Deux ans après son dernier passage à Paris en compagnie de Saxon, Judas Priest faisait son retour au Zénith de Paris en compagnie de Nevermore. Hélas, il est à noter que le Zénith était loin d’être complet.
19h30 : Nevermore ouvre les hostilités, un set de 45 minutes et 8 titres pour convaincre un auditoire pas spécialement acquis à sa cause.
« The River Dragon Has Come » un excellent morceau de Metal technique/progressif, Loomis nous délivre un solo inspiré, et comme souvent, mémorable.
« The Heart collector » plus mélodique, une ambiance plus sombre permettant au nouveau chanteur Berzan Önende de nous démontrer toute l’étendue de son talent.
« Enemies Of Reality » viendra clôturer ce set, un superbe titre au refrain accrocheur, un de mes titres préférés du combo.
Nevermore a proposé une prestation solide et maitrisée, mais son approche surfant vers des univers Prog, Thrash, Heavy et ses ambiances lourdes alliant virtuosité et maitrise technique peuvent parfois manquer de refrains plus accrocheurs.
Le contraste avec l’univers de Judas Priest a pu surprendre une partie du public. Pas certain que les fans les plus anciens aient totalement adhéré à cette prestation.
Nevermore reste un excellent groupe et Jeff Loomis certainement un des guitaristes les plus sous-estimés. N’oublions pas son passage remarquable pendant près de 10 ans au sein de Arch Enemy.
Une pensée aussi pour Warrel Dane (1er chanteur de Nevermore) décédé en 2017 à l’âge de 56 ans.
20h45 : « War Pigs » est diffusé en bande-son pour annoncer le début du show. Repris en chœur par un public impatient d’en découdre.
Le rideau représentant divers albums du groupe tombe, laissant place à un superbe décor et à une des plus grandes légendes du Heavy Metal qui enchaîne directement sur le monstrueux « You’ve got another thing Comin’ ».
« Metal gods » et « Breaking the law” suivent et la tension est déjà à son comble.
Rob est en forme et le temps semble n’avoir que peu d’effet sur notre Metal God !
« The ripper » Issus de l’album “Sad wings of destiny” (1976) nous offre un magistral retour aux origines du combo et démontre que ce groupe était déjà en avance sur son temps.
« The Sentinel » un classique de la grande époque où Judas avec « Screaming for Vengeance » et « Defenders of the faith » s’est tout bonnement réinventé.
« Desert Plains » Extrait du controversé « Point of entry » permettant de mesurer toute l’étendue d’un répertoire capable de se montrer plus varié et subtil.
« Turbo Lover » repris en cœur par le public, un moment de communion et d’osmose. Un titre qui vieillit parfaitement.
« Panic Attack » un titre d’Invincible Shield (2024) puissant, dynamique et à l’approche plus moderne s’intégrant facilement dans une set list permettant aussi à Judas de ne pas vivre que sur son glorieux passé.
« Victim of Changes » un classique, une pièce d’anthologie où les guitares en symbiose nous offre une intensité remarquable. Les échanges entre Richie Faulkner et Andy Sneap égalant quasiment la sainte période K.K Downing/Glenn Tipton. Rob n’est pas en reste et sa maîtrise vocale demeure impressionnante et son interprétation toujours aussi fascinante.
« Painkiller » autre gros classique qui permit à Judas de se relancer à l’aube des années 1990 est toujours aussi jubilatoire porté par une section rythmique dévastatrice et un Scott Travis en mode rouleau compresseur à la double grosse caisse soutenu par un Ian Hill qui ne faiblit jamais.
C’est le moment des rappels et retentit l’instrumental mythique « The Hellion » indissociable de l’explosif « Electric Eyes », une véritable leçon de Heavy Metal.
« Hell Bent for Leather » période « Killing Machine » un autre grand classique du groupe au refrain imparable repris à l’unisson, Rob nous gratifie toujours d’une entrée fracassante sur scène en Harley Davidson sous la ferveur des fans.
« Living After Midnight » Un hymne intemporel, festif et fédérateur, idéal pour clôturer ce superbe concert.
Nous avons assisté à un concert d’anthologie, Judas Priest après plus de 50 ans de carrière reste un acteur incontournable du circuit.
Certes, le duo mythique Downing/Tipton n’est plus présent, mais Richie Faulkner et Andy Sneap ne déméritent pas en perpétuant l’héritage avec conviction et talent.
Rob Halford demeure toujours aussi impressionnant, son charisme et son dévouement forcent le respect, il restera à jamais le « Metal God »
La set list était articulée autour des grands classiques et de quelques titres plus récents agrémentés d’un visuel mettant bien en valeur les musiciens.
Je regrette toute de même l’absence d’un classique essentiel : « The Green Manalishi », qui me file toujours la chair de poule.
Autre bémol, la qualité sonore ne fut pas toujours à la hauteur de sa réputation.
Espérons un retour prochain en France de cette légende vivante qui nous comble de bonheur à chaque passage et souhaitons longue vie à nos défenseurs de la Foi.
Stay Tuned
Dark Metal

