Afin de soutenir son album Repentless, Slayer a mis les bouchĂ©es doubles pour tourner Ă travers le monde, puis rendre compte de ses concerts grĂące Ă ce double live (accompagnĂ© dâun DVD si vous le dĂ©sirez).
En 21 titres, Slayer revisite donc une partie de sa discographie, en alignant aussi bien des classiques que des morceaux plus rĂ©cents, avec cette puissance et cette dĂ©bauche dâĂ©nergie qui caractĂ©risent les AmĂ©ricains.
AprĂšs lâintroduction « Delusions Of Saviour », « Repentless » ouvre les hostilitĂ©s Ă grands renforts de riffs Ă©crasants et de ce rythme thrash si caractĂ©ristique qui a fait de ce morceau une rĂ©ussite. Si lâinterprĂ©tation est impeccable, il nâen va pas de mĂȘme pour le son qui manque un peu de dynamique et de profondeur.
Cela sâarrange sur certains morceaux, mais on peut ĂȘtre un peu dĂ©sorientĂ© lorsquâon est fan du groupe par le manque de puissance, alors quâen live, Slayer Ă©crase tout sur son passage. Il faut donc pousser le volume Ă fond pour bĂ©nĂ©ficier dâun dĂ©ferlement digne de ce nom.

2. Repentless
3. The Antichrist
4. Disciple
5. Post Mortem
6. Hate Worldwide
7. War Ensemble
8. When The Stillness Comes
9. You Against You
10. Mandatory Suicide
11. Hallowed Point
12. Dead Skin Mask
13. Born Of Fire
14. Cast The First Stone
15. Bloodline
16. Seasons In The Abyss
17. Hell Awaits
18. South Of Heaven
19. Raining Blood
20. Chemical Warfare
21. Angel Of Death
En contrepartie, certains hurlements du public sâincrustent, notamment lorsque Tom Araya ne chante pas. Je dois avouer que ça mâa vite Ă©nervĂ©. Je ne suis pas adepte des overdubs trop marquants, mais lĂ , ça donne lâimpression quâon a payĂ© trois allumĂ©s pour gueuler ou que ces cris ont Ă©tĂ© rajoutĂ©s au mixageâŠ
Sinon, on retrouve les bombes que sont « The Antichrist », « Mandatory Suicide » et « War Ensemble » qui nous scotchent dÚs le premier CD, en plus du final composé des énormes « Seasons In The Abyss », « Hell Awaits », « South Of Heaven », « Raining Blood », « Chemical Warfare » et « Angel Of Death ».
Dâailleurs ce nâest pas un final, mais une apocalypse, tant lâassociation de ces morceaux ne peut quâĂ©craser lâauditeur et lui faire comprendre que Slayer est toujours une machine de guerre.
Mais qui pouvait en douter ? La paire de guitaristes Gary Holt/Kerry King mouline Ă sâen brĂ»ler les mains, nous assĂ©nant des riffs corrosifs, avant de passer Ă des soli qui ressortent de ce maelstrom comme par miracle.
Lâensemble est violent, ancrĂ© dans un thrash sans concession et jouĂ© avec une ferveur digne de leur jeunesse.
CĂŽtĂ© nouveautĂ©s, en plus de « Repentless » et de son introduction, Slayer extraie trois autres morceaux de son dernier album studio, Ă savoir lâĂ©norme « You Against You », le plus nuancĂ© « When The Stillness Comes » qui marque une pause salutaire au milieu de cet enfer et le lourd et un peu brouillon « Cast The First Stone » qui tient bien la route avant « Bloodline », mais souffre de la comparaison avec le final.
En revanche, le groupe délaisse quasiment World Painted Blood dont il ne joue que « Hate Worldwide » qui emporte tout sur son passage. Autre surprise, Slayer oublie totalement Christ Illusion, Divine Intervention et Diabolus in Musica.
Tout cela se discute, Ă©videmment, surtout quâaucun album live officiel nâĂ©tait sorti depuis Undisputed Attitude (1991), mais un regard plus large portĂ© sur sa discographie aurait rendu ce double live indispensable.
The Repentless Killogy (Live At The Forum In Inglewood, CA) est un bon album, incontournable pour tout fan de Slayer, mais qui ne rend pas réellement hommage au talent hors norme de ce groupe.
@ Denis Labbé

