
1. Warlord
2. Secret of Steel
3. Gloves of Metal
4. Gates of Valhalla
5. Hatred
6. Revelation (Death’s Angel)
7. March for Revenge (By the Soldiers of Death)
Eric Adams: Chant
Ross The Boss: Guitare
Joey DeMaio: Basse
Scott Columbus: Batterie
Label : Megaforce/Music For Nation
AprĂšs un premier album dont le son nâa pas satisfait Joey DeMaio, pas plus que lâabsence de soutien du label Liberty Records, Manowar se pose aux Music America Studios de New York, en compagnie de John Mathias qui va les aider Ă se forger un son plus Ă©pais, plus professionnel.
Dans le mĂȘme temps, le groupe signe chez Megaforce pour les Etats-Unis et Music For Nations pour lâEurope, ce qui lui offre une plus grande visibilitĂ©.
Si Battle Hymns proposait une agrĂ©able carte de visite, Into Glory Ride dĂ©finit le vrai son Manowar, trĂšs mĂ©tallique, et plus europĂ©en que certaines productions amĂ©ricaines de lâĂ©poque, car plus direct.
« Warlord » ouvre les hostilitĂ©s en se moquant de la pudibonderie amĂ©ricaine par les Ă©bats sonores dâun couple, pour se poursuivre dans un dĂ©luge sonore et des paroles misogynes comme ce sera toujours le cas dans la carriĂšre du groupe. Efficace, heavy, dotĂ© dâun refrain qui sait se faire dĂ©sirer, « Warlord » est un titre qui se mĂ©rite, comme le reste de lâalbum dâailleurs.
En effet, Joey DeMaio, qui signe la totalitĂ© des titres sauf « Secret Of Steel » et « Gloves Of Metal », co-signĂ©s avec Ross-The-Boss, sâest appliquĂ© Ă dĂ©velopper de vraies compositions. Ainsi, « Secret Of Steel » nous transporte dans un univers oriental, pour un titre Ă©pique, ponctuĂ© par des soli de guitare et de basse de haute volĂ©e.
Plus lourd, « Gloves Of Metal » entraĂźne lâauditeur dans un univers Ă©pique, au riff pesant, destinĂ© Ă tout Ă©craser sur son passage. Et ça fonctionne, tant le rĂ©sultat est placĂ© sous le sceau du talent.
Avec « Gates Of Valhalla », Manowar joue la carte du lyrisme en Ă©voquant la mort des guerriers sur le champ de bataille. La basse emplit tout lâespace dĂšs lâintroduction, avant que tous les instruments se mettent en ordre de marche pour une dĂ©ferlante mĂ©tallique qui sâinscrit parmi les meilleures compositions du groupe.
Malheureusement, la face B dĂ©bute par un titre confus, sorte de metal progressif ambitieux, mais qui dĂ©sĂ©quilibre lâalbum, surtout quâil est suivi par la cavalcade « Revelation (Death’s Angel) ».
Le contraste est tel quâil fait de « Hatred » le point faible de la discographie du groupe durant la pĂ©riode Ross-the-Boss. Quant à « Revelation (Death’s Angel) », câest un morceau Ă©pique par excellence, sans doute moins original que ceux de la face A, mais ĂŽ combien efficace.
Le jeu de Ross-the-Boss lâĂ©claire, tandis que Scott Columbus dĂ©montre quâil est le batteur de la situation. Sa frappe lourde permet dâinstaller une assise indispensable au heavy metal de Manowar.
Comme toujours avec Manowar, le dernier titre de lâalbum se rĂ©vĂšle ĂȘtre un moment de bravoure. En plus de 7 minutes, ce morceau dĂ©veloppe tout un rĂ©cit de fantasy qui met en valeur la musique, tantĂŽt enlevĂ©e, tantĂŽt plus calme, mais toujours en harmonie avec les paroles.
Plus ambitieux que Battle Hymns, Into Glory Ride est moins bien considéré que son prédécesseur.
Pourtant, il annonce le chef-dâĆuvre que sera Hail To England et qui nâaurait pas pu voir le jour sans les expĂ©rimentations, parfois maladroites, de cet opus.
@Denis Labbé

