👉 [Chronique] – Judas Priest – Ram It Down (1988) par Le Doc.

4.8
(39)
Tracklist
1. Ram It Down (4:49)
2. Heavy Metal (5:58)
3. Love Zone (3:58)
4. Come And Get It (4:07)
5. Hard As Iron (4:08)
6. Blood Red Skies (7:51)
7. I’m A Rocker (3:58)
8. Johnny B. Goode (4:39)
9. Love You To Death (4:36)
10. Monsters Of Rock (5:31)


Line-up/Musicians
– Rob Halford / vocals
– K.K. Downing / guitar
– Glenn Tipton / guitar
– Ian Hill / bass
– Dave Holland / drums

Quand Ram It Down sort en 1988, Judas Priest traverse une période particulière de sa carrière. Le groupe vient du succès massif de Turbo, album plus mélodique et synthétique qui avait divisé une partie des fans historiques.

Avec Ram It Down, Priest tente alors de rééquilibrer les choses : remettre de la puissance, accélérer le tempo et retrouver une agressivité plus métallique… tout en conservant certaines traces de l’ère plus “commerciale” des années 80.


Et c’est précisément ce mélange qui rend cet album aussi fascinant aujourd’hui.


Dès le morceau-titre “Ram It Down”, le ton est clair : double grosse caisse, riffs rapides, chant survolté de Rob Halford. Le groupe veut montrer qu’il peut encore jouer vite et fort. Derrière cette énergie presque rageuse, on sent un Priest qui prépare déjà le terrain pour Painkiller.

Ce n’est pas encore totalement ce monstre de puissance qui arrivera deux ans plus tard, mais les fondations sont là.


L’un des grands moments du disque reste “Hard As Iron”. Véritable bombe heavy metal, le morceau combine vélocité, refrains massifs et un duel de guitares incandescent entre Glenn Tipton et K.K. Downing.

Halford, lui, est impressionnant de maîtrise, capable de monter dans des aigus presque irréels sans perdre l’agressivité du morceau.


Autre titre marquant : “Blood Red Skies”. Et là, changement d’ambiance. Judas Priest livre une pièce sombre, presque futuriste, portée par des nappes synthétiques inquiétantes et une montée émotionnelle superbe.

Ce morceau possède quelque chose d’unique dans la discographie du groupe : une atmosphère froide et apocalyptique qui fonctionne encore incroyablement bien aujourd’hui. Beaucoup le considèrent d’ailleurs comme l’un des titres sous-estimés de l’ère 80 du groupe.


L’album contient aussi ses excès typiques de la fin des années 80. Certains morceaux paraissent plus inégaux ou datés, notamment dans les arrangements très marqués par l’époque.

Quant à la reprise de “Johnny B. Goode”, elle reste probablement l’un des choix les plus discutés de la carrière du groupe. Énergique, certes, mais loin d’être indispensable.


Mais réduire Ram It Down à ses défauts serait une erreur. Derrière sa production parfois froide et son identité hybride se cache un album charnière. Judas Priest y retrouve progressivement son instinct métallique après les expérimentations plus accessibles de Turbo.

On entend déjà la machine se remettre en marche.
Et surtout, il y a cette sensation permanente de tension, comme si le groupe cherchait à se prouver quelque chose.

Cette envie de redevenir plus dangereux, plus rapide, plus heavy. Deux ans plus tard, Painkiller explosera tout sur son passage. Mais sans Ram It Down, cette renaissance n’aurait probablement jamais eu la même force.

Avec le recul, cet album mérite largement d’être réévalué. Peut-être imparfait, parfois contradictoire… mais profondément sincère et bourré de moments de pur heavy metal.

La note du Doc: 16/20.

Stay Tuned

Doc Olivier


How useful was this post?

Click on a star to rate it!

Average rating 4.8 / 5. Vote count: 39

No votes so far! Be the first to rate this post.