Avec Eretatge (« Héritage »), quatrième album des Gascons de Boisson Divine, le groupe franchit un cap évident. Plus ambitieux, plus riche, mais toujours profondément enraciné, ce disque confirme leur statut à part dans la scène folk metal française.
L’album propose 8 titres qui forment un véritable voyage entre histoire, traditions et puissance métallique.
Quatrième opus du groupe, ce disque de huit titres agit comme une synthèse : celle d’un parcours artistique, mais surtout d’un attachement profond à une culture que les musiciens portent avec une sincérité rare.
Dès les premières notes de “Lo Palestrion”, Boisson Divine impose son style. Riffs tranchants, rythme entraînant, énergie brute : l’entrée en matière est directe, efficace, presque punk dans l’esprit.
Mais très vite, ce qui fait la singularité du groupe refait surface : cette capacité à fusionner le metal avec des sonorités traditionnelles sans jamais tomber dans le cliché.
Boha, flûtes, accordéon ou encore percussions traditionnelles viennent enrichir les compositions avec naturel. Ici, le folklore n’est pas un simple habillage : il est au cœur même de la musique. Avec Eretatge, Boisson Divine élargit clairement son terrain de jeu.
Des morceaux comme “Ira Dei Cadit” témoignent d’une volonté d’aller plus loin dans la construction, avec des formats plus longs, plus narratifs, et des variations d’ambiances maîtrisées.
L’album enchaîne ensuite les moments forts avec “Vailets”, fédérateur et accrocheur, “Lo Xivau De Hèr”, véritable pilier du disque, porté par un refrain puissant et “La Hialaira”, plus traditionnel, presque introspectif. Chaque titre possède sa propre identité, mais l’ensemble reste remarquablement cohérent.
Ce qui distingue réellement Eretatge, c’est son ancrage. Le chant en gascon, omniprésent, donne une couleur unique à l’ensemble.
Mais au-delà de la langue, ce sont les thèmes abordés qui donnent toute sa profondeur à l’album. Histoires locales, figures historiques, traditions populaires… Boisson Divine ne survole pas son sujet, il le vit.
Des titres comme “Princi Negue” ou “Maria” illustrent parfaitement cette volonté de raconter une terre et ceux qui l’ont façonnée.
Le résultat est simple : même sans comprendre les paroles, l’émotion passe. Musicalement, le groupe trouve ici un équilibre particulièrement réussi. Les riffs sont solides, les refrains mémorables, et les arrangements gagnent en richesse sans jamais alourdir le propos.
On navigue constamment entre énergie brute et moments plus sensibles, avec cette sensation d’assister à quelque chose de vivant, presque organique.
L’album se clôt avec “Lo Pont Deu Diable”, une fresque ambitieuse qui dépasse les dix minutes. Plus progressif, plus construit, ce morceau agit comme une conclusion logique : ample, immersive, et résolument audacieuse. Boisson Divine y montre qu’il ne se fixe aucune limite.
Avec Eretatge, Boisson Divine signe son album le plus abouti. Plus mature, plus riche, mais toujours aussi sincère, le groupe confirme qu’il ne se contente pas de faire du folk metal : il en redéfinit les contours à sa manière. Un disque habité, puissant, et profondément authentique.
17/04/2026 – Verycords
Heavy
Les Titres:
- Lo Palestrion
- Ira Dei Cadit
- Vailets
- Lo Xivau De Hèr
- La Hialaira
- Princi Negue
- Maria
- Lo Pont Deu Diable
La musique:
Note 17/20
Stay Tuned
Doc Olivier
