[Concert] – Angra l’Olympia Paris – 23 septembre 2026 par le Doc.

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Trente ans de Holy Land. Rien que ces quelques mots suffisaient à faire de cette date parisienne un rendez-vous particulier.

Mais Angra avait décidé d’aller encore un peu plus loin pour célébrer cet anniversaire à l’Olympia : le retour exceptionnel de Kiko Loureiro aux côtés de Rafael Bittencourt, un hommage à Andre Matos, la présentation au public français d’Alirio Netto et une soirée en deux parties, tournée à la fois vers l’histoire du groupe et vers son avenir.

Et autant le dire immédiatement : j’ai passé une très bonne soirée. Pas forcément un concert parfait, car certains passages m’ont paru un peu longs et le découpage du spectacle casse parfois légèrement la dynamique, mais une soirée pleine de musique, de souvenirs et surtout d’émotion.

Difficile de résister lorsque retentit Unfinished Allegro et que le groupe enchaîne avec Carry On.

Angra choisit d’ailleurs de commencer cette soirée par un véritable voyage dans sa discographie avec Lisbon, Angels And Demons, puis les deux parties de Tide Of Changes.

Le groupe est techniquement impressionnant. Cela n’a rien de nouveau concernant Angra, mais le constater dans une salle comme l’Olympia reste un plaisir.

Et puis il y a Kiko Loureiro. Le revoir aux côtés de Rafael Bittencourt donne immédiatement une dimension différente au spectacle. On ne regarde plus seulement deux guitaristes extrêmement talentueux : on voit aussi deux hommes qui ont construit ensemble une partie essentielle de l’histoire d’Angra.

Puis arrive Wuthering Heights. Et là, forcément… J’ai versé ma petite larme.

Il y avait dans cet instant quelque chose qui dépassait le simple hommage musical. Andre Matos reste indissociable de cette première période d’Angra. Sa voix, son élégance, sa personnalité et son interprétation ont marqué toute une génération.

Pendant quelques minutes, son absence devient presque une présence. Pas besoin d’en faire trop. La musique parle.

Après Crossing, le voyage peut véritablement commencer. Nothing To Say, Silence And Distance, Carolina IV, Holy Land, The Shaman, Make Believe, Z.I.T.O., Deep Blue et Lullaby For Lucifer permettent de retrouver ce disque majeur sorti en 1996.

Trente ans après sa sortie, Holy Land conserve cette identité extraordinaire qui avait permis à Angra de se démarquer immédiatement. Power Metal, musique progressive, orchestrations, rythmiques et influences brésiliennes : l’album reste incroyablement riche.

Sur scène, cette richesse est aussi parfois son petit défaut. Certains passages s’étirent et l’on ressent par moments quelques longueurs. Rien qui remette réellement en cause la qualité de la performance, mais la volonté de respecter l’œuvre dans son ensemble rend forcément le spectacle moins immédiat qu’un simple enchaînement de classiques.

Le choix de répartir les morceaux de Holy Land sur les deux sets m’a d’ailleurs quelque peu surpris. Pour un concert présenté autour des trente ans de l’album, on aurait pu imaginer une interprétation plus clairement concentrée dans une seule partie du spectacle.

Le fait de disperser Holy Land tout au long de la soirée donne une autre logique au concert, mais laisse aussi penser que le groupe a peut-être souhaité garder le public mobilisé jusqu’au bout, en conservant une partie des morceaux emblématiques pour la seconde moitié du show.  C’est un choix qui peut se comprendre, mais qui rend finalement le concept des deux sets un peu moins lisible.

Et dans ce contexte, la coupure d’environ vingt minutes entre les deux parties du concert m’a légèrement gêné.

Sur le principe, elle peut permettre de marquer une séparation. Mais dans les faits, après être entré pleinement dans l’univers du groupe, ces vingt minutes font retomber un peu l’attention et l’intensité. Il faut quelques instants au public pour se replonger totalement dans le concert lorsque les musiciens reviennent. C’est probablement mon principal regret concernant une soirée qui, musicalement, reste de très haut niveau.

L’un des plus beaux moments n’est finalement pas forcément une chanson. Voir Kiko Loureiro et Rafael Bittencourt parler ensemble de ces trente années, de leur histoire et de cette relation particulière entretenue avec la France apporte énormément d’humanité au concert.

Et lorsqu’ils évoquent également Olivier Garnier, cela ajoute forcément quelque chose pour tous ceux qui connaissent l’histoire d’Angra dans notre pays.

On sort alors quelques instants du spectacle parfaitement réglé. Ce sont deux musiciens qui se souviennent. Deux amis qui regardent le chemin parcouru. Et trente années d’une histoire entre Angra et le public français qui refont surface en quelques minutes.

C’est peut-être ici qu’apparaît une autre petite frustration. Pour une soirée entièrement bâtie autour des trente ans de Holy Land, j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas davantage de clin d’œil aux musiciens qui ont réellement participé à la création et à l’enregistrement de cet album.

Évidemment, la présence de Kiko Loureiro et Rafael Bittencourt est essentielle, tout comme l’hommage à Andre Matos.

Mais Holy Land, c’est aussi une aventure collective. On aurait aimé entendre quelques mots pour ceux qui faisaient partie de cette histoire à l’époque, notamment Ricardo Confessori, Luis Mariutti, et plus largement les musiciens qui ont contribué à donner à cet album sa personnalité si particulière. Pas forcément un long hommage, ni même une présence sur scène. Simplement quelques mots.

Une manière de rappeler que derrière un album devenu mythique, il y avait aussi un groupe, une équipe et une alchimie particulière.

Pour un trentième anniversaire, ce petit regard supplémentaire vers ceux qui ont participé à cette aventure aurait sans doute rendu la célébration encore plus complète.

Cette soirée était également une première importante pour Alirio Netto, présenté au public français comme nouveau chanteur d’Angra. La mission n’est évidemment pas simple. Passer après Andre Matos, Edu Falaschi et Fabio Lione signifie forcément devoir affronter les comparaisons.

Mais la meilleure manière de s’en sortir est probablement celle choisie ici : ne pas chercher à devenir quelqu’un d’autre. Alirio apporte son identité et son approche théâtrale tout en respectant les différentes époques du groupe.

Et sur un concert construit autour d’un album aussi intimement associé à Andre Matos, l’exercice était particulièrement délicat.

La dernière partie retrouve davantage l’efficacité d’un concert traditionnel. Waiting Silence rappelle la formidable richesse de Temple Of Shadows, avant un Rebirth particulièrement symbolique et ce clin d’oeil à « S.O.S d’un terrien en détresse » . Puis vient le rappel. In Excelsis résonne dans l’Olympia.

Et évidemment… Nova Era. Difficile d’imaginer meilleure manière de refermer la soirée.

Ce concert d’Angra n’était finalement pas simplement une célébration des trente ans de Holy Land. C’était une soirée sur le temps qui passe. Sur ceux qui sont encore là. Sur ceux qui ont pris d’autres chemins. Et sur ceux qui nous ont quittés.

Il y avait quelques longueurs. La coupure de vingt minutes entre les deux sets aurait sans doute pu être raccourcie afin de conserver davantage la tension du spectacle.

La répartition de Holy Land entre les deux parties m’a également laissé un peu perplexe, tout comme l’absence de quelques mots pour Ricardo Confessori, Luis Mariutti et les autres artisans de cette période.

Mais ces réserves deviennent assez secondaires lorsque l’on repense aux moments forts de la soirée.

Holy Land célébré trente ans après sa sortie. Et surtout cet instant consacré à Andre Matos qui, pour quelques minutes, m’a rappelé pourquoi certaines musiques nous accompagnent pendant une vie entière.

Oui, j’ai versé ma petite larme.

Et finalement, c’est peut-être cela que je retiendrai avant tout de cette soirée.

Setlist :
Unfinished Allegro / Carry On / Lisbon /  Tide Of Changes – Part I / Tide Of Changes – Part II / Angels And Demons / Wuthering Heights / Crossing / Nothing To Say / Silence And Distance / Carolina IV / Holy Land / The Shaman / Make Believe / Z.I.T.O. / Deep Blue / Lullaby For Lucifer / Waiting Silence / Rebirth / In Excelsis / Nova Era.

 

Merci Olivier GARNIER

Stay Tuned

Doc Olivier


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