
01. Incarnation
02. Hellfire Thunderbolt
03. Sermons Of The Sinner
04. Sacerdote Y Diablo
05. Raise Your Fists
06. Brothers Of The Road
07. Metal Through And Through
08. Wild And Free
09. Hail For The Priest
10. Return Of The Sentinel
Label : Explorer1 Music Group
Avons-nous le droit de brĂ»ler nos idoles de quarante ans ? De nombreux fans rĂ©pondent immanquablement « non » ! Cela sâest vu cette annĂ©eâŠ
Pourtant, certains musiciens mettent tout en Ćuvre pour nous encourager Ă le faireâŠ
AprĂšs son dĂ©part houleux de Judas Priest et son impossibilitĂ© mal digĂ©rĂ© dây revenir, KK Dowing a dĂ©cidĂ© de rassembler autour de lui des anciens membres du groupe pour former KKâs Priest.
Rien que ce patronyme sonne comme un cover band ! On retrouve donc au chant Tim « Ripper » Owens, celui-lĂ mĂȘme qui avait remplacĂ© Rob Halford, avant dâĂȘtre Ă©vincĂ© au retour rĂ©ussi du « Metal God » et Les Binks, ex-batteur de Judas Priest. Les rancĆurs sont difficiles Ă Ă©teindre.
Sur le papier, ce projet pouvait sembler intĂ©ressant, surtout que les arrivĂ©es dâA.J. Mills (Hostile) Ă la seconde guitare et de Tony Newton (Voodoo Six) Ă la basse apportaient une certaine stabilitĂ©.
Mais câĂ©tait sans compter sur quelques Ă©cueils placĂ©s sur la route de ce navire⊠Tout dâabord, Les Binks nâa pas pu assurer lâenregistrement de lâalbum et fut remplacĂ© par Sean Elg (Cage), enlevant un tiers de Judas Priest. Ensuite, nâest pas compositeur qui veut.
Si la paire Downing/Tipton avait su accoucher de riffs incontournables et monstrueux, que dis-je incontournables et monstrueux, totalement légendaires, Downing seul ne parvient pas à retrouver cette alchimie avec Mills.
Pire, plusieurs morceaux sont inutiles, comme le pĂ©nible et rĂ©pĂ©titif « Sacerdote Y Diablo », pourtant illuminĂ© par un beau solo, ou le caricatural « Raise Your Fists », dâautres sont carrĂ©ment pĂ©nibles : « Brothers Of The Road », tandis que plusieurs sont risibles, ne serait-ce que par leur titre : « Hail For The Priest », « Sermons Of The Sinner » ou « Return Of The Sentinel ».
En fait, câest Powerpriest que le groupe aurait dĂ» sâappelerâŠ
Certes, tout nâest pas Ă jeter, et sâil sâĂ©tait agi dâautres musiciens, sans doute aurions-nous pu prĂȘter une certaine attention Ă ce pastiche de Judas Priest.
Oui, mais voilĂ , Ă©tant donnĂ© le pedigree des musiciens, on ne peut pas de contenter des trois-quarts de « Metal Through And Through » qui Ă©voque Manowar, du rapide « Wild And Free » dont on a dĂ©jĂ entendu cette construction dans nombre dâalbums du Priest ou dâun « Hellfire Thunderbolt » en forme de redite de toute la carriĂšre des BritanniquesâŠ
Surtout que Tim Owens en fait des tonnes, comme sâil voulait montrer quâil est encore capable de chanter « Painkiller », ce qui nâest plus vraiment le cas de Rob.
Peut-on brĂ»ler ses idoles ? Il semble quâil ne soit pas nĂ©cessaire de le faire et que lâimmolation est chose courante de nos jours. Sermons Of The Sinner en apporte une preuve Ă©vidente.
@Denis Labbé

