[Concert] – Judas Priest / Nevermore – LDLC Arena – Décines / Lyon – 14 septembre 2026 par le Doc.

4.6
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Ce 14 septembre 2026, la LDLC Arena de Lyon accueillait Nevermore et Judas Priest pour une nouvelle étape du Faithkeepers Tour. Une affiche déjà suffisamment forte pour déplacer les amateurs de Heavy Metal, mais une date qui allait également offrir quelques symboles supplémentaires.

Car ce 14 septembre était aussi le jour anniversaire de Jeff Loomis, né le 14 septembre 1971. Le guitariste de Nevermore fêtait donc ses 55 ans sur scène à Lyon.

Et en ce mois de septembre, impossible également de ne pas avoir une pensée pour Painkiller, l’album monumental de Judas Priest qui célèbre ses 36 ans en 2026. La soirée pouvait commencer.

Voir aujourd’hui le nom de Nevermore sur une affiche reste quelque chose de particulier.

Le groupe est revenu en 2026 autour de Jeff Loomis et Van Williams, désormais entourés du chanteur Berzan Önen, du guitariste Jack Cattoi et du bassiste Semir Özerkan. Le groupe assume pleinement cette nouvelle étape : prolonger l’héritage de Nevermore tout en ouvrant un nouveau chapitre.

Et à Lyon, pas question de simplement occuper la scène en attendant Judas Priest. Dès Narcosynthesis, Nevermore impose son univers. Le son est dense, sombre, technique, mais jamais froid.

Puis viennent My Acid Words et Inside Four Walls, avant que The River Dragon Has Come rappelle combien les compositions de Nevermore ont conservé leur force et leur personnalité au fil des années.

Au centre de tout cela, évidemment, il y a Jeff Loomis. Son jeu reste fascinant.

Technique, précis, fluide, parfois presque déconcertant dans sa facilité apparente, mais toujours au service du morceau. Loomis n’enchaîne pas simplement les démonstrations : il construit une tension, une couleur, une identité.

Et ce soir-là, chaque note avait forcément une saveur particulière. Difficile d’imaginer une meilleure manière de fêter son anniversaire. Engines of Hate, The Heart Collector puis Born maintiennent la pression avant qu’Enemies of Reality ne referme le set.

La setlist lyonnaise de Nevermore comptait huit morceaux : Narcosynthesis, My Acid Words, Inside Four Walls, The River Dragon Has Come, Engines of Hate, The Heart Collector, Born et Enemies of Reality.

Nevermore n’est donc plus seulement un souvenir. Nevermore existe de nouveau sur scène.

 

Puis vient Judas Priest. Et immédiatement, quelque chose change dans la salle. Le groupe possède cette faculté particulière de transformer une scène en véritable territoire Heavy Metal.

Lorsque retentit War Pigs en introduction, l’atmosphère monte encore d’un cran. Puis l’intro du Faithkeepers Tour. Et enfin :

You’ve Got Another Thing Comin’.

Après You’ve Got Another Thing Comin’, le groupe enchaîne immédiatement avec Metal Gods puis Breaking the Law.

Trois titres. Trois hymnes. Et déjà cette sensation très simple : Judas Priest n’a pas besoin de longues introductions.

Les morceaux parlent pour eux. Avec The Ripper, puis The Sentinel, le groupe plonge dans différentes périodes de son histoire sans donner l’impression de réciter un catalogue. Desert Plains apporte ensuite une autre respiration avant Lightning Strike, extrait de Firepower, qui rappelle que Judas Priest n’a jamais cessé d’avancer. Puis arrive Turbo Lover. Et là encore, la salle chante.

La force de Judas Priest, en 2026, est peut-être justement là : être capable de passer de Sad Wings of Destiny à Turbo, de British Steel à Firepower, tout en conservant une identité immédiatement reconnaissable.

Et puis il y a Rob Halford. Il suffit parfois de quelques secondes pour comprendre pourquoi ce chanteur reste une figure à part.

La voix a changé avec les années, évidemment. Mais elle reste Rob Halford.

Cette manière de passer des graves aux aigus, de jouer avec la tension, de tenir certaines phrases, puis de libérer brutalement cette fameuse voix métallique reste quelque chose de profondément impressionnant.

Il ne cherche plus à chanter exactement comme en 1982. Et heureusement. Il chante avec ce qu’il est aujourd’hui. Avec de l’expérience. De la maîtrise. Et cette capacité intacte à surprendre.

Sur les titres les plus exigeants, Halford gère, économise parfois, puis surgit soudain avec un aigu qui rappelle pourquoi son nom est indissociable de l’histoire du Heavy Metal. Mais il y a autre chose. Quelque chose qui ne s’entend pas forcément sur un disque. Son regard.

Derrière le cuir, les clous, les lunettes et cette silhouette devenue mythique, on aperçoit toujours cette petite étincelle. Ce côté presque potache. Un sourire. Un regard lancé à ses musiciens. Une petite attitude envers le public. Comme si, derrière le personnage du Metal God, le gamin qui aime jouer du Heavy Metal n’était jamais vraiment parti.

Et c’est probablement l’un des détails les plus touchants d’un concert de Judas Priest aujourd’hui. Rob Halford semble toujours heureux d’être là. Pas simplement professionnel. Pas simplement impressionnant. Heureux. Et cela se voit.

À la guitare, Richie Faulkner reste l’un des moteurs visuels et musicaux du groupe. Énergique, mobile, démonstratif, toujours tourné vers le public, Faulkner apporte une vraie flamboyance. Face à lui, Andy Sneap travaille presque à l’opposé. Et c’est justement ce qui fonctionne.

Sneap est moins spectaculaire dans son attitude. Mais quelle précision. Son jeu est propre, extrêmement solide, millimétré sans devenir mécanique. Et surtout, Andy Sneap semble avoir parfaitement compris son rôle.

Ensemble, ils maintiennent cette fameuse identité à deux guitares qui constitue l’un des piliers historiques de Judas Priest.

Et derrière eux, Ian Hill reste fidèle à lui-même : discret, solide, absolument indispensable. Quant à Scott Travis, il suffit d’attendre un certain morceau pour comprendre que sa place dans l’histoire du groupe ne se résume pas à accompagner.

Avant cela, Judas Priest poursuit sa route avec Steeler, Delivering the Goods, puis Panic Attack.

Ce dernier rappelle d’ailleurs que le groupe peut encore intégrer du matériel récent au milieu de ses classiques sans casser le rythme du concert. Puis arrive Victim of Changes. Un morceau qui, à lui seul, résume une partie de la grandeur du Priest. Lourd. Dramatique. Théâtral.

Puis No Surrender.Et enfin… Scott Travis prend possession de l’espace. Le roulement de batterie commence. Quelques secondes suffisent.

Tout le monde sait. Painkiller.

Après Painkiller, quelques instants de respiration. Puis retentit The Hellion. Et immédiatement : Electric Eye.

L’un de ces enchaînements que l’on pourrait entendre cent fois sans jamais s’en lasser. Ensuite vient Hell Bent for Leather.

Et bien sûr… Living After Midnight. Impossible d’imaginer conclusion plus fédératrice. Toute la LDLC Arena peut chanter.

Les générations se mélangent. Certains ont découvert Judas Priest avec les vinyles originaux. D’autres avec Painkiller. D’autres encore avec Firepower ou Invincible Shield. Et pendant quelques minutes, cela n’a plus beaucoup d’importance. Tout le monde chante le même refrain.

Le seul bémol de la soirée fût l’absence de plus de monde dans cette belle salle mais on a vécu ce soir là une belle soirée.

Merci Gerard Drout Production et Olivier GARNIER

Stay Tuned

Doc Olivier


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