Sorti le 1er septembre 1978, le premier album éponyme de Molly Hatchet débarque à une époque où le Southern Rock possède déjà ses géants. Mais les Floridiens ne comptent pas simplement marcher dans les traces de Lynyrd Skynyrd : Molly Hatchet veut jouer plus fort, plus lourd et avec trois guitares prêtes à en découdre.
Dès “Bounty Hunter”, le décor est planté : guitares acérées, rythme galopant et cette voix rocailleuse de Danny Joe Brown, immédiatement identifiable. Avec “Gator Country”, le groupe signe l’un de ses premiers grands classiques, véritable déclaration d’amour au rock sudiste où sont salués plusieurs de ses illustres représentants.
Mais impossible d’évoquer ce premier album sans “Dreams I’ll Never See”, superbe relecture du morceau des Allman Brothers. Molly Hatchet ralentit le tempo, épaissit considérablement les guitares et transforme le titre en une longue chevauchée électrique devenue indissociable de son répertoire.
“The Creeper”, “Big Apple” ou encore “Cheatin’ Woman” confirment cette personnalité déjà très affirmée : du blues, du boogie, du hard rock et cette chaleur typiquement sudiste, le tout propulsé par le trio de guitaristes Dave Hlubek, Steve Holland et Duane Roland.
Et puis il y a cette pochette spectaculaire signée Frank Frazetta, avec son guerrier directement sorti d’un univers de fantasy. Une image qui annonce presque le caractère du disque avant même d’avoir posé le vinyle sur la platine.
Molly Hatchet n’est peut-être que le début de l’histoire — Flirtin’ with Disaster arrivera l’année suivante — mais l’essentiel est déjà là. Des guitares, du caractère, du Southern Rock sans fioritures et une sacrée envie d’en découdre.
Un premier album qui sent la route, la poussière, le bourbon et surtout les amplis poussés dans le rouge.
Stay Tuned
Doc Olivier
