Lorsque Cheap Trick enregistre cet album live au Japon, le groupe nâa que deux albums studio Ă son actif, et un succĂšs tout relatif aux Etats-Unis. Le pays du Soleil levant apparaĂźt donc comme une sorte dâEl Dorado.
Pourtant, tout commence assez mal, puisque des protestations accueillent la venue des AmĂ©ricains dans cet ancien dojo consacrĂ© au Sumo. Est-ce pour cela que lâatmosphĂšre y est si Ă©lectrique ?
La magie opĂšre immĂ©diatement dĂšs les premiĂšres notes de « Hello There », un brĂ»lot rock destinĂ© Ă saluer le public prĂ©sent, un public que lâon entend durant tout ce concert au son compact, aux harmonies soignĂ©es et aux interventions de Rick Nielsen si Ă©clatantes.
Il faut dire que les musiciens se donnent Ă fond et quâils transcendent des titres jugĂ©s parfois trop propres dans leur version originale.

2. Come On, Come On
3. Lookout
4. Big Eyes
5. Need Your Love
6. Ainât That a Shame
7. I Want You to Want Me
8. Surrender
9. Goodnight Now
10. Clock Strikes Ten
Pour sâen convaincre, il suffit de placer lâĂ©norme « Big Eyes » sur la platine. Issu de lâexcellent In Color (1977), il est magnifiĂ© par la voix habitĂ©e de Robin Zander et taillĂ© dans du rock par une section rythmique au sommet de son art.
Il en va de mĂȘme sur le puissant « Come On, Come On », aux accents punk rock qui ouvre de nouveaux horizons au quatuor. Trois autres titres sont issus du mĂȘme album, de loin le mieux reprĂ©sentĂ© sur ce concert. Il sâagit de « I Want You to Want Me », « Clock Strikes Ten » et « Hello There » dĂ©jĂ citĂ©.
Ils donnent une couleur toute particuliĂšre Ă lâensemble, mĂȘme si le mĂ©lodique et pop rock « I Want You to Want Me » aĂšre cette performance grĂące Ă ses lignes vocales entraĂźnantes et son rythme sautillant, tandis que « Clock Strikes Ten » clĂŽt ce show avec une fureur boogie glam rock dĂ©tonante. On en redemande, notamment grĂące Ă la frappe de Bun E. Carlos et aux interventions de Rick.
Le reste de lâalbum est Ă©videmment lui aussi au top, puisque le groupe nâhĂ©site pas Ă proposer trois inĂ©dits, dont le superbe « Surrender » Ă paraĂźtre sur Heaven Tonight quelques mois plus tard et qui sera le premier single du groupe Ă entrer dans le Bilboard.
Une version de plus de neuf minutes de « Need Your Love » voit Ă©galement le jour alors quâelle ne sera posĂ©e sur album studio quâavec Dream Police (1979). On le comprend aisĂ©ment, le groupe est en pleine phase crĂ©atrice et prend des risques en proposant cet Ă©tonnant choix de chansons.
Lâautre morceau inĂ©dit, « Look Out », bien quâenregistrĂ© en studio, ne verra pas le jour sur un album, mĂȘme sâil entraĂźne une version sur des bootlegs ou des compilations.Â
Les deux derniers morceaux sont dĂ©placĂ©s sur lâalbum par rapport au show donnĂ© ce soir-lĂ . Il faut dire que ce disque est amputĂ© de neuf chansons que lâon retrouvera sur Budokan II. « Goodnight Now » avait lâhabitude de clore les concerts du groupe, en Ă©tant une rĂ©ponse à « Hello There » et Ă©tait prĂ©cĂ©dĂ© de la reprise de Fars Domino : « Ainât That a Shame ».
Ces deux titres forment normalement un tout, ce qui nâest pas Ă©vident sur cette version de lâalbum. MalgrĂ© cela, At the Budokan est une vĂ©ritable rĂ©ussite qui a marquĂ© son Ă©poque et a fait exploser la popularitĂ© du groupe aux Etats-Unis.
Plusieurs versions sont ensuite sorties en CD, avec les titres disparus entre temps, mais aussi avec : « Stiff Competition », « On Top of the World » et « How Are You ? » enregistrés en 1979.
Pour les fans, At Budokan : The Complete Concert et la version 30th Anniversary avec un DVD capté par la télévision japonaise sont à favoriser.

