🟠 [Chronique] Peter Criss – Peter Criss (2026) par le Doc. 🟠  

4.7
(76)

Lorsqu’un membre fondateur de KISS publie un nouvel album après près de vingt ans de silence discographique, l’événement mérite toute l’attention des amateurs de rock.

À 80 ans passés, Peter Criss n’a plus rien à prouver. Batteur emblématique et voix inimitable de classiques comme Beth, Black Diamond ou Hard Luck Woman, le « Catman » revient avec un album éponyme qui surprend autant par sa vitalité que par sa sincérité.

Loin d’un disque cherchant à rivaliser avec les productions modernes, Peter Criss est avant tout une œuvre profondément personnelle.

Rock, blues, soul et rhythm’n’blues s’y mêlent naturellement, rappelant les influences qui ont toujours nourri le musicien bien avant la naissance de KISS.

Pour l’occasion, Peter Criss s’est entouré d’une équipe prestigieuse, avec notamment John 5, Billy Sheehan, Mike McLaughlin, Paul Shaffer et plusieurs musiciens de renom, offrant à l’album une richesse instrumentale remarquable.

Le disque s’ouvre avec « Rock, Rockin’, Rock & Roll », véritable profession de foi. Le morceau dégage une énergie communicative, portée par un riff accrocheur et une interprétation pleine de caractère.

Peter Criss ne cherche pas à masquer les marques du temps ; au contraire, sa voix éraillée apporte une authenticité qui renforce le charme de la composition.

Avec « In The Dark », l’ambiance devient plus lourde et bluesy. Les guitares de John 5 y trouvent parfaitement leur place, tandis que la section rythmique développe un groove chaleureux rappelant les grandes productions américaines des années 70. Ce titre figure parmi les moments les plus convaincants du disque.

« For The Money » retrouve une énergie plus directe. Son riff efficace et son refrain fédérateur montrent que Peter Criss n’a rien perdu de son sens du rock classique. Sans chercher la démonstration technique, il privilégie l’efficacité et le plaisir de jouer.

L’une des plus belles surprises reste « Walking On Water », chanson profondément inspirée par le combat que Peter Criss a mené contre le cancer du sein masculin. Chargée d’émotion, elle témoigne de sa foi et de sa résilience, offrant l’un des passages les plus touchants de l’album.

Le très sombre « Murder » apporte une couleur plus dramatique. Son atmosphère presque cinématographique contraste avec les morceaux plus lumineux et démontre la diversité de l’album.

Avec « Creepy Crawlers », Peter Criss retrouve un esprit plus hard rock. Le morceau bénéficie d’un excellent travail de guitare et d’un refrain accrocheur qui lui confère une vraie personnalité.

« Justice » poursuit dans une veine rock puissante, soutenue par une prestation solide de Billy Sheehan à la basse. L’ensemble respire la spontanéité et le plaisir de jouer entre musiciens expérimentés.

Plus soul, « Cheaper To Keep Her » rend hommage aux racines rhythm’n’blues de Peter Criss. Sa voix s’y montre particulièrement expressive, rappelant qu’il a toujours puisé autant chez Wilson Pickett ou Otis Redding que dans le hard rock.

« Sugar » apporte une respiration plus légère avant que « Rubberneckin' », reprise du classique popularisé par Elvis Presley, ne vienne conclure l’album avec beaucoup de fraîcheur et un swing irrésistible.

La grande réussite de cet album réside précisément dans cette liberté artistique. Peter Criss ne cherche jamais à refaire KISS ni à reproduire les succès du passé. Il joue la musique qui l’a toujours habité : un mélange généreux de rock, de blues, de soul et de rhythm’n’blues interprété avec une sincérité désarmante.

La production, assurée par Barry Pointer et Peter Criss, reste volontairement organique. Les instruments respirent, les guitares conservent leur chaleur analogique et la voix, sans artifices excessifs, demeure au centre des compositions.

Peter Criss n’est pas un album destiné uniquement aux nostalgiques de KISS. C’est le témoignage musical d’un artiste qui, après une carrière exceptionnelle et une vie marquée par les épreuves, continue de jouer avec passion et humilité.

Certes, la voix porte aujourd’hui les traces du temps, mais elle gagne en émotion ce qu’elle a perdu en puissance.

Au final, ce retour sonne comme une belle leçon de sincérité et d’amour du rock.

1. Rock, Rockin’, Rock & Roll
2. In The Dark
3. For The Money
4. Murder
5. Walking On Water
6. Creepy Crawlers
7. Justice
8. Cheaper To Keep Her
9. Sugar
10. Rubberneckin’


Note 17/20

Stay Tuned

Doc Olivier


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