Photo credit: Roberto Villani
Le Frontiers Rock Festival est devenu au fil des années bien plus qu’un simple festival. Pour les amoureux du hard mélodique, de l’AOR et du classic rock, le rendez-vous italien organisé au Live Club de Trezzo sull’Adda est aujourd’hui une véritable institution.
Et cette première journée de l’édition 2026 l’a encore confirmé avec éclat. Dès les premières heures de l’après-midi, l’ambiance était déjà particulière autour de la salle milanaise.
Fans venus du Brésil, de la Suède, d’Allemagne, d’Espagne, de France ou encore du Royaume-Uni se retrouvaient dans cette atmosphère typique des grands rassemblements melodic rock.
Pourtant, cette Day 1 avait bien failli perdre une partie de son éclat. Quelques jours avant le festival, plusieurs annulations importantes avaient frappé l’affiche. House Of Lords, Robin Beck et Frontline avaient dû déclarer forfait pour raisons de santé.
Mais Frontiers avait rapidement réagi en intégrant Russ Ballard, Dan Byrne et Smoking Snakes à la programmation. Une décision qui allait finalement donner encore plus de relief et d’émotion à cette journée.
L’ouverture revenait aux Suédois de Streetlight. Avec leur AOR très inspiré des années 80, le groupe a parfaitement lancé le festival dans une ambiance élégante et mélodique.
Porté par des claviers omniprésents et des refrains très FM, Streetlight a proposé un concert tout en finesse, parfois un peu sage, mais idéal pour installer progressivement l’atmosphère de ce week-end entièrement dédié au melodic rock.
Set List: Hit the Ground / Straight To Video / Sleep Walk / Long-Distance Runner / Chutes and Ladders
Fly With Angels /Captured in the Night
Mais le premier véritable électrochoc de la journée est arrivé avec Shiraz Lane. Les Finlandais ont littéralement réveillé le Live Club grâce à leur mélange explosif de sleaze, glam et hard rock moderne.
Là où Streetlight jouait la carte de la mélodie élégante, Shiraz Lane apportait le feu, l’attitude et l’énergie pure. Le charismatique Hannes Kett a immédiatement pris possession de la scène, transformant la salle en véritable club rock’n’roll sous tension. C’était vraiment top. 4 Titres de In Vertigo avec l’excellent morceau « Stone Cold Lover »
Set List: Plastic Heart / Stone Cold Lover / Broken Into Pieces / Tidal Wave /Live a Little More / Dangerous / Harder to Breathe /To the Moon & Back
Puis vint l’une des grandes surprises de cette première journée : Dan Byrne ! Celui que je voulais voir pour enfin écouter « live » le Bonhomme.
Remplaçant de dernière minute, le jeune chanteur anglais a totalement conquis le public italien. Avec sa voix puissante et soul, souvent comparée à Glenn Hughes ou Paul Rodgers, Byrne a offert un set incroyablement sincère et habité.
Son enthousiasme était communicatif et le public lui a immédiatement rendu cette énergie. « Praise Hell » est vraiment le titre de Dan. A revoir.
Set List: Saviour / Like Animals / She’s the Devil / Praise Hell /Sentimental /Easier /Hard to Breathe
Death of Me
Le festival retrouvait ensuite un terrain plus typiquement “Frontiers” avec Creye. Le groupe suédois représente aujourd’hui parfaitement cette nouvelle vague d’AOR moderne ultra produite et calibrée pour les amateurs de grands refrains.
Claviers massifs, harmonies vocales impeccables, mélodies gigantesques… Creye a déroulé son melodic rock avec efficacité devant un public déjà totalement acquis à sa cause et on a pu découvrir le nouveau chanteur pour son premier « Live » avec le groupe.
Set List: Something Missing / Face to Face / Bad Romance /Different State of Mind /Carry On
Only You / Rust / Weightless /Miracle /Left in Silence
Mais l’émotion a véritablement changé de dimension avec l’arrivée de Russ Ballard. À lui seul, le musicien britannique représente une partie de l’histoire du rock mélodique.
Auteur de classiques immortalisés par Rainbow, KISS, Uriah Heep ou encore America, Ballard possède ce statut rare de légende respectée par toutes les générations.
Malgré une voix parfois fragile, l’émotion était immense lorsque le public a repris avec lui “Since You Been Gone” ou “God Gave Rock and Roll to You”. Ce moment avait quelque chose de profondément humain et sincère, comme un hommage vivant à toute une époque du rock.
Set List: I Can’t Hear You No More / In the Night / Two Silhouettes / Playing With Fire /Dream On / A Woman Like You /Liar (Argent song) /Your Time Is Gonna Come / Voices / The Fire Still Burns / Since You Been Gone / God Gave Rock and Roll to You
Mais le grand moment de cette première journée, celui qui restera gravé dans les mémoires de nombreux fans présents à Milan, portait un nom : Giant et Dann Huff.
Depuis l’annonce de leur présence au Frontiers Festival, l’attente autour du groupe américain était immense.
Pour beaucoup de passionnés de hard mélodique, Giant n’est pas simplement un groupe culte : c’est une émotion, une époque, une certaine idée du melodic rock américain dans ce qu’il a de plus noble et de plus sincère.
Les albums Last Of The Runaways et Time To Burn font partie de ces disques sacrés qui ont accompagné toute une génération de fans, avec leurs refrains bouleversants, leurs harmonies parfaites et cette manière unique de mêler puissance et fragilité.
Alors forcément, lorsque les lumières se sont éteintes dans le Live Club, quelque chose de particulier flottait dans l’air.
Mais avant même le début du concert, la tension était palpable. La chanteuse Cassidy Paris est montée sur scène pour expliquer les difficultés traversées par le groupe.
Le batteur David Huff bloqué pour des raisons administratives, le bassiste Mike Brignardello blessé après une chute… Et pendant quelques secondes, la salle entière a retenu son souffle.
Puis les premières notes de “Shake Me Up” ont retenti. Et soudain, tout a changé. Le public chantait absolument chaque parole.
Voir Dann Huff aussi souriant on imaginait bien la suite. Pas simplement comme dans un concert classique. Non… c’était presque une communion.
Le Live Club vibrait d’une émotion rare, presque impossible à décrire pour ceux qui n’étaient pas présents ce soir-là.
Chaque morceau semblait raconter quelque chose de plus grand que la musique elle-même.
“Stay” a déclenché un immense frisson collectif tandis que la fin de la setlist du soir « I’m a Believer » « Innocent Days » et “Time To Burn” transformait la salle en véritable temple du hard mélodique.
Les solos, les harmonies, les refrains… tout semblait toucher le public en plein cœur. Et plus le concert avançait, plus on sentait que les musiciens eux-mêmes étaient submergés par l’accueil incroyable réservé par les fans.
Parce qu’au-delà des difficultés, des années passées et des obstacles, Giant rappelait soudain pourquoi cette musique reste si importante pour tant de personnes.
Ces chansons parlent de rêves, d’espoir, de nostalgie, d’émotions sincères… et ce soir-là, tout cela prenait vie devant des centaines de passionnés totalement transportés.
Rarement un concert du Frontiers Festival aura donné une telle impression d’amour collectif entre un groupe et son public.
Set List: Shake Me Up / Thunder and Lightning / I Can’t Get Close Enough /Stay /No Way Out
Chained / Don’t Leave Me in Love / Hold Back the Night / It Takes Two /I’ll See You in My Dreams /Can’t Let Go /Waiting on a Whisper / I’m a Believer / Innocent Days / Time to Burn
Après une telle intensité émotionnelle, Starship featuring Mickey Thomas avait la mission parfaite : terminer cette première journée dans une ambiance de célébration totale.
Et dès les premiers refrains de “Jane”, le public s’est transformé en gigantesque chorale. “Sara”, “Nothing’s Gonna Stop Us Now” et bien sûr “We Built This City” ont clôturé cette Day 1 dans une atmosphère euphorique et profondément nostalgique.
Au final, cette première journée du Frontiers Rock Festival 2026 a parfaitement résumé ce que représente encore aujourd’hui cette scène musicale : une famille de passionnés, des chansons intemporelles et cette capacité unique qu’a le hard mélodique à créer de l’émotion collective.
Set List : Layin’ It on the Line / Jane / Sara /Wild Again /Nothing’s Gonna Stop Us Now (Albert Hammond cover) / Set the Night to Music /(Maxi Priest feat. Roberta Flack cover) / White Rabbit (Jefferson Airplane cover)/ Somebody to Love (The Great Society cover) / Fooled Around and Fell in Love (Elvin Bishop cover) / Stranger / It’s Not Enough /We Built This City / Find Your Way Back
Stay Tuned
Doc Olivier








