[Interview] Last Ride reçoit Robin MCAULEY au Sweden Rock Festival 2026.

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Le Doc : Robin, lorsque l’on regarde ta carrière, on passe de Grand Prix à Far Corporation, McAuley Schenker Group, Survivor, Michael Schenker, ta carrière solo et maintenant Black Swan. Après plus de quatre décennies, qu’est-ce qui te donne encore cette envie de monter sur scène et d’enregistrer de nouveaux albums ?

ROBIN MCAULEY : Je crois que c’est simplement quelque chose qui fait partie de moi. Je n’ai jamais vraiment su faire autre chose ! [rires] Évidemment, lorsque tu commences, tu ne te dis jamais : « Je vais encore faire ça quarante ans plus tard. » Tu veux enregistrer un disque, partir en tournée et voir jusqu’où cela peut aller. J’ai eu énormément de chance. J’ai travaillé avec des musiciens incroyables, vécu différentes périodes de l’histoire du rock et connu des hauts comme des bas.

Mais ce qui n’a jamais changé, c’est ce sentiment lorsque tu montes sur scène.Lorsque le public réagit à une chanson enregistrée il y a trente ou quarante ans exactement comme s’il venait de la découvrir, c’est extraordinaire.

Et tant que ma voix me permet de le faire au niveau que j’exige de moi-même, je n’ai aucune raison de m’arrêter.

Le Doc : Une partie essentielle de ta carrière reste évidemment le McAuley Schenker Group. Des albums comme Perfect Timing ou Save Yourself ont marqué toute une génération. Avec le recul, quelle importance cette période possède-t-elle encore pour toi ?

Robin : Elle est énorme. Michael est un musicien unique. Lorsque tu travailles avec quelqu’un comme lui, tu comprends immédiatement que sa manière de jouer et de composer ne ressemble à personne d’autre. MSG m’a donné une visibilité internationale et nous avons créé ensemble des chansons qui sont toujours importantes pour le public aujourd’hui.

Pendant longtemps, tu continues ta carrière sans forcément regarder derrière toi. Mais avec les années, tu comprends mieux l’importance de certains moments. Et lorsque je vois aujourd’hui des gens chanter ces morceaux, parfois des personnes qui n’étaient même pas nées lorsque nous les avons enregistrés, je me dis que nous avons probablement fait quelque chose de bien.


Le Doc : Tu étais au Frontiers Rock Festival 2025, au milieu d’une affiche incroyable de groupes de hard rock et de melodic rock. Ce type de festival ressemble presque à une réunion de famille pour des artistes qui se connaissent parfois depuis des décennies. Comment as-tu vécu ce concert et cette ambiance particulière ?

Robin : C’est exactement ça : une grande réunion de famille. Tu passes autant de temps backstage à retrouver des gens qu’à penser à ton propre concert ! [rires] Ce que Frontiers a réussi à construire est important parce qu’il existe toujours un public extrêmement fidèle pour cette musique. Et lorsque tu regardes le public, tu vois également différentes générations.

Pour moi, c’est probablement la meilleure preuve que cette musique est toujours vivante. Le Frontiers Rock Festival possède aussi cette proximité entre les artistes et les fans que l’on retrouve moins dans certains énormes événements.

On partage tous la même passion.

Le Doc : Parlons maintenant de Black Swan. Paralyzed est sorti le 13 février et réunit toujours cette formidable équipe : Reb Beach, Jeff Pilson, Matt Starr et toi. Qu’est-ce qui rend cette combinaison de quatre personnalités aussi efficace ?

Robin : Je pense justement que c’est parce que nous sommes très différents.Reb possède cette manière incroyable de créer des riffs. Jeff est un compositeur et un musicien fantastique, Matt apporte énormément d’énergie et moi j’arrive avec ma manière de construire les mélodies vocales. Personne n’essaye de transformer Black Swan en son autre groupe.

Et c’est essentiel. Quand nous nous retrouvons, nous sommes Black Swan.!!!!!!

Sur Paralyzed, je pense que nous avons encore poussé l’écriture plus loin. Les chansons sont plus fortes, les guitares sont énormes et j’ai vraiment essayé d’apporter le maximum vocalement. Nous ne voulions surtout pas refaire simplement l’album précédent.

Le Doc : Tu as déclaré autour de Paralyzed que vous aviez le sentiment d’avoir franchi un nouveau cap dans l’écriture. À ce stade de ta carrière, est-ce encore possible d’être surpris par un album que l’on vient d’enregistrer ? Et considères-tu Paralyzed comme le disque le plus abouti de Black Swan ?

Robin : Oui, parce que tu dois encore être capable de te surprendre toi-même.Si j’entre en studio en sachant exactement ce que je vais faire avant même d’entendre la chanson, cela devient dangereux.

Avec Black Swan, il y a toujours ce moment où Reb arrive avec quelque chose et tu te demandes : « Mais qu’est-ce que je vais chanter là-dessus ? » [rires]

Et c’est justement excitant.Je suis extrêmement fier de Paralyzed. Est-ce notre meilleur album ? C’est au public de décider.

Mais je pense que c’est probablement celui qui représente le mieux ce qu’est Black Swan aujourd’hui.

Le Doc : Aujourd’hui au Sweden Rock, tu présentes un concert très particulier sous la bannière “My MSG Years”. Pourquoi avoir décidé de consacrer ce show à cette période de ta carrière ? Est-ce une manière de célébrer ces chansons ou peut-être de refermer une boucle ?

Robin: Je ne pense pas que ce soit refermer une boucle.Je préfère parler de célébration. Ces chansons représentent une période extrêmement importante de ma vie et je sais combien elles comptent encore pour les fans. Mais je voulais également les jouer correctement.

Pas simplement monter sur scène et faire quelques titres de MSG entre deux chansons. Je voulais que le concert possède vraiment l’esprit de cette période.

Lorsque tu entends les premières notes et que tu vois immédiatement la réaction du public, tu comprends pourquoi ces morceaux sont toujours là. Les bonnes chansons ne vieillissent pas.

Le Doc : Pour ce concert spécial “My MSG Years”, tu étais accompagné de musiciens de Gathering Of Kings. Mais il y a une histoire assez incroyable derrière ce show : le groupe avait répété les morceaux sans toi et vous n’aviez pratiquement pas eu l’occasion de véritablement répéter ensemble avant de monter sur scène.

Le Doc : Finalement, ce concert au Sweden Rock ressemblait presque à une première répétition grandeur nature… mais directement en live devant des milliers de personnes ! [rires]

Pour un chanteur avec ton expérience, est-ce que ce genre de situation est encore excitant ou est-ce plutôt le genre de chose qui te fait penser quelques minutes avant de monter sur scène : « Mais dans quoi est-ce que je me suis embarqué ? » [rires]

Et comment as-tu vécu cette connexion avec les musiciens de Gathering Of Kings lorsque vous avez commencé à jouer ensemble pour de vrai ?

Robin : Oui, c’était assez fou quand tu y repenses ! [rires]

Les gars avaient fait leur travail. Ils avaient répété les chansons ensemble, ils connaissaient les arrangements, ils savaient exactement ce qu’ils devaient jouer… mais ils l’avaient fait sans moi !

Et évidemment, tu peux préparer autant que tu veux, lorsque le chanteur arrive, certaines choses peuvent changer.La manière dont je place ma voix aujourd’hui n’est pas forcément exactement la même qu’il y a trente-cinq ans.

Il peut y avoir un départ légèrement différent, une respiration, une manière de prolonger une partie… toutes ces petites choses que tu découvres normalement pendant les répétitions.Sauf que là, nous les avons pratiquement découvertes sur scène ! [rires]

Donc oui, quelque part, le concert est devenu notre répétition.Mais c’est également ce qui l’a rendu excitant.

Avec des musiciens de ce niveau, tu peux te regarder pendant une seconde et tout le monde comprend immédiatement : « OK, on va par là. » Et j’adore ça. Il y avait forcément quelques moments où nous devions être extrêmement attentifs les uns aux autres, mais cette petite part de danger apporte aussi quelque chose à un concert.

Tout n’est pas programmé, tout n’est pas totalement sécurisé. C’est vivant.

Et je pense que le public peut ressentir ça.Le plus impressionnant pour moi, c’est qu’ils avaient vraiment travaillé ces chansons et respecté l’esprit des morceaux de MSG. Je n’avais donc pas besoin de leur expliquer ce qu’était cette musique.

Une fois que nous avons commencé à jouer, nous sommes simplement devenus un groupe.

Et finalement, pour une première véritable répétition ensemble… faire ça devant le public du Sweden Rock, ce n’est quand même pas le pire endroit ! [rires]

Le Doc : Maintenant que vous avez enfin fait votre première répétition… [rires] est-ce que ça t’a donné envie de refaire quelques concerts avec eux ?

Robin : Oui, absolument !

Le Doc : Il y a quelque chose d’assez symbolique aujourd’hui : tu joues au Sweden Rock avec ces musiciens suédois des chansons écrites plusieurs décennies auparavant, alors que parallèlement tu viens de sortir Paralyzed avec Black Swan.

Est-ce finalement cela qui résume le mieux Robin McAuley en 2026 : être fier du passé sans jamais vivre uniquement dedans ?

Robin :Oui. Absolument.

Je suis extrêmement fier de tout ce que j’ai fait avec Michael. Je suis fier de Grand Prix, de Survivor, de ma carrière solo et de toutes ces différentes étapes.Mais je ne veux pas devenir quelqu’un qui passe son temps à raconter ce qu’il faisait en 1988.

Je veux encore enregistrer. Je veux encore chanter de nouvelles chansons. Je veux encore monter sur scène et me demander si je vais réussir à faire mieux que la veille.

C’est pour ça que Black Swan est tellement important pour moi aujourd’hui. Et Sweden Rock représente parfaitement les deux côtés.

Aujourd’hui je peux célébrer mon histoire avec MSG sur scène et, demain, parler avec la même passion de Paralyzed.Pour moi, ce n’est pas le passé contre le présent. C’est simplement une seule et même carrière qui continue.

Le Doc : Black Swan possède maintenant trois albums et, avec Paralyzed, le groupe semble plus fort que jamais. Pourtant, il reste quelque chose que les fans attendent toujours : voir Black Swan réellement sur scène.

On sait évidemment que réunir Reb Beach, Jeff Pilson, Matt Starr et toi n’est pas forcément simple avec les emplois du temps de chacun — et Jeff est notamment très occupé avec Foreigner.

Mais sérieusement Robin… vous devez bien pouvoir trouver quelques dates où tout le monde est libre ! [rires]

Est-ce que vous avez déjà réellement discuté de concerts de Black Swan ? Et peut-on raisonnablement espérer voir enfin le groupe sur scène pour défendre Paralyzed ?

Robin : Crois-moi, j’aimerais beaucoup ! [rires]

C’est probablement l’une des questions que l’on nous pose le plus souvent avec Black Swan : « Quand allez-vous enfin jouer ensemble ? »

Et je comprends parfaitement pourquoi. Nous avons maintenant trois albums, suffisamment de chansons pour construire un vrai concert, et je pense que cette musique fonctionnerait vraiment très bien sur scène.

Le problème a toujours été de réussir à réunir quatre personnes qui ont chacune énormément d’activités. J

eff a évidemment ses engagements avec Foreigner, Reb a également ses propres projets et ses tournées, Matt est très demandé et moi-même je suis constamment entre mes albums solo, mes concerts et les différents projets auxquels je participe.

Mais tu as raison : on devrait quand même réussir à trouver quelques jours ! [rires]

Je pense surtout qu’il faudrait que les bonnes circonstances soient réunies. Peut-être quelques festivals, quelques dates spéciales plutôt qu’une tournée de cinquante concerts.

Personnellement, j’adorerais monter sur scène, entendre Reb lancer ces riffs, avoir Jeff et Matt derrière moi et enfin jouer ces chansons devant un public. Et avec Paralyzed, je pense que ce serait probablement le meilleur moment pour le faire.

Alors je ne peux rien promettre… mais oui, Black Swan live est quelque chose que j’aimerais vraiment voir devenir réalité.

Le Doc : Alors si Sweden Rock vous appelle pour Black Swan 2027, on peut considérer que tu viens de dire oui ? [rires]

Robin : Tu essayes de me faire signer le contrat maintenant ? [rires] Mais oui… appelez Jeff, Reb et Matt !


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