👉 [Chronique/Review] – Metallica – St. Anger (2003) – Boudj.

4.5
(148)

Il semble que tout a Ă©tĂ© dit, ou presque sur Metallica et son trĂšs controversĂ© St. Anger. Mais en rĂ©alitĂ©, c’est un peu plus compliquĂ© qu’il n’y parait.

En 2003, Metallica sort un album qui se veut dans l’air du temps, une tentative de tĂ©moignage de son Ă©poque avec la volontĂ© de prendre le train en marche face aux nouveaux groupes qui trustent la tĂȘte d’affiche.

Depuis 2001, Metallica tente de mettre en Ɠuvre un album qui s’avĂšre ĂȘtre plus difficile Ă  produire qu’à l’accoutumĂ©. Il faut dire que le dĂ©part de Jason Newsted et la cure de dĂ©sintoxication de James Hetfield n’arrangent rien. Le groupe tente mĂȘme de recoller les morceaux en embauchant un psy.

1. Frantic (5:50)
2. St. Anger (7:21)
3. Some Kind of Monster (8:25)
4. Dirty Window (5:24)
5. Invisible Kid (8:30)
6. My World (5:45)
7. Shoot Me Again (7:10)
8. Sweet Amber (5:27)
9. The Unnamed Feeling (7:09)

Si les annĂ©es 90 ont Ă©tĂ© un vrai parcours du combattant avec une direction musicale qui se voulait plus MTV friendly, le dĂ©but des annĂ©es 2000 est d’un autre acabit. Les groupes du moment sont plus Ă©nervĂ©s que jamais et il faut placer la barre haut pour les concurrencer, Slayer avait tentĂ© le coup avec leur Diabolus In Musica qui n’a pas marquĂ© son Ă©poque.

Megadeth sort un Risk qui reste tout aussi déconcertant, et Anthrax période John Bush a plutÎt bien réussi la transition. De son cÎté, ce sont les dissensions chez Metallica.

On peut Ă  la limite comprendre que Metallica veuille frapper un grand coup, et c’est une sorte de retour aux sources avec cette album agressif, mais plus que poussif, qui donne l’impression d’écouter un groupe qui veut Ă  tout prix restĂ© branchĂ©, mais qui s’est emmĂȘlĂ© les pinceaux.

Parce qu’on sent que le groupe s’est perdu en chemin pour Ă©crire l’album, tout comme Bob Rock qui Ă©tait censĂ© canaliser la crĂ©ativitĂ© des musiciens. Autant sa contribution sur les albums prĂ©cĂ©dents avaient fait que le rĂ©sultat sonnait comme du Metallica, autant on ne reconnait plus vraiment la patte du producteur. Bien que travaillant avec le mĂȘme processus d’enregistrement, on sent que cela n’a pas Ă©tĂ© facile tous les jours.

En allant plus loin, Metallica aurait bien pu pondre un album moins long avec des titres plus accrocheurs, sans parler d’un son de caisse claire qui du point de vue Lars Ulrich reprĂ©sentait toute cette rage enfouie.

La particularitĂ© de certains mauvais albums reste l’ambiance dĂ©lĂ©tĂšre qui accompagne sa production, St. Anger ne fait pas exception.

Le résultat est une déception pour les fans de la premiÚre heure, du moins ceux qui sont restés aprÚs le Black Album, et le chemin de croix de Metallica sera encore long avant une premiÚre rédemption avec Death Magnetic.

@Boudj



Bilel Boudj
Journaliste, chroniqueur web et radio, Boudj est un grand amateur de cinĂ©ma et de musique dans le sens large du thĂšme, mĂȘme s'il a une passion pour tout ce qui est rock.

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