👉 [Chronique] – Venom : Welcome To Hell (1981) by Denis LabbĂ©.

4.4
(64)

FormĂ© en 1979 sous le patronyme de Guillotine, Venom enregistre plusieurs dĂ©mos avant d’ĂȘtre signĂ© par Neat Records qui publie un 45 tours : « In League with Satan / Live Like an Angel » qui permet au groupe de se faire connaĂźtre.

Ce premier album, marqué au sceau du diable, est enregistré aux studios Impulse de Newcastle et sort en janvier 1981. Il marque les esprits par un son trÚs rude, des distorsions prononcées, une technique instrumentale médiocre et une énergie débordante qui plonge ses racines dans la vague punk.

Les paroles, toutes dĂ©diĂ©es Ă  Satan, aux sorciĂšres et au mal, frappent par leur violence. C’est Ă©galement le cas de la musique. Les morceaux sont, pour beaucoup, rapides, soutenus par une section rythmique qui joue le plus vite possible : « Sons of Satan ». Et mĂȘme si tout cela est assez maladroit, il s’en dĂ©gage une fureur portĂ©e par une imagerie sataniste qui parodie mĂȘme les standards du rock : « Live Like an Angel (Die Like a Devil) ».

1. Sons of Satan
2. Welcome to Hell
3. Schizoid
4. Mayhem With Mercy
5. Poison
6. Live Like an Angel (Die Like a Devil)
7. Witching Hour
8. One Thousand Days in Sodom
9. Angel Dust
10. In League With Satan
11. Red Light Fever

Bonus 2002
12. Angel Dust (Lead Weight Version)   
13. In League With Satan (7″ Version)   
14. Live Like An Angel (7″ Version)        
15. Bloodlust (7″ Single)           
16. In Nomine Satanas (7″ Single)         
17. Angel Dust (Demo) 
18. Raise The Dead (Demo)      
19. Red Light Fever (Demo)      
20. Welcome To Hell (Demo)    
21. Bitch Witch (Outtake)         
22. Snots Shit (Outtake)

A l’écoute de ce premier album qui pose les bases du black metal, mĂȘme si le groupe s’en dĂ©fend, on ne peut que se laisser emporter par le cĂŽtĂ© novateur de ce metal portĂ© Ă  Ă©bullition. Venom ne sait pas jouer, mais il donne tout ce qu’il a, employant des motifs bibliques : « One Thousand Days in Sodom » ou encore « Angel Dust » qu’il s’amuse Ă  critiquer ou Ă  parodier.

L’ensemble est malsain : « Witching Hour », et le trio envoie mĂȘme des clins d’Ɠil Ă  ses ainĂ©s de Black Sabbath : « Schizoid » Ă©voque Ă©videmment « Paranoid ». La voix de Cronos est approximative, comme le sont ses lignes vocales, ce qui est Ă©vident sur « Red Light Fever » qui clĂŽt cet opus dans un maelstrom indescriptible.

La production est trĂšs mauvaise et donne l’impression que les chansons ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es dans un garage. Mais on s’en moque, car cela apporte un peu de charme Ă  cet album et participe Ă  sa lĂ©gende.

Malgré tout cela, le groupe sait écrire des hymnes capables de soulever les foules : « Welcome to Hell » ou le terrible et épais « In League With Satan », avec son rythme martial et son refrain à marteler en levant le poing.

MĂȘlant influences metal et punk, Venom construit son propre style en se servant de riffs plaquĂ©s, jouĂ©s Ă  fond et qui amĂšnent des solos rapides, mais peu maitrisĂ©s : « Poison ».

ƒuvre culte, sans ĂȘtre un chef-d’Ɠuvre, Welcome to Hell marque son Ă©poque et reste un disque majeur de la New Wave Of British Heavy Metal.

A noter que l’album est ressorti plusieurs fois en CD, remasterisĂ©, et affublĂ© de nombreux bonus : dĂ©mos, inĂ©dits, versions diffĂ©rentes, face B. En 2002, ce ne sont pas moins de onze entrĂ©es supplĂ©mentaires qui sont proposĂ©es.

Outre quatre titres raccourcis issus de 45 tours, le fan a le droit aux trois morceaux enregistrĂ©s sur la premiĂšre dĂ©mo de 1980 : « Angel Dust », tout aussi approximatif que l’original, « Raise The Dead » un morceau qui se retrouvera sur Black Metal et « Red Light Fever ».

A cela s’ajoute, bordĂ©lique de « Welcome to Hell ».

On retrouve Ă©galement deux inĂ©dits « Bitch Witch », trĂšs simpliste et l’amusant trip punk « Snots Shit » qui ne rime Ă  rien.

Rien d’indispensable, mais un joli regard portĂ© sur les dĂ©buts du groupe pour nous faire comprendre d’oĂč il vient.

@ Denis Labbé


Denis Labbé
Chroniqueur
A propos : [wp-svg-icons icon="point-right" wrap="i"] Ecrivain et chroniqueur, Denis a plongĂ© dans le metal dĂšs l’adolescence. Il a vite compris qu’il faisait moins de bruit en Ă©crivant qu’en chantant. [wp-svg-icons icon="lightning" wrap="i"]


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