SixiĂšme album pour les AmĂ©ricains de Symphony X qui ont mis en place un concept autour de lâOdyssĂ©e dâHomĂšre en huit mouvements dâun metal progressif de haute volĂ©e.
Autant le dire tout de suite, cet opus est une vĂ©ritable rĂ©ussite, tant musicalement, que dans le dĂ©veloppement de ce concept particuliĂšrement dĂ©licat. Vingt ans aprĂšs, cet opus apparaĂźt comme lâune des pierres angulaires de la discographie du groupe.
DĂšs « Inferno (Unleash the fire) », on saisit lâĂ©volution du groupe depuis V â The New Mythology Suite. Ici, le propos est plus riche, passant dâun heavy Ă©pais proche de Nevermore Ă des envolĂ©es progressives qui viennent aĂ©rer le propos. Les riffs sont incisifs, la rythmique soutient lâĂ©difice de main de maĂźtre et le chant de Russell Allen sait varier les effets, ce qui convient Ă merveilles aux paroles qui oscillent entre une fantasy de pĂ©plum et des thĂšmes proches du fantastique.

2. Wicked
3. Incantations of the apprentice
4. Accolade II
5. King of Terrors
6. The Turning
7. Awakenings
8. The Odyssey
Les compositions sâenchaĂźnent sans jamais lasser tant elles savent varier les ambiances. Câest le cas notamment du titre « Incantations of the Apprentice » qui incorpore des Ă©lĂ©ments martiaux Ă sa base metal afin dâillustrer ce rĂ©cit de magie divine.
Les claviers, savamment dosĂ©s, apportent une touche inquiĂ©tante du plus bel effet. Le morceau qui suit, « Accolade II », Ćuvre clairement dans le progressif, passant dâune introduction acoustique Ă lâexploration dâun rĂ©cit guerrier se dĂ©roulant sur un champ de bataille. On entend presque les dieux chanter prĂšs des hĂ©ros. Lâauditeur se retrouve plongĂ© dans des ambiances qui varient dâun titre Ă lâautre.
« King of Terrors », clairement inspirĂ© de la nouvelle « Le puits et le pendule » dâEdgar Poe, emprunte Ă lâauteur amĂ©ricain la lourde atmosphĂšre et une Ă©vocation du monde des tĂ©nĂšbres parfaitement rendue. Le reste nâest encore que purs moments de dĂ©lices.
« The Turning » flirte avec le metal nĂ©oclassique de Malmsteen, tandis que le morceau « Awakenings » calme le jeu un instant avant de redĂ©marrer en trombe et de se calmer. Il le faut, car le morceau de bravoure sâannonce : « The Odyssey ». 24 minutes de gĂ©nie qui nous dĂ©montrent toute lâĂ©tendue du talent de ces AmĂ©ricains.
Michael Romeo y prouve quâil est non seulement un grand technicien, mais quâil sait Ă©galement charmer les oreilles de ses fans. Il serait impossible de dĂ©crire en dĂ©tails les sept mouvements de ce long morceau qui prouve que le metal sait sâĂ©lever au rang des plus grands compositeurs, nâen dĂ©plaise Ă certains mĂ©dias.
Tout au long de ce voyage en terres fantastiques et merveilleuses, Symphony X tisse de magnifiques mĂ©lodies qui prouvent tout le talent de ses musiciens. La version japonaise incorpore deux morceaux bonus : « Masquerade 98 » (une réécriture dâun titre issu de leur premier album) et « Frontiers » (un morceau inĂ©dit dans la lignĂ©e de lâalbum prĂ©cĂ©dent).
Un chef-dâĆuvre Ă redĂ©couvrir.
@ Denis Labbé

