
– James Hetfield(chant,guitare)
– Lars Ulrich (batterie)
– Cliff Burton (basse)
– Kirk Hammett (guitare)
1. Fight Fire With Fire
2. Ride The Lightning
3. For Whom The Bell Tolls
4. Fade To Black
5. Trapped Under Ice
6. Escape
7. Creeping Death
8. The Call Of Ktulu
En 1983, Kill ‘Em All avait propulsé quatre jeunes Californiens au rang de nouveaux porte-étendards d’un thrash metal naissant. Un an plus tard, personne ne s’attendait à ce que Metallica livre un album aussi ambitieux.
Avec Ride The Lightning, le groupe ne se contente plus d’aller vite et fort : il compose, expérimente et ose sortir des sentiers battus.
Le résultat est un disque fondateur, devenu l’un des piliers absolus de l’histoire du heavy metal.Enregistré aux Sweet Silence Studios de Copenhague sous la houlette de Flemming Rasmussen, Ride The Lightning marque également l’influence grandissante de Cliff Burton.
Le bassiste apporte une ouverture musicale qui pousse James Hetfield, Lars Ulrich et Kirk Hammett à explorer des territoires plus complexes. Pour beaucoup, c’est ici que Metallica cesse d’être un excellent groupe de thrash pour devenir un immense groupe de metal.
L’ouverture avec « Fight Fire With Fire » est devenue légendaire. Après une introduction acoustique presque paisible, le morceau explose dans une déferlante de riffs et de double grosse caisse. Metallica joue avec les contrastes et démontre d’entrée que le groupe ne se limite plus à la vitesse pure. Le texte, évoquant l’escalade nucléaire, illustre déjà une écriture plus mature.
Le morceau-titre, « Ride The Lightning », reste l’un des sommets de la carrière du groupe. Inspiré du roman The Stand de Stephen King, il raconte les derniers instants d’un condamné à mort face à la chaise électrique. Les changements de rythme, les harmonies de guitares et le solo incandescent de Kirk Hammett en font un classique intemporel.
C’est probablement avec « For Whom The Bell Tolls » que Metallica franchit un cap. Porté par l’inoubliable introduction de basse saturée de Cliff Burton, le morceau impressionne autant par sa lourdeur que par son sens de la mélodie. Inspiré du roman d’Ernest Hemingway, il évoque l’absurdité de la guerre avec une puissance rare.
Puis vient « Fade To Black », véritable révolution pour le groupe. Première véritable ballade de Metallica, le titre avait suscité l’incompréhension d’une partie des fans les plus radicaux lors de sa sortie. Avec le recul, il s’agit pourtant de l’une des plus belles compositions de leur carrière.
L’introduction acoustique, la montée progressive en intensité et le final bouleversant illustrent une maturité musicale exceptionnelle. Le morceau aborde avec une sensibilité inhabituelle les thèmes du désespoir et du suicide, ouvrant une nouvelle dimension émotionnelle dans le metal.mpossible d’évoquer Ride The Lightning sans parler de Cliff Burton. Son empreinte est partout.
« The Call of Ktulu », longue fresque instrumentale inspirée de l’univers de H. P. Lovecraft, démontre toute la richesse de ses influences, mêlant musique classique, rock progressif et heavy metal.
Même les morceaux les plus directs comme « Escape » ou « Trapped Under Ice » profitent d’arrangements plus élaborés que sur Kill ‘Em All.
Quant à « Creeping Death », inspiré du récit biblique des dix plaies d’Égypte, il demeure l’un des hymnes absolus du groupe. Son célèbre passage « Die! Die! Die! » est devenu l’un des moments les plus fédérateurs de tous les concerts de Metallica.
Quarante ans après sa sortie, Ride The Lightning conserve une fraîcheur étonnante. Là où beaucoup de groupes de thrash privilégiaient uniquement la vitesse, Metallica choisissait déjà la composition, les nuances et l’émotion.
Cette audace allait ouvrir la voie à Master of Puppets, considéré par beaucoup comme le sommet de leur carrière.Mais sans Ride The Lightning, rien de tout cela n’aurait été possible.
C’est ici que Metallica trouve véritablement son identité : un équilibre parfait entre agressivité, mélodie et intelligence d’écriture.
Aujourd’hui encore, l’album reste une référence incontournable, non seulement du thrash metal, mais de toute l’histoire du rock et du metal.
Stay Tuned
Doc Olivier
