
Avec Welcome to Hell, Venom ne se contente pas de durcir le heavy metal : le trio anglais le traîne violemment dans la boue, le soufre et le chaos.
Sorti en 1981, cet album est une véritable déflagration primitive, un disque qui sonne comme une provocation permanente adressée autant aux puristes du rock qu’aux tenants du metal classique.
Dès les premières secondes, le ton est donné : production crue, presque amateur, riffs abrasifs, basse grondante et batterie martelée sans finesse apparente.
Mais c’est précisément cette absence de polissage qui fait toute la force de Welcome to Hell. Venom joue vite, fort, et sans la moindre intention de plaire. Ici, le rock’n’roll originel se transforme en bête sauvage.
Les riffs de Mantas puisent autant dans Black Sabbath que dans Motörhead, mais accélérés jusqu’au point de rupture.
Cronos, avec sa voix râpeuse et saturée, éructe plus qu’il ne chante, imposant une présence menaçante et nihiliste.
Quant à Abaddon, il frappe ses fûts comme s’il cherchait à les briser, sacrifiant la précision au profit de l’impact. Les morceaux emblématiques Welcome to Hell, Witching Hour, In League with Satan sont devenus des manifestes.
Les paroles, ouvertement provocatrices, jouent avec l’imagerie satanique non pas par conviction théologique, mais comme un acte de rébellion pure, héritier direct du shock rock et de l’attitude punk.
Venom ne prêche rien : il défie. Vu sous l’angle du classic rock, Welcome to Hell est un disque charnière. Il conserve l’esprit rock’n’roll le plus primaire celui de la transgression, du danger et de l’excès tout en ouvrant la voie à des genres entiers : speed metal, thrash, black metal.
Sans cet album, Metallica, Slayer ou Bathory n’auraient clairement pas sonné de la même façon.
Certes, tout ici est excessif : le son est brouillon, l’exécution parfois approximative. Mais Welcome to Hell n’est pas un album de techniciens.
C’est un album d’attitude. Un cri brut, sale, et furieusement libre. Welcome to Hell est un classique imparfait mais essentiel.
Un disque qui rappelle que le rock, à sa racine, n’a jamais été fait pour être sage, mais pour déranger, choquer et brûler les règles établies. Un enfer sonore dans lequel le rock’n’roll trouve l’une de ses incarnations les plus sauvages.
1. Sons of Satan (3:37)
2. Welcome to Hell (3:13)
3. Schizo (3:30)
4. Mayhem With Mercy (0:59)
5. Poison (4:30)
6. Live Like an Angel (Die Like a Devil) (3:58)
7. Witching Hour (3:40)
8. One Thousand Days in Sodom (4:35)
9. Angel Dust (2:39)
10. In League With Satan (3:31)
11. Red Light Fever (5:14)
La note du Doc: 17/20.
Stay Tuned
Doc Olivier
