Chroniquer cet album de Magnum quelques jours seulement aprĂšs lâannonce du dĂ©cĂšs de Tony Clarkin, guitariste et membre fondateur du groupe, prend une tournure vraiment particuliĂšre.
En plus de cinquante ans de carriĂšre et vingt-neuf albums studio, Magnum nous a rarement déçus et nous a bien souvent enchantĂ©s avec son mĂ©lange de hard rock, de rock progressif et dâAOR. Here Comes The Rain ne dĂ©roge pas Ă la rĂšgle en nous offrant dix compositions ciselĂ©es Ă la perfection, sur lesquelles la voix de Bob Catley, toujours aussi jeune, dĂ©veloppe des mĂ©lodies envoĂ»tantes : le poignant « Broken City », pendant que les guitares de Tony Clarkin nous cueillent avec talent.

âHere Comes The Rainâ
âSome Kind Of Treacheryâ
âAfter The Silenceâ
âBlue Tangoâ
âThe Day He Liedâ
âThe Seventh Darknessâ
âBroken Cityâ
âI Wanna Liveâ
âBorderlineâ-
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Comme souvent avec Magnum, ce nouvel opus est un tout, dont il est difficile de retirer un ou deux morceaux, tant ils sont liĂ©s les uns aux autres. MalgrĂ© tout, « Blue Tango » est certainement lâune des chansons les plus emblĂ©matiques avec son rythme soutenu, son orgue qui Ă©voque Deep Purple et son refrain fĂ©dĂ©rateur.
Un des meilleurs titres jamais Ă©crits par Magnum. Cet orgue se retrouve sur lâautre single « The Seventh Darkness » qui est appuyĂ© par une section de cuivres et un saxophone du plus bel effet. AprĂšs un demi-siĂšcle, Magnum parvient encore Ă nous Ă©mouvoir et Ă innover.
Il nous prend dâailleurs aux tripes dĂšs lâexcellent « Run Into The Shadows » aux nombreux changements de rythmes, mais qui demeure toujours accessible, comme câest le cas depuis les dĂ©buts du groupe.
Cette accessibilitĂ© se traduit dâailleurs par la prĂ©sence de chansons que lâon a envie de reprendre avec le groupe : « After The Silence », le final « Borderline » qui clĂŽt lâalbum sur un piano mĂ©lancolique ou le celtique « The Day He Lied » avec sa mĂ©lodie bouleversante.
En complĂ©ment de ces morceaux plutĂŽt directs, Magnum dĂ©veloppe des titres plus progressifs, comme « I Wanna Live » sur lequel le clavier est Ă lâunisson du chant, pendant que la basse se taille la part du lion ou encore le fin « Some Kind Of Treachery » habillĂ© par des cordes qui nous entraĂźne dans sa ronde.
Here Comes The Rain est une merveille dâintelligence musicale, coincĂ©e entre Deep Purple et Rush, comme le prouve son morceau Ă©ponyme, parfait emblĂšme dâun groupe qui nâa jamais failli et dâun compositeur de grand talent que nous allons regretter.
@ Denis Labbé

