Il y a des voix qui vous ramènent instantanément à une époque où les guitares régnaient sur le Sunset Strip, où les refrains étaient taillés pour les grandes salles et où le Hard Rock américain possédait cette énergie irrésistible. Celle de David Reece fait incontestablement partie de cette catégorie !
Avec Payload, Bangalore Choir poursuit une histoire commencée en 1992 avec le remarquable On Target. Un premier album qui aurait mérité une tout autre destinée, mais qui s’était retrouvé confronté à l’arrivée du grunge et à la disparition progressive du Hard Rock mélodique des grandes radios américaines.
Depuis, David Reece n’a jamais véritablement quitté la scène. Entre ses projets personnels, ses collaborations et le retour de Bangalore Choir, l’ancien chanteur d’Accept a continué de défendre cette musique avec une détermination qui force le respect.
Après Rapid Fire Succession: On Target Part 2, Bangalore Choir revient avec douze nouvelles compositions qui renouent avec les fondamentaux du groupe : des riffs solides, des refrains accrocheurs et surtout une voix qui possède toujours autant de caractère.
Et l’album ne perd pas de temps pour annoncer la couleur !
« Tear It All Down » ouvre les hostilités avec des guitares particulièrement mordantes et un refrain immédiatement efficace. C’est du Hard Rock américain dans toute sa splendeur, énergique, direct et porté par un David Reece particulièrement convaincant.
« Cost Of The Grind » enfonce le clou avec une rythmique plus lourde et un groove qui donne immédiatement envie de monter le volume. Les guitares se font plus rugueuses, mais sans jamais sacrifier la mélodie. Voilà exactement le genre de morceau qui rappelle pourquoi on aime cette musique !
Avec « Believing », Bangalore Choir ralentit légèrement le rythme et laisse davantage de place aux mélodies. Le morceau possède cette chaleur caractéristique du Hard Rock mélodique américain, avec un refrain qui cherche davantage à toucher qu’à impressionner.
« I’ll Take The Risk » remet de l’énergie dans la machine, tandis que « The Damage That Remains » constitue l’un des moments les plus intéressants du disque. Plus posé, plus émotionnel, ce titre met particulièrement bien en valeur les nuances de la voix de David Reece.
Car c’est aussi l’une des forces de cet album : le chanteur ne cherche pas simplement à démontrer qu’il possède encore de la puissance. Il utilise son expérience, ses aspérités vocales et son sens de l’interprétation pour donner davantage de profondeur aux compositions.
« Nothing Left To Prove » porte d’ailleurs un titre qui pourrait parfaitement résumer son parcours. Après plusieurs décennies passées à défendre le Hard Rock, David Reece n’a effectivement plus grand-chose à prouver !
Avec « Breakdown Unforgettable », le groupe retrouve une approche plus musclée, tandis que « Even If It’s Nothing » apporte une respiration bienvenue, dans un registre plus sensible.
Mais Bangalore Choir sait également faire parler les amplificateurs. « Answer The Call » possède ce côté lourd et entraînant, presque martial, qui fonctionne particulièrement bien dans ce registre.
« Bitter End » joue davantage sur l’émotion, avec une ambiance plus mélancolique. Un titre qui rappelle que le Hard Rock américain a toujours su faire cohabiter puissance et sensibilité.
« Late To The Party » remet du mouvement dans l’ensemble, avant que « Won’t Fool Me Again » ne vienne conclure l’album avec des guitares affirmées et un refrain particulièrement fédérateur.
Derrière David Reece, on retrouve Andy Susemihl et Steve Gordon MIA aux guitares, Gorka Alegre à la basse et Tommy McWilliams à la batterie. Une formation qui privilégie la cohésion et l’efficacité collective plutôt que les démonstrations individuelles.
La production conserve une belle puissance, avec des guitares présentes et une voix bien mise en avant. Quelques passages peuvent paraître assez chargés, mais l’ensemble reste fidèle à cette tradition du Hard Rock américain qui aime les sons généreux et les refrains imposants.
Avec Payload, Bangalore Choir rappelle qu’il existe encore une place pour un Hard Rock mélodique joué avec conviction, sans chercher à suivre les tendances du moment.
Ce que j’apprécie particulièrement dans ce retour, c’est cette volonté de privilégier les chansons. Les guitares sont solides, les refrains bien construits et David Reece conserve cette personnalité vocale qui fait immédiatement la différence.
L’album ne cherche pas à bouleverser les codes du genre, et certaines structures restent assez classiques. Mais lorsque les compositions possèdent suffisamment de caractère, ce n’est pas forcément un défaut.
Entre l’énergie de Tear It All Down, le groove de Cost Of The Grind, la sensibilité de The Damage That Remains et l’efficacité de Won’t Fool Me Again, Payload propose une belle diversité d’ambiances sans perdre son identité.
David Reece possède toujours cette voix capable de donner des frissons aux amateurs de Hard Rock américain. Et lorsque les guitares suivent, le plaisir est forcément au rendez-vous.
Avec Payload, Bangalore Choir ne cherche pas à ressusciter le Sunset Strip de 1992. Il rappelle simplement que l’esprit de cette époque n’a jamais complètement disparu.
Et tant que David Reece aura cette voix et cette envie de faire rugir les guitares, il restera de très bonnes raisons de monter le volume ! 🤘🔥
1. Tear It All Down
2. Cost Of The Grind
3. Believing
4. I’ll Take The Risk
5. The Damage That Remains
6. Nothing Left To Prove
7. Breakdown Unforgettable
8. Even If It’s Nothing
9. Answer The Call
10. Bitter End
11. Late To The Party
12. Won’t Fool Me Again
Découvrir l’album:
À écouter en priorité : Tear It All Down • Cost Of The Grind • The Damage That Remains • Answer The Call • Won’t Fool Me Again
Label: El Puerto Records
Note 18/20
Stay Tuned
Doc Olivier



