👉 [Chronique/Review] – Queen – Hot Space (1982) – Boudj.

4.5
(145)

La carriĂšre d’un groupe ou d’un artiste n’est pas souvent par une voie royale, on peut parfois y trouver des nids de poule qui font tĂąche. Aucun artiste n’est Ă  l’abri d’une mauvaise passe crĂ©ative ou d’un choix plus hasardeux. Queen ne fait pas exception et son Hot Space est un exemple flagrant d’un groupe qui s’est perdu en chemin.

L’entrĂ©e de Queen dans les annĂ©es 80 se fait de fort belle maniĂšre avec The Game, album charniĂšre de Freddie Mercury et compagnie, l’opus devait logiquement annoncer la nouvelle direction du groupe. Mais le premier vrai accident de parcours fut sans conteste Flash Gordon, bande original du nanar Ă©ponyme de Mike Hodges qui fut dĂ©jĂ  une grosse dĂ©ception.

La sortie du best-of laisse le temps Ă  Queen de travailler sur du nouveau matĂ©riel. Les tensions internes naissent pendant le processus, John Deacon le bassiste veut un album sans la moindre guitare, plutĂŽt soul. La suggestion du manager de l’époque, Paul Prenter privilĂ©gie une direction vers les sons du moment. Il faut dire que le disco est encore Ă  la mode et cela s’entend que trop. En plus des Ă©lĂ©ments pop et soul.


1. Staying Power (4:14)
2. Dancer (3:48)
3. Back Chat (4:35)
4. Body Language (4:33)
5. Action This Day (3:35)
6. Put Out The Fire (3:19)
7. Life Is Real (Song For Lennon) (3:33)
8. Calling All Girls (3:53)
9. Las Palabras De Amor (The Words Of Love) (4:32)
10. Cool Cat (3:30)
11. Under Pressure (4:06)

Il faut dire que le changement est vraiment abrupt Ă  la premiĂšre Ă©coute, les fans de la premiĂšre heure ne reconnaissent plus dans cet ensemble le groupe responsable d’hymnes rock comme Bohemian Rhapsody, We Will Rock You et autres Bicycle Race.

On sent bien sĂ»r que la guitare est plus qu’en retrait, mis Ă  part dans Put Out the Fire, ou encore le solo de Back Chat et ses influences soul. Staying Power manque de punch et semble tout bonne avoir Ă©tĂ© Ă©crite pour des parties guitare bien heavy que Brian May aurait sĂ»rement aimĂ© jouer.

MalgrĂ© des compositions qui dĂ©note une volontĂ© d’aller vers des terrains inconnus, Hot Space n’arrive tout simplement pas Ă  convaincre. L’ensemble est homogĂšne par son manque flagrant de crĂ©ativitĂ©, on peut reprocher aussi un certain cĂŽtĂ© anachronique avec l’apport de la collaboration de David Bowie sur le titre Under Pressure, qui relĂšve le niveau mais qui appartient Ă  des sessions antĂ©rieures qui ont aussi Ă©tĂ© Ă©maillĂ©es par des tensions entre Bowie et May.

Est-ce pour autant que Hot Space est une grosse tùche dans la discographie de Queen ?

Oui, sans le moindre doute, mais cette tĂąche marque aussi un point charniĂšre dans la vie groupe, les tensions sont encore plus palpables, mais l’album suivant, Works qui reprend les Ă©lĂ©ments de The Game et Hot Space est plus abouti. MalgrĂ© tout, Queen s’engage dans une spirale qui ne fera s’empirer avec le temps.

@Boudj



Bilel Boudj
Journaliste, chroniqueur web et radio, Boudj est un grand amateur de cinĂ©ma et de musique dans le sens large du thĂšme, mĂȘme s'il a une passion pour tout ce qui est rock.

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