🟠 [Chronique] Hardbone – « Hardbeat » (2026) par le Doc. 🟠  

4.7
(92)

Six ans après No Frills, Hardbone remet enfin les amplis en marche avec Hardbeat, sixième album studio des Allemands, disponible ce 18 septembre 2026 chez Massacre Records. Douze morceaux, environ 42 minutes et une philosophie qui tient presque en trois mots : riffs, groove, efficacité. Depuis ses débuts, Hardbone n’a jamais caché son amour pour le hard rock australien. AC/DC vient évidemment à l’esprit, mais ce serait réducteur de limiter le groupe à cette seule référence. Il y a chez eux cette même conception physique du rock’n’roll : une guitare doit mordre, une batterie doit cogner et un refrain doit pouvoir être repris avec une bière levée en l’air.

Et Hardbeat ne perd pas de temps pour le rappeler. Le morceau-titre « Hardbeat » ouvre le disque avec exactement ce qu’on attend : un riff massif, une rythmique qui avance droit devant elle et la voix rugueuse de Tim Dammann. Pas d’introduction interminable ni d’effets superflus. Hardbone branche les guitares et attaque.

« Four To The Floor » pousse encore plus loin cette philosophie. Le titre pourrait presque servir de manifeste au groupe : quatre temps, du groove et du rock’n’roll. « House Of Rock’n’Roll » enfonce ensuite le clou avec ce côté fédérateur qui devrait naturellement trouver sa place sur scène.

Arrivé en 2024 en remplacement de Tom Lindemann, le guitariste Luca Rosnau signe ici son premier album avec Hardbone. Déjà familier de l’environnement du groupe puisqu’il avait auparavant travaillé dans son équipe technique, il s’est également impliqué dans l’écriture aux côtés des principaux compositeurs Sebastian Kranke et Tim Dammann. 

« Big Dog » retrouve ce côté bluesy et graisseux qui convient parfaitement à Dammann, tandis que « Evil For A Good Cause » joue davantage sur le groove. Puis « Going Commando » ramène cette énergie directe, presque instinctive, qui constitue depuis toujours l’une des principales forces du groupe.

La deuxième partie du disque apporte cependant quelques nuances bienvenues. « Hole In My Heart » laisse apparaître une facette plus mélancolique. Hardbone reste Hardbone personne ne va soudainement sortir les violons  mais cette variation évite surtout que Hardbeat devienne une succession de riffs interchangeables.

« You Made Me Do It » remet rapidement les guitares au premier plan avant que « One Night Away » ne joue à nouveau avec cette frontière entre hard rock, blues et rock’n’roll.

Et puis il y a « Unstoppable ». Le titre résume assez bien l’état d’esprit du groupe en 2026. Hardbone avait sorti No Frills en pleine période Covid, empêchant l’album de bénéficier de l’exposition et surtout de la vie scénique espérées. Cette fois, les Allemands semblent décidés à reprendre le temps perdu. 

« Hard To Get » conserve cette dynamique avant que « Bad (As You Want Me To Be) » ne ferme la boutique comme Hardbone l’avait ouverte : sans fioritures.

Il y a d’ailleurs une raison pour laquelle Hardbeat possède ce côté particulièrement organique. Comme pour No Frills, le groupe a choisi d’enregistrer les morceaux ensemble et en live, plutôt que de construire artificiellement chaque titre couche après couche. L’objectif était de préserver la sensation d’un véritable groupe jouant dans une pièce, avec ses interactions et son énergie.

Parce que Hardbone n’est pas un groupe qui doit être poli jusqu’à briller. Au contraire. Cette musique a besoin de respirer, de grincer et parfois même d’être légèrement sale.

Avec Hardbeat, Hardbone ne réinvente absolument rien. Et vous savez quoi ? On s’en fiche complètement.

Parce que lorsque « Hardbeat », « Four To The Floor » ou « House Of Rock’n’Roll » sortent des enceintes, on ne se demande pas si le groupe vient de repousser les frontières artistiques du XXIe siècle. On monte simplement le volume.

L’arrivée de Luca Rosnau apporte suffisamment de fraîcheur pour renouveler la formule sans la dénaturer, tandis que l’enregistrement live donne à l’ensemble cette sensation essentielle de cinq musiciens jouant réellement ensemble.

Hardbeat possède du blues, du shuffle, quelques passages plus mélancoliques, mais son cœur reste profondément rock’n’roll.

Branchez l’ampli, ouvrez une bière et montez le volume. Le reste viendra tout seul.


Découvrir l’album:

À écouter en priorité : Four To The FloorHouse Of Rock’n’RollBig DogHole In My HeartUnstoppable.

  • 1. Hardbeat
  • 2. Four To The Floor
  • 3. House Of Rock ‘n’ Roll
  • 4. Big Dog
  • 5. Evil For A Good Cause
  • 6. Going Commando
  • 7. Hole In My Heart
  • 8. You Made Me Do It
  • 9. One Night Away
  • 10. Unstoppable
  • 11. Hard To Get
  • 12. Bad (As You Want Me To Be)

Label: Massacre Records

Note 17/20

Stay Tuned

Doc Olivier


Doc Olivier
Animateur
A propos: Olivier est le créateur de la radio vinylestimes et anime l'émission Last Ride le Dimanche à 18 Heures.
Président de l'association vinylestimes
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