeu est nerveux, précis et résolument personnel.
L’atmosphère devient plus sombre avec « Diablo », l’un des morceaux les plus heavy de l’album. Les guitares y dialoguent avec le Hammond inimitable de Don Airey dans une démonstration de ce qui fait encore aujourd’hui la signature sonore de Deep Purple. Le groupe joue ensemble, avec une complicité qui saute immédiatement aux oreilles.
Plus loin, « The Rider » et « The Lunatic » démontrent que Deep Purple n’a rien perdu de son goût pour les compositions narratives. Ian Gillan, désormais loin des aigus vertigineux de sa jeunesse, privilégie l’interprétation et l’émotion. Son chant a gagné en profondeur ce qu’il a naturellement perdu en puissance brute, donnant aux textes une dimension presque théâtrale.
L’un des sommets de l’album est sans doute « The Only Horse In Town », morceau où l’on retrouve tout le sens du groove du groupe. Roger Glover et Ian Paice forment une section rythmique impériale tandis que Don Airey illumine le morceau avec un Hammond omniprésent mais jamais envahissant.
Avec « Sacred Land », Deep Purple ralentit légèrement le tempo pour offrir un titre plus atmosphérique, avant de repartir de plus belle sur « The Beating Of Wings », où les échanges entre guitare et clavier rappellent les grandes heures du groupe.
Impossible de passer sous silence « Guilt Trippin' », troisième single extrait de l’album. Son refrain accrocheur et son riff incisif en font l’un des morceaux les plus immédiats du disque, tandis que « Scriblin’ Gib’rish » laisse Ian Gillan exprimer, avec son humour habituel, son agacement face aux absurdités du monde numérique moderne.L’album réserve également une parenthèse plus légère avec « Jessica’s Bra », preuve que Deep Purple n’a jamais perdu son sens de l’autodérision.
Enfin, « Third Call », « My New Movie » et surtout le morceau-titre « SPLAT! » concluent l’album sur une note ambitieuse. Derrière ce titre volontairement étrange se cache une réflexion sur la transformation plutôt que sur la destruction, un concept imaginé par Ian Gillan qui traverse l’ensemble du disque.
Ce qui impressionne le plus reste toutefois la cohésion du groupe. Ian Paice continue d’offrir une leçon de groove derrière ses fûts, Roger Glover demeure le socle mélodique de Deep Purple, Don Airey reste l’un des plus grands claviéristes du rock, tandis que Simon McBride s’impose définitivement comme bien plus qu’un remplaçant.
Son intégration semble aujourd’hui totale et son apport redonne une énergie nouvelle à cette formation historique.
SPLAT! ne cherche pas à rivaliser avec Machine Head, Burn ou Perfect Strangers. Il affirme simplement qu’en 2026, Deep Purple est toujours capable d’écrire un grand album de hard rock.
Plus lourd que son prédécesseur, plus direct et particulièrement inspiré, il confirme que cette fin de carrière ressemble davantage à un nouvel âge d’or qu’à un lent crépuscule.
Peu de groupes peuvent se permettre de sortir un vingt-quatrième album studio avec une telle fraîcheur. SPLAT! est la preuve éclatante que Deep Purple reste une force créative majeure du rock mondial.
Un album inspiré, puissant et remarquablement interprété, qui démontre que les légendes continuent d’écrire leur histoire… au présent.
Les Titres:
- Arrogant Boy
- Diablo
- The Rider
- The Lunatic
- The Only Horse In Town
- Sacred Land
- The Beating Of Wings
- Guilt Trippin’
- Scriblin’ Gib’rish
- Jessica’s Bra
- Third Call
- My New Movie
- Splat!
Note 18/20
Stay Tuned
Doc Olivier
