👉 [Chronique] – Dyslesia – A Taste of Hell (2022) by Denis LabbĂ©. đŸ’„

4.4
(66)

Il aura fallu attendre 14 ans pour que Dyslesia nous propose un successeur Ă  In Veins, Hearts and Minds. Cette longue attente a d’ailleurs fait craindre la fin du groupe qui nous revient avec une formation remaniĂ©e puisqu’il ne reste plus que le chanteur Thierry Lebourg et le guitariste François Loprete.

La musique aussi a Ă©voluĂ© depuis l’excellent Who Dares Wins qui date quand mĂȘme de 2001. Les envolĂ©es lyriques et les influences nĂ©oclassiques de leur mĂ©tal progressif ont laissĂ© place Ă  des compositions plus torturĂ©es, soutenues par des riffs Ă  l’accordage plus bas : « On The Way To Your Grave Â» et des changements de rythmes incisifs : le noir « Selfish Â» ou l’étonnant « Voices Â» et ses touches jazz rock.

En dĂ©pit de son Ăąge, le groupe est quand mĂȘme nĂ© en 1988, les musiciens ont la rage et nous le prouvent en insufflant des motifs issus du thrash dans son metal : les syncopĂ©s « No God To Pray » et « Deep Ocean », sans pour autant perdre sa puissance mĂ©lodique : le groovy « The Lights Of War », qui retrouve quelques touches nĂ©oclassiques sur ses soli de guitares.

1. On The Way To Your Grave    
2. Selfish             
3. No God To Pray
4. Voices             
5. In The Trench
6. Summer 15  
7. Spirit Never Die          
8. The Lights Of War 
9. Deep Ocean
10. The Ending Light

Par certains cĂŽtĂ©s, Dyslesia parvient Ă  faire la jonction entre le metal progressif de ses dĂ©buts et le thrash progressif d’un Heathen, sans pour autant renier ses bases. En cela, il s’inscrit parfaitement dans les prĂ©occupations et les inquiĂ©tudes de notre siĂšcle, ainsi que l’évoquent les paroles de ses chansons.

Chaque titre est bourrĂ© d’arrangements ciselĂ©s, comme ces harmonies de guitares sur le superbe « In The Trench Â» dont les chƓurs donnent envie de chanter ou ces changements d’intensitĂ©s sur « Summer 15 Â» qui nous envoĂ»te grĂące Ă  son refrain et ses riffs soignĂ©s.

La section rythmique abat un travail remarquable en proposant une assise impeccable, souvent complexe : « Spirit Never Die Â» est traversĂ© par un joli solo de guitare, tandis que le complexe « The Ending Light Â» explore des rives proches d’un Symphony X ou d’un Dream Theater pour clore de maniĂšre magistrale cet album.

PassĂ© trop inaperçu, cet opus en tous points excellents mĂ©rite de trouver son public, car il marque le retour au premier plan d’un groupe hexagonal exigeant. 

@ Denis Labbé


Denis Labbé
Chroniqueur
A propos : [wp-svg-icons icon="point-right" wrap="i"] Ecrivain et chroniqueur, Denis a plongĂ© dans le metal dĂšs l’adolescence. Il a vite compris qu’il faisait moins de bruit en Ă©crivant qu’en chantant. [wp-svg-icons icon="lightning" wrap="i"]


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