Il est parfois difficile pour un groupe de revenir aprÚs une longue absence, en proposant une nouvelle direction artistique qui aura du mal à faire adhérer son public. Il a fallu 8 longues années pour Morbid Angel pour sortir un album qui reste encore perçu comme leur plus mauvais pour les fans hardcore, et le plus audacieux pour les autres, Illud Divinum Insanus.
Et pour ĂȘtre audacieux, Illud Divinum Insanus est de loin leur album qui sâĂ©loigne le plus du death metal qui a construit la rĂ©putation du groupe.
Trey Azagtoth laisse lâintĂ©gralitĂ© des compositions Ă David Vincent, exit le death metal, place au metal industriel et Ă des refrains qui se veulent catchy et entrainant (non) sur un son electro.

2. Too Extreme! (6:13)
3. Existo Vulgoré (4:00)
4. Blades of Baal (4:52)
5. I Am Morbid (5:16)
6. 10 More Dead (4:51)
7. Destructos Vs. the Earth / Attack (7:15)
8. Nevermore (5:07)
9. Beauty Meets Beast (4:56)
10. Radikult (7:37)
11. Profundis – Mea Culpa (4:05)
Ăa sâĂ©coute en se disant que Fear Factory ont pris les commandes de la prod, confondant Dino Cazares avec Trey Azagtoth, pourtant la diffĂ©rence est de poids.
Lâensemble est loin dâĂȘtre brouillon quand il sâĂ©coute dâune traite, mais reste inconsistant et donne lâimpression que le groupe tente de prendre plusieurs chemins sans savoir oĂč il compte aller. Le GPS est cassĂ© dont faudra faire confiance Ă la petite voix dans sa tĂȘte.
Et quâen est-il de lâambiance ?
Pas grand-chose Ă retenir si ce nâest que le cauchemar lovecraftien est un vague souvenir dâun lendemain de cuite au Champomy frelatĂ©. David Vincent semble sâĂȘtre inspirĂ© des pires suites de Jason Voorhees ou Michael Myers pour un dĂ©lire pseudo morbide nombriliste.
Le titre I Am Morbid est ce qui se rapproche le plus du groupe, du moins pour le titre, histoire de rappeler Ă lâauditeur quâil sâagit de Morbid Angel qui joue sur cet album.
Illud Divinum Insanus veut dire divin fou en latin, on sent bien justement la folie de sâĂȘtre laissĂ© aller Ă une direction artistique qui enlĂšve tout le charme originel du groupe.
Un peu de modernité ne fait pas de mal, mais à quel prix ?
@Boudj
