LâannĂ©e 1985 marque un foisonnement dans le milieu du heavy metal allemand, puisque de futurs classiques ou albums cultes sortent en quelques mois : Metal Heart dâAccept, Walls of Jericho de Helloween, Branded and Exile de Running Wild, Metal Revolution de Living Death, ou encore Railway II, Witch Hunter de Grave Digger, Rulin’ the Earth de Steeler voire Living in the Dark dâAtlain⊠Au milieu de cette abondance, le premier album de Lions Breed passe quasiment inaperçu.
Formé en 1982 à Gelsenkirchen sur les cendres de Reinforce dont on retrouve la plupart des membres, Lions Breed puise son inspiration dans le heavy metal de Judas Priest, la New Wave of British Heavy Metal, avec des touches rappelant parfois Budgie, pour mettre en place un metal racé, souvent bourré de groove, comme le confirme le sautillant « Heavy Current », traversé par les éclairs des guitaristes Thomas Sopha et Axel Julius qui se répondent avec brio.

2. Heavy Current
3. Searover
4. All Night Be Damned
5. Live And Let Die
6. Neon City
7. Lady Of The Night
8. Mystery Game
9. Valve Of Hell
Les titres sont en majoritĂ© basĂ©s sur des tempi rapides qui sâinscrivent dans ce quâĂ lâĂ©poque les journalistes appellent speed metal. LâĂ©pais « Neon City » sâappuie sur une section rythmique Ă©crasante qui sert dâassise Ă un riff proche de celui de « Rapid Fire » de Judas Priest, tandis que « Searover » est dominĂ© par une basse Ă©pileptique Ă la « Bredfan » de Budgie et un refrain typique de la New Wave Of British Heavy Metal.
Tout aussi dĂ©vastateur, « All Night Be Damned » plonge Ă©galement dans la vague britannique pour un titre au chant dĂ©clamĂ© ouvrant sur un beau refrain gĂąchĂ© par la voix Ă©raillĂ©e et un peu juste dâUlrich Rohmann. Cela se confirme sur lâexcellent « Lady Of The Night », plus complexe et plus fin, mais qui est marquĂ© par lâabsence dâun vrai chanteur.
Car Lions Breed est capable de nous offrir des morceaux de grande qualitĂ©, savamment construits, tels que « Valve Of Hell » dominĂ© par de longues parties instrumentales ou le lent « Live And Let Die », chantĂ© de maniĂšre plus grave, qui sâappuie sur de jolies harmonies de guitares. Ces deux morceaux, sans doute parmi les plus anciens du groupe, offrent une vision un peu diffĂ©rente de la musique de Lions Breed.
BourrĂ© de qualitĂ©s, Damn The Night nâest pourtant que lâunique album de Lions Breed qui, quelques mois aprĂšs sa sortie, devient Scanner avec un nouveau chanteur et un nouveau batteur.
Lâalbum ressort en 2007 accompagnĂ© de la dĂ©mo de 1984 : « Turn It Up », « Valve Of Hell » et « Live And Let Die », montrant parfaitement lâĂ©volution du groupe dâun heavy metal classique vers le speed. Câest cette version qui ressort plus tard au BrĂ©sil et en Russie.

