[Interview] Last Ride reçoit Robert Ernlund et Anders Wikström du Groupe TREAT au Sweden Rock Festival 2026.

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VINYLESTIMES : Nous sommes au Sweden Rock et, pour un groupe suédois comme Treat, jouer ici possède forcément une saveur particulière. Après toutes vos apparitions au festival et plus de quarante ans d’histoire, est-ce que monter sur une scène du Sweden Rock provoque encore quelque chose de spécial chez vous ?


ANDERS : Absolument. Sweden Rock est devenu une institution et, pour nous, c’est vraiment particulier. Nous sommes suédois, évidemment, et lorsque tu regardes le public, tu vois des gens qui suivent Treat depuis les années 80, mais également beaucoup de personnes qui ont découvert le groupe bien plus tard. C’est presque comme une grande réunion de famille… mais une famille avec beaucoup de guitares et de bière ! [rires]


ROBERT : Et tu ressens cette énergie dès que tu montes sur scène. Il y a forcément une émotion supplémentaire ici. Tu regardes tout ce chemin parcouru et tu réalises que nous sommes toujours là, avec des gens devant nous qui connaissent les chansons. Après plus de quarante ans, pouvoir encore vivre ça est quelque chose que nous ne considérons jamais comme acquis.

VINYLESTIMES : Votre dernier album, The Wild Card, est sorti fin 2025. Avec quelques mois de recul et maintenant que ces chansons ont commencé à vivre auprès du public, quel regard portez-vous sur cet album ? Est-ce exactement le disque que vous vouliez réaliser à ce moment de votre carrière ?


ANDERS : Oui, je pense que c’est vraiment l’album que nous devions faire. Lorsque tu as autant d’années derrière toi, tu n’as plus besoin de prouver que tu peux jouer vite ou écrire quelque chose de compliqué. Ce qui compte, ce sont les chansons. Nous voulions un disque très mélodique, puissant, avec de gros refrains et des guitares, mais également quelque chose qui sonne comme Treat aujourd’hui.


ROBERT :Et je pense qu’il y a beaucoup d’émotion dans cet album. Quand tu sais que tu es arrivé à un certain moment de ta carrière, tu interprètes forcément certaines chansons différemment. Tu ne chantes plus exactement comme lorsque tu avais vingt-cinq ans.Et ce n’est pas seulement une question de voix. C’est une question d’expérience.

VINYLESTIMES : The Wild Card possède tout ce que l’on aime chez Treat — les mélodies, les énormes refrains, les guitares — mais il sonne également actuel. Anders, après autant d’albums, comment arrives-tu encore à écrire des morceaux immédiatement reconnaissables comme du Treat sans reproduire Dreamhunter, Organized Crime ou Coup de Grace ? Robert, ta manière d’aborder les mélodies et ta voix a-t-elle également évolué ?


ANDERS :
C’est probablement l’un des plus grands défis. Tu dois accepter ton identité. Si j’écris certains accords ou certaines mélodies, cela va naturellement ressembler à Treat parce que c’est ma manière d’écrire. Mais je ne veux jamais me dire : « Faisons un nouveau Dreamhunter. » Nous avons déjà fait Dreamhunter. Nous avons déjà fait Coup de Grace. Le défi est de conserver cet ADN tout en écrivant une chanson que nous avons envie d’entendre aujourd’hui.


ROBERT :
Pour moi, c’est pareil avec la voix. Je ne vais pas essayer de chanter exactement comme en 1987. Ce serait absurde. Je connais beaucoup mieux ma voix aujourd’hui. Je sais comment transmettre une émotion différemment et, lorsque Anders arrive avec une mélodie, nous essayons de trouver la meilleure manière de la faire vivre.

VINYLESTIMES : Il y a un morceau particulièrement symbolique sur l’album : “1985”. Cette année nous ramène directement aux débuts de Treat et à Scratch and Bite. Quarante ans plus tard, lorsque vous regardez les jeunes Anders et Robert de cette époque, que leur diriez-vous ? Imaginiez-vous vraiment que Treat serait encore là en 2026, au Sweden Rock ?


ROBERT : Certainement pas ! [rires]

En 1985, nous voulions simplement faire le meilleur album possible, partir en tournée et devenir le plus grand groupe du monde. Comme tous les jeunes groupes ! Nous ne pensions certainement pas à ce que nous ferions quarante ans plus tard.


ANDERS : C’est justement ce qui rend cette chanson particulière. “1985” n’est pas seulement une date. C’est une période de notre vie où tout semblait possible. Nous étions jeunes, extrêmement ambitieux et probablement un peu inconscients. [rires]

Quand tu regardes aujourd’hui tout ce qui s’est passé  les albums, les séparations, le retour du groupe, les concerts c’est assez incroyable.

Si je pouvais parler au Anders de 1985, je lui dirais probablement : « Profite davantage de chaque moment. Tout va passer beaucoup plus vite que tu ne l’imagines. »

VINYLESTIMES : Vous avez connu ensemble les années 80, la séparation, puis cette incroyable seconde vie de Treat. Coup de Grace est même devenu pour beaucoup de fans l’un des albums majeurs du groupe. Est-ce que cette deuxième partie de carrière a finalement dépassé vos espérances ?


ANDERS :Complètement.Lorsque Treat est revenu, nous ne savions pas vraiment jusqu’où cela pourrait aller. Et puis Coup de Grace a changé beaucoup de choses. Nous avons vu des fans historiques revenir, mais également une nouvelle génération découvrir Treat. C’est probablement l’une des plus grandes satisfactions de notre carrière.


ROBERT :C’est presque comme avoir eu deux carrières avec le même groupe. Nous avons les souvenirs des années 80, mais nous avons aussi créé énormément de nouveaux souvenirs depuis notre retour. Et surtout, nous n’avons pas simplement vécu sur les anciennes chansons. Nous avons continué à enregistrer des albums dont nous sommes fiers. C’était essentiel pour nous.

VINYLESTIMES : On a beaucoup parlé de The Wild Card et de cette tournée comme pouvant représenter le dernier chapitre de Treat. Est-ce réellement la fin ? Est-ce une décision définitive ou préférez-vous simplement profiter de chaque concert sans savoir ce que l’avenir vous réserve ?


ROBERT : Je pense qu’à un certain moment il faut être réaliste. Nous avons fait cela pendant très longtemps et nous voulons pouvoir décider nous-mêmes quand et comment terminer cette histoire. Nous ne voulons pas attendre le moment où quelqu’un nous dira : « Peut-être que vous auriez dû arrêter il y a cinq ans. » [rires]


ANDERS :Mais avec Treat, j’ai appris à ne jamais dire jamais. Nous nous sommes déjà arrêtés une fois et nous sommes revenus ! Donc aujourd’hui, l’idée est surtout de profiter de chaque concert. Si c’est le dernier chapitre, nous voulons qu’il soit formidable.Mais personne ne sait vraiment ce qui peut arriver dans quelques années.

VINYLESTIMES : Cette année, vous avez également annoncé votre Farewell Japan Tour – “Out With A Bang”, présentée comme la dernière tournée de Treat au Japon. Le Japon a toujours entretenu une relation très forte avec le hard rock mélodique scandinave et avec Treat en particulier.Pourquoi penses-tu que cette connexion entre Treat et le public japonais est restée aussi forte pendant toutes ces années ?Et lorsque vous savez que vous montez peut-être sur une scène japonaise pour la dernière fois, est-ce que cela change émotionnellement votre manière d’aborder ces concerts ?


ANDERS :Le Japon a toujours été un territoire très particulier pour Treat. Dès les premières années, nous avons ressenti là-bas une véritable passion pour ce type de musique.Les fans japonais connaissent les albums, les chansons, les musiciens… parfois ils connaissent même des choses sur Treat que nous avons nous-mêmes oubliées ! [rires]

Et cette fidélité est quelque chose d’assez extraordinaire. Même pendant les périodes où Treat était moins actif, nous avons toujours senti qu’il existait un public au Japon qui continuait à suivre le groupe.

Alors forcément, lorsque tu commences à parler d’une dernière tournée japonaise, les choses prennent une autre dimension. Tu réalises que certains fans nous suivent depuis plusieurs décennies et que cela pourrait être la dernière occasion de partager ces chansons avec eux.


ROBERT :C’est très émotionnel. Le public japonais possède également une manière particulière de vivre les concerts. Il écoute énormément, il connaît les chansons et tu ressens vraiment le respect qu’il porte au groupe et à son histoire.

Lorsque tu as vécu autant de choses avec un pays et avec son public, tu ne peux pas considérer ces concerts comme de simples dates supplémentaires dans une tournée.

Si ce sont réellement nos derniers concerts au Japon, alors nous voulons que les gens repartent en se disant : « Voilà comment je voulais me souvenir de Treat. »Et pour nous aussi, ce sera probablement difficile lorsque nous quitterons la scène pour la dernière fois.

Parce qu’à ce moment-là, tu ne quittes pas simplement une salle de concert. Tu refermes plus de quarante ans d’histoire entre Treat et le Japon.

VINYLESTIMES : Il y a quelque chose que les fans français ont beaucoup de mal à comprendre. Malgré plus de quarante ans de carrière, Treat n’a pratiquement jamais eu l’occasion de venir réellement jouer en France. Pourquoi ? Un problème de promoteurs ? D’opportunités ? Et si cette tournée doit être la dernière, peut-on encore espérer voir enfin Treat sur une scène française ?


ANDERS : C’est une excellente question… et je n’ai probablement pas de bonne réponse ! [rires]

Ce n’est certainement pas parce que nous ne voulons pas jouer en France. Beaucoup de choses dépendent des promoteurs, des agents, des tournées et des opportunités. Certains pays ont historiquement été plus faciles pour Treat parce que nous avions déjà un public ou des partenaires sur place. Mais la France est effectivement un endroit où nous aurions aimé jouer davantage.


ROBERT :Nous recevons des messages de fans français qui nous demandent exactement la même chose ! Alors oui, bien sûr que nous aimerions venir. Et si nous parlons réellement des derniers concerts de Treat, ce serait encore plus dommage de terminer sans avoir enfin donné au public français la possibilité de voir le groupe.

Donc… il faut peut-être trouver quelqu’un pour nous inviter ! [rires]

VINYLESTIMES : Je vais donc terminer avec une invitation très simple au nom de Vinylestimes et des fans français. Vous avez joué en Suède, en Allemagne, en Angleterre, au Japon et dans beaucoup d’autres endroits.

Il reste donc une dette à régler avec la France ! [rires]

Qu’est-ce qu’il faudrait pour que Treat vienne enfin jouer chez nous avant de refermer cette histoire ? Et si un promoteur français lit cette interview, quel message aimeriez-vous lui envoyer ?


ROBERT :Appelez-nous ! [rires]Sérieusement, nous aimerions vraiment le faire. La France possède une énorme culture rock et nous savons qu’il existe des fans de Treat là-bas. Alors pourquoi pas ?


ANDERS :Exactement.Il faut simplement que les bonnes personnes se parlent et que l’occasion soit possible.Nous sommes toujours un groupe qui aime monter sur scène. Tant que Treat existe et que nous sommes capables de donner un concert dont nous sommes fiers, nous sommes ouverts aux propositions.

Donc si quelqu’un en France nous écoute : invitez Treat !

VINYLESTIMES : Donc si demain matin votre téléphone sonne et qu’un promoteur vous propose un concert de Treat à Paris, la réponse est oui ?

ROBERT : Oui ! [rires]

ANDERS : On regarde la date d’abord !

ROBERT : Non, non… tu as dit oui maintenant ! [rires]

ANDERS : D’accord… alors Paris, nous voilà ! [rires]


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